Votes · Scrutin n° 419 · 8 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1126 de M. Potier à l'article 33 du projet de loi de finances pour 2025 (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 33
- Texte
- Projet de loi de finances pour 2025 Projet de loi de finances de l'année
Amendement déposé par M. Potier et 65 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à augmenter les fonds dédiés à l’accompagnement de l’installation et de la transmission des exploitations agricoles, d’augmenter les fonds dédiés à l’accompagnement des parcours d’installation et de transmission des exploitations dans le cadre du programme AITA, à hauteur de 10 millions d'euros.
La problématique du renouvellement des générations en agriculture et ses enjeux associés sur l’installation et la transmission sont au cœur des préoccupations du monde agricole. Ces dix dernières années, 108 000 exploitants agricoles et une ferme sur cinq ont disparu ; d’ici 2030, 48% des chefs d’exploitation auront atteint l’âge de partir à la retraite.
Face à cela, la loi d'orientation agricole, votée par l’Assemblée nationale en mai 2024, fixe un objectif de 500 000 agriculteurs installés en France en 2035. En tenant compte du rythme actuel des départs en retraite d’agriculteurs et d’agricultrices, cela signifie que le nombre d’installation doit doubler chaque année, et cela dès 2025. L’une des clés pour y parvenir : mieux accompagner l’installation de toutes les personnes candidates.
Il est fait état de manière consensuelle par les parties prenantes agricoles de la nécessité d’augmenter les fonds dédiés à l’accompagnement des parcours d’installation et de transmission des exploitations dans le cadre du programme AITA. Cela correspond aussi à une recommandation de la Cour des Comptes et du CGAAER. Ce dernier estimait dans son rapport (avril 2023) que l’État devait engager 10 millions d'euros supplémentaires en ciblant notamment l’accompagnement des personnes non issues du milieu agricole (NIMA) et la phase d’émergence. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la trentième ligne de la dernière colonne du tableau de l’alinéa 5, substituer au nombre :
« 12 000 000 »
le nombre :
« 22 000 000 »
II. – Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« XV. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 33 : 30 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 octobre 2024, qui fixe les recettes et les dépenses de l’État pour 2025. Principales mesures, d’après le texte adopté le 5 février 2025 (T.A. n° 42) et la décision du Conseil constitutionnel :
- une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple) ;
- une contribution exceptionnelle des entreprises réalisant au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France, égale à 20,6 % de leur impôt sur les sociétés (41,2 % à partir de 3 milliards) ;
- une taxe sur les revenus des « centrales électronucléaires historiques », reversée aux consommateurs d’électricité, à partir du 1er janvier 2026 (décision, § 20 et 26) ;
- un plafond unique de franchise de TVA pour les petites entreprises (25 000 €, § 50) et un malus CO2 plus large sur les voitures neuves (§ 41) ;
- 1 milliard d’euros de recettes des collectivités mis en réserve en 2025, reversé ensuite sur trois ans (§ 102 à 105).
Ce que ça change
Le texte vise un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, après 6,0 % en 2024 (article liminaire), et un déficit de l’État de près de 139 milliards d’euros (article d’équilibre). Les foyers les plus aisés et les grandes entreprises paient des contributions nouvelles. Les collectivités perdent 1,2 milliard d’euros avec le gel de leur part de TVA, selon les travaux parlementaires cités par le Conseil (§ 81).
Ce qui est contesté
Le 12 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie du texte (les recettes) par 362 voix contre 192 (scrutin n° 438), ce qui a entraîné le rejet de tout le projet en première lecture. Contre : RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, UDR et une partie de LIOT. Pour : LFI-NFP, Socialistes, Écologistes et GDR. Après le Sénat, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a rédigé une version commune.
Le 3 février 2025, le Gouvernement a engagé sa responsabilité sur cette version (article 49.3 : le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure réunit 289 députés). La motion de censure déposée par Mathilde Panot (LFI-NFP) et 90 députés a obtenu 128 voix le 5 février : elle est rejetée.
- Pour LFI-NFP, Aurélie Trouvé estime : « Vous serez responsables du budget le plus austéritaire du XXIe siècle ».
- Selon Emmanuel Grégoire, les Socialistes, en désaccord avec le budget, « ont choisi démocratiquement de ne pas voter cette motion de censure, dans l’intérêt supérieur du pays ». Il cite la réindexation des pensions.
- Pour le RN, Yoann Gillet critique plusieurs hausses d’impôts mais indique que le budget « permet d’entériner ces mesures essentielles » obtenues selon lui par son groupe, et juge la motion « une mascarade ».
- Les Démocrates et Horizons soutiennent le compromis ; Paul Christophe (Horizons) salue « l’absence de hausses d’impôts pour les classes moyennes ».
- Selon nos données, 77 scrutins publics ont porté sur des amendements après l’article 3 du projet initial.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés RN et UDR, puis par des députés LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2025-874 DC le 13 février 2025.
- Censurés : neuf articles étrangers au contenu possible d’une loi de finances (« cavaliers budgétaires »), dont l’article 177 créant un établissement public pour l’immobilier de l’État (§ 95 à 99) et les articles 155, 174, 176, 179 à 181, 187 et 194 (§ 108 à 115).
- Censuré : l’article 108, ajouté en commission mixte paritaire sans lien direct avec une disposition encore en discussion (§ 116 à 118).
- Validés : la procédure malgré le dépôt tardif (§ 7) ; le Conseil juge « très regrettable » la non-transmission de documents à la commission des finances, sans atteinte substantielle au débat (§ 9). La taxe nucléaire, le malus, la franchise de TVA et l’effort des collectivités (§ 81 et 104) sont conformes.
- Aucune réserve d’interprétation.
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, publiée au Journal officiel du 16 février 2025.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi de finances pour 2025 (24/10/2026)
- Projet de loi de finances pour 2025, considéré comme adopté (T.A. n° 42) (05/02/2025)
- Scrutin n° 438 sur la première partie du projet de loi de finances pour 2025 (12/11/2024)
- Motion de censure déposée par Mathilde Panot et 90 députés (03/02/2025)
- Compte rendu de la séance du 5 février 2025 (motion de censure) (05/02/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC (13/02/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 60
- Contre
- 62
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 2
- Votants
- 127
- Exprimés
- 122
- Majorité requise
- 62
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Contre | 0 | 32 | 2 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 27 | 0 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 3 | 2 | 0 | |
| HOR 34 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 34 dans le décompte
Contre (32) : Marie-France Lorho, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Lionel Tivoli, Géraldine Grangier, Christine Loir, Yoann Gillet, Florence Goulet, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Michèle Martinez, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Schreck, Alexandre Dufosset, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Jonathan Gery, Arnaud Sanvert (ancien député), Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière
Abstention (2) : Jordan Guitton, Julien Limongi
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Contre (17) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Guillaume Gouffier Valente, Marie Lebec, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Nicolas Metzdorf, Mathieu Lefèvre (ancien député), Prisca Thevenot, David Amiel (ancien député), Joséphine Missoffe, Jean Laussucq (ancien député), Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Pour (27) : Bastien Lachaud, Aurélien Taché, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, François Piquemal, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Gabriel Amard (ancien député), Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 17 dans le décompte
Pour (17) : Dominique Potier, Christian Baptiste, Gérard Leseul, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Elie Califer, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Thierry Sother, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Véronique Louwagie (ancien député), Nicolas Ray
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (13) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (3) : Sophie Mette, Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson
Abstention (2) : Maud Petit, Éric Martineau
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Karine Lebon, Marcellin Nadeau
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin