Votes · Scrutin n° 396 · 8 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1899 de Mme Pantel après l'article 32 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 32
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par Mme Pantel et 64 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement des députés Socialistes et apparentés et travaillé avec Départements de France vise à permettre aux Départements de mettre en œuvre l’extension du Ségur à l’ensemble des professionnels non concernés dans le secteur sanitaire, social et médico-social privé à but non lucratif en prévoyant une compensation intégrale par l’État, à hauteur de son coût annuel estimé à 170 millions d’euros.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À compter du 1er janvier 2025, il est institué un prélèvement sur les recettes de l’État visant à compenser, pour les départements, la ville de Paris, le Département de Mayotte, la métropole de Lyon, la collectivité territoriale de Guyane et la collectivité territoriale de Martinique, les dépenses au titre de la mise en œuvre de l’arrêté du 25 juin 2024 relatif à l’agrément de certains accords de travail applicables dans les établissements et services du secteur social et médico-social privé à but non lucratif.
Le montant de cette dotation, versée chaque année, est fixé à 170 millions d’euros.
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 65
- Contre
- 71
- Abstention
- 20
- Non-votant
- 2
- Votants
- 156
- Exprimés
- 136
- Majorité requise
- 69
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 38 | 20 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 34 | 0 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 58 dans le décompte
Contre (38) : Nicolas Meizonnet, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Joëlle Mélin, Géraldine Grangier, Florence Goulet, Matthieu Marchio, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Guillaume Florquin, Nadine Lechon, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Aurélien Dutremble, Arnaud Sanvert (ancien député), Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault
Abstention (20) : Caroline Colombier, Timothée Houssin, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Emeric Salmon, Philippe Schreck, Manon Bouquin (ancien député), Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Robert Le Bourgeois, Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Contre (14) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Hervé Berville (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Marie Lebec, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Nicolas Metzdorf, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Jean Laussucq (ancien député), Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 35 dans le décompte
Pour (34) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, François Piquemal, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Alma Dufour, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Arnaud Le Gall, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 16 dans le décompte
Pour (16) : Dominique Potier, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Elie Califer, Aurélien Rousseau, Marie-José Allemand, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Estelle Mercier, Thierry Sother, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Véronique Louwagie (ancien député), Corentin Le Fur
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (13) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (1) : Sylvain Berrios
Contre (4) : Laurent Marcangeli, Pierre Henriet, Félicie Gérard, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Pierre Bataille, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Marcellin Nadeau
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin