Votes · Scrutin n° 3899 · 18 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2 de Mme Sas et l'amendement identique suivant à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ETAT B
- Texte
- Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 Projet de loi de finances rectificative
Amendement déposé par Mme Sas et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à annuler les coupes budgétaires décidées dans le cadre de ce projet de loi, qui affectent le programme n° 135 « Urbanisme, territoires et amélioration de l'habitat », porteur du dispositif MaPrimeRénov’, aide essentielle pour lutter contre la précarité énergétique et encourager la rénovation thermique.
Nous demandons le rétablissement des crédits annulés pour ce programme, afin de garantir que les ajustements de fin de gestion ne se traduisent pas par une réduction du budget de MaPrimeRénov’ en 2025. D'autant plus que, dans le cadre du PLF 2026, nous plaidons pour le maintien du niveau de financement de MaPrimeRénov’ à celui de 2025.
Le Gouvernement justifie notamment 7 millions d’euros d’annulations de crédits de paiement sur ce programme portant MaPrimeRénov’ en les attribuant à une sous-exécution, sans en préciser la nature. Si elle concerne effectivement MaPrimeRénov’, il est temps de cesser d’invoquer systématiquement ce prétexte pour justifier des coupes budgétaires. Le problème n’est pas un excès de crédits, mais un pilotage défaillant qui freine la mise en œuvre du dispositif. Ces crédits non exécutés auraient pu être réaffectés à des actions utiles : renforcer le réseau des accompagnements rénov’, soutenir la labellisation RGE, ou encore réduire les restes à charge des familles modestes.
Au lieu de cela, le Gouvernement poursuit une politique du « stop and go ». Après une coupe d’un milliard d’euros en 2024, une nouvelle réduction équivalente en 2025, la suspension du dispositif cet été et de nouveaux ajustements à la baisse dans ce projet de loi de finances de fin de gestion, il prévoit encore de raboter 500 millions d’euros en 2026. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ETAT B : 35 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Roland Lescure et Amélie de Montchalin, déposé le 10 novembre 2025 en procédure accélérée (n° 2068). Une loi de « fin de gestion » ajuste les crédits de l’année en cours ; selon l’exposé des motifs, elle ne peut pas contenir de mesure fiscale. D’après cet exposé, le projet initial :
- ouvre 3,0 milliards d’euros de crédits sur le budget général et en annule 4,2 milliards, en plus de 2,7 milliards déjà annulés en cours d’année ;
- finance la hausse des charges de service public de l’énergie (+1,1 milliard), la défense (+0,3 milliard), la sécurité en outre-mer et une saison de feux exceptionnelle (+0,2 milliard) ;
- complète les crédits de la prime d’activité (+0,3 milliard), de l’allocation aux adultes handicapés et de l’hébergement d’urgence (+0,1 milliard chacun) ;
- annule notamment 1,6 milliard sur le plan « France 2030 » et 0,8 milliard sur la mission « Travail, emploi » ;
- maintient la prévision de déficit public à 5,4 % du PIB pour 2025.
Ce que ça change
Selon la ministre Amélie de Montchalin, le texte garantit le paiement en décembre de l’AAH et de la prime d’activité et le maintien de 203 000 places d’hébergement d’urgence (séance du 2 décembre 2025). Selon le rapporteur général Philippe Juvin, la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour proposer un texte commun) a ajouté notamment 10 millions d’euros pour les viticulteurs, 15 millions pour le service civique et 20 millions pour le Centre national d’études spatiales.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a d’abord rejeté le texte le 18 novembre 2025 par 145 voix contre 107 (scrutin n° 3936) : contre, RN (82), LFI-NFP (47), UDR (9) ; abstention de la plupart des socialistes (31) et des écologistes (15). Après le Sénat et un accord en commission mixte paritaire, elle a adopté le texte commun le 2 décembre 2025 par 217 voix contre 213 (scrutin n° 4442). Contre : RN (118), LFI-NFP (67), GDR (15), UDR (8), 3 écologistes. Pour : EPR (82), Droite républicaine (43), Démocrates (35), Horizons (32), LIOT (18). Abstention : socialistes (59) et écologistes (20).
- Pour le RN, Matthias Renault soutient que le texte « n’est ni un texte technique, ni un texte de pure gestion » et s’oppose au milliard supplémentaire pour les « énergies intermittentes ».
- Pour LFI-NFP, Aurélien Le Coq affirme qu’il « représente 10 milliards d’euros de coupes budgétaires sur 2025 ».
- Pour GDR, Nicolas Sansu résume : « si 3 milliards d’euros de crédits sont ouverts, 4,2 milliards sont annulés ».
- Pour EPR, Charles Sitzenstuhl défend « un texte indispensable à la bonne marche de l’État et des services publics ». Pour LIOT, Charles de Courson rappelle qu’« aucune nouvelle dépense n’est créée par ce texte ».
- Selon nos données, l’état B (répartition des crédits par mission) a fait l’objet de 35 scrutins publics, dont 16 serrés.
Où en est le texte
Adopté par le Sénat le 3 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1173 du 8 décembre 2025 de finances de fin de gestion pour 2025, publiée au Journal officiel du 9 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2068 et exposé général des motifs (10/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 17 novembre 2025 (motion de rejet, discussion générale) (17/11/2025)
- Scrutin n° 3936 (première lecture, rejet) (18/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 2 décembre 2025 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Scrutin n° 4442 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 37
- Contre
- 41
- Abstention
- 36
- Non-votant
- 2
- Votants
- 114
- Exprimés
- 78
- Majorité requise
- 40
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 0 | 32 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Abstention | 0 | 0 | 4 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 32 dans le décompte
Abstention (32) : Marine Le Pen, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Thierry Perez, David Magnier, Antoine Golliot, Jonathan Gery, Julien Limongi, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Contre (19) : Constance Le Grip, Stéphane Travert, Olga Givernet, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Paul Midy, Bastien Marchive, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 16 dans le décompte
Pour (16) : Mathilde Panot, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Sylvain Carrière, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Ersilia Soudais, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (10) : Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Jiovanny William, Gérard Leseul, Iñaki Echaniz, Fabrice Barusseau, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (10) : Philippe Juvin, Véronique Louwagie (ancien député), Patrick Hetzel, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Hubert Brigand, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Pour (10) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Christine Arrighi, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Benoît Biteau, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Contre (2) : Erwan Balanant, Josy Poueyto
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Isabelle Rauch, Félicie Gérard, Philippe Fait, Didier Lemaire, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Nicolas Sansu
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Abstention (4) : Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin