Votes · Scrutin n° 3900 · 18 novembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 15 de M. Renault à l'article 5 et Etat B du projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ETAT B
- Texte
- Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2025 Projet de loi de finances rectificative
Amendement déposé par M. Renault et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Avec ce projet de loi de finances de fin de gestion, le Gouvernement revoit à la hausse les crédits dédiés à l’hébergement d’urgence, pour un montant de 119,5 millions d’euros supplémentaires. Ces régulations infra-annuelles sont la marque d’une politique d’hébergement d’urgence mal maîtrisée, voire chaotique, mise en cause par la Cour des comptes.
Dans son rapport du 10 octobre 2024, celle-ci a en effet pointé la mauvaise gestion par l’État des problématiques liées à l’hébergement d’urgence et des surcoûts engendrés. Privilégiant l’octroi de subventions annuelles plutôt que de s’engager dans une démarche de contractualisation pluriannuelle avec les gestionnaires, l’État crée lui-même une instabilité financière qui oblige à des régulations budgétaires désorganisées en cours d’année ; ce qui complexifie la maîtrise des dépenses et alourdit la charge administrative des services déconcentrés.
Un autre point d’alerte soulevé par la Cour des comptes est la faiblesse des moyens dont dispose l’État pour évaluer la qualité et la solidité des prestations fournies par les gestionnaires d’hébergement. Cette carence expose l’État à un risque de devoir intervenir en urgence si certains gestionnaires venaient à défaillir, créant ainsi une relation de dépendance. Certains acteurs sont devenus tellement indispensables au dispositif qu’ils rendent l’État « captif » de leurs services, ce qui limite sa capacité à faire évoluer le système.
Enfin, la Cour rappelle que le recours massif aux nuitées hôtelières contrevient à la vocation initiale du dispositif – être utilisé uniquement pour des situations d’urgence – avec des conséquences certaines en termes de surcoût pour les finances publiques, tout en n’étant pas intégrées au cadre de la commande publique. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte ETAT B : 35 scrutins publics, dont 16 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Roland Lescure et Amélie de Montchalin, déposé le 10 novembre 2025 en procédure accélérée (n° 2068). Une loi de « fin de gestion » ajuste les crédits de l’année en cours ; selon l’exposé des motifs, elle ne peut pas contenir de mesure fiscale. D’après cet exposé, le projet initial :
- ouvre 3,0 milliards d’euros de crédits sur le budget général et en annule 4,2 milliards, en plus de 2,7 milliards déjà annulés en cours d’année ;
- finance la hausse des charges de service public de l’énergie (+1,1 milliard), la défense (+0,3 milliard), la sécurité en outre-mer et une saison de feux exceptionnelle (+0,2 milliard) ;
- complète les crédits de la prime d’activité (+0,3 milliard), de l’allocation aux adultes handicapés et de l’hébergement d’urgence (+0,1 milliard chacun) ;
- annule notamment 1,6 milliard sur le plan « France 2030 » et 0,8 milliard sur la mission « Travail, emploi » ;
- maintient la prévision de déficit public à 5,4 % du PIB pour 2025.
Ce que ça change
Selon la ministre Amélie de Montchalin, le texte garantit le paiement en décembre de l’AAH et de la prime d’activité et le maintien de 203 000 places d’hébergement d’urgence (séance du 2 décembre 2025). Selon le rapporteur général Philippe Juvin, la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour proposer un texte commun) a ajouté notamment 10 millions d’euros pour les viticulteurs, 15 millions pour le service civique et 20 millions pour le Centre national d’études spatiales.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a d’abord rejeté le texte le 18 novembre 2025 par 145 voix contre 107 (scrutin n° 3936) : contre, RN (82), LFI-NFP (47), UDR (9) ; abstention de la plupart des socialistes (31) et des écologistes (15). Après le Sénat et un accord en commission mixte paritaire, elle a adopté le texte commun le 2 décembre 2025 par 217 voix contre 213 (scrutin n° 4442). Contre : RN (118), LFI-NFP (67), GDR (15), UDR (8), 3 écologistes. Pour : EPR (82), Droite républicaine (43), Démocrates (35), Horizons (32), LIOT (18). Abstention : socialistes (59) et écologistes (20).
- Pour le RN, Matthias Renault soutient que le texte « n’est ni un texte technique, ni un texte de pure gestion » et s’oppose au milliard supplémentaire pour les « énergies intermittentes ».
- Pour LFI-NFP, Aurélien Le Coq affirme qu’il « représente 10 milliards d’euros de coupes budgétaires sur 2025 ».
- Pour GDR, Nicolas Sansu résume : « si 3 milliards d’euros de crédits sont ouverts, 4,2 milliards sont annulés ».
- Pour EPR, Charles Sitzenstuhl défend « un texte indispensable à la bonne marche de l’État et des services publics ». Pour LIOT, Charles de Courson rappelle qu’« aucune nouvelle dépense n’est créée par ce texte ».
- Selon nos données, l’état B (répartition des crédits par mission) a fait l’objet de 35 scrutins publics, dont 16 serrés.
Où en est le texte
Adopté par le Sénat le 3 décembre 2025, sans saisine du Conseil constitutionnel. Promulguée : loi n° 2025-1173 du 8 décembre 2025 de finances de fin de gestion pour 2025, publiée au Journal officiel du 9 décembre 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2068 et exposé général des motifs (10/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 17 novembre 2025 (motion de rejet, discussion générale) (17/11/2025)
- Scrutin n° 3936 (première lecture, rejet) (18/11/2025)
- Compte rendu de la séance du 2 décembre 2025 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Scrutin n° 4442 (texte de la commission mixte paritaire) (02/12/2025)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 54
- Contre
- 98
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 154
- Exprimés
- 152
- Majorité requise
- 77
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 41 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 8 | 0 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 41 dans le décompte
Pour (41) : Marine Le Pen, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Serge Muller, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Thierry Perez, Maxime Amblard, Thierry Tesson, David Magnier, Antoine Golliot, Jonathan Gery, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 24 dans le décompte
Contre (23) : Constance Le Grip, Stéphane Travert, Olga Givernet, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Nicolas Metzdorf, Nathalie Coggia, Paul Midy, Bastien Marchive, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 26 dans le décompte
Contre (26) : Mathilde Panot, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Contre (14) : Pascale Got, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Jiovanny William, Gérard Leseul, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Aurélien Rousseau, Fabrice Barusseau, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (8) : Michel Barnier, Patrick Hetzel, Christelle Minard, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Justine Gruet, Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Abstention (1) : Hubert Brigand
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Eva Sas, Hendrik Davi, Christine Arrighi, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Benoît Biteau, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Julie Ozenne
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (7) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Sabine Thillaye, Sandrine Josso, Josy Poueyto, Emmanuel Mandon, Éric Martineau
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Félicie Gérard, Philippe Fait, Didier Lemaire, Frédéric Valletoux, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (2) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau
Abstention (1) : Jean-Luc Warsmann
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Nicolas Sansu, Julien Brugerolles, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Pour (5) : Marc Chavent, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin