Votes · Scrutin n° 443 · 19 novembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 25 de M. Renault à l'article 3 et ÉTAT A du projet de loi de finances de fin des gestion pour 2024 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "UDR"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · ÉTAT A
- Texte
- Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2024 Projet de loi de finances rectificative
Amendement déposé par M. Renault et 123 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Amendement d’appel
Le compte d’affectation spéciale (CAS) Participations financières de l’État (PFE) s’éloigne de sa mission initiale, qui est de retracer au sein d’un même budget les dépenses et les recettes de l’État actionnaire. Les recettes de ce CAS sont censées provenir de la cession de titres détenus par l’État, et de dépenses liées à l’acquisition de titres, en tant qu’investisseur.
Or le compte s’éloigne de cet objectif, et devient une courroie de transmission qui reçoit d’importants versements du budget général sans lien avec l’activité de l’État actionnaire et les reverse dans différents programmes, fonds et entreprises, tendance qui a poussé la Cour des comptes à considérer qu’il existait une « perte de substance » de ce compte d’affectation spéciale.
Par ailleurs, la finalité et les bénéficiaires finaux des subventions du budget général relèvent d’un exercice peu transparent, et peu détaillé.
Le présent projet de loi de gestion indique que, pour l’exercice 2024, cette subvention du budget général est minorée de -2 Mds €.
Le présent amendement demande donc de plus amples informations sur les raisons de la baisse du versement du budget général à ce CAS en 2024, et sur la ventilation de ce versement en fonction du bénéficiaire ou de l’opération finale.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la douzième ligne de la dernière colonne du tableau « Comptes d’affectation spéciale », substituer au nombre :
« -2 009 999 600 »
le nombre :
« -2 009 999 601 ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi a été déposé le 6 novembre 2024 au nom du Premier ministre Michel Barnier, par les ministres Antoine Armand et Laurent Saint-Martin. Une loi de fin de gestion ajuste les crédits de l’année en cours, sans mesure fiscale nouvelle, selon l’exposé général des motifs. Il prévoyait un déficit public de 6,1 % du PIB en 2024, contre 4,4 % dans la loi de finances initiale. D’après le rapport de la commission mixte paritaire (CMP, sept députés et sept sénateurs chargés d’un texte commun) :
- 5,6 milliards d’euros de crédits sont annulés et 4,2 milliards ouverts, hors remboursements d’impôts ;
- la plus forte ouverture, 824 millions d’euros, va à la mission « Sécurités », pour les Jeux olympiques et les renforts en Nouvelle-Calédonie ;
- 203 millions d’euros financent l’allocation aux adultes handicapés et les bourses étudiantes ;
- 1,2 milliard d’euros est annulé sur France 2030, 435 millions sur la cohésion des territoires et 410 millions sur la charge de la dette ;
- la CMP ajoute 20 millions d’euros pour les pertes dues au mildiou et 70 millions pour les routes des collectivités, compensés par 90 millions d’annulations sur France 2030.
Ce que ça change
La loi autorise ces mouvements de crédits pour boucler l’année 2024. Le texte définitif fixe le déficit de l’État à financer à 162,4 milliards d’euros et la dette publique à 112,8 % du PIB. Selon le ministre Laurent Saint-Martin, sans ce texte, le Gouvernement « ne sera pas autorisé à procéder aux ouvertures de crédits indispensables ».
Ce qui est contesté
En première lecture, le 19 novembre 2024, l’Assemblée a rejeté la première partie par 146 voix contre 53 (scrutin n° 445), ce qui vaut rejet de tout le texte. Ont voté contre : RN (51), LFI (41), socialistes (32), écologistes (14), GDR (5) et UDR (3). Le Sénat a ensuite adopté le texte initial modifié. Le 4 décembre 2024, l’Assemblée a adopté le texte de la CMP par 318 voix contre 103 (scrutin n° 518). Contre : LFI (61), écologistes (29) et GDR (13). Abstention : socialistes (51) et 3 LIOT. Pour : RN (116), EPR (81), Droite républicaine (38), Horizons (28), Démocrates (25), UDR (14), 13 LIOT et 3 non-inscrits. L’article 2, sur la part de TVA affectée à l’audiovisuel public, a été le plus disputé (deux scrutins).
Dans le débat du 4 décembre, Mathilde Feld (LFI), auteure d’une motion de rejet repoussée par 284 voix contre 75 (scrutin n° 517), dénonce « un exercice d’austérité ». Éric Coquerel (LFI) juge le texte « austéritaire » et soutient que, même sans lui, « les fonctionnaires seraient payés ». Christine Arrighi (écologistes) relève un écart de plus de 24 milliards d’euros sur les recettes fiscales nettes. Laurent Baumel (socialistes) annonce une abstention « par pragmatisme », pour les crédits de la Nouvelle-Calédonie, des forces de sécurité, de l’Ukraine et des agriculteurs.
Côté soutiens, le rapporteur David Amiel (EPR) présente le texte comme la dernière possibilité d’ouvrir des crédits urgents. Matthias Renault (RN) critique un « dérapage » des dépenses mais relève les crédits pour la Nouvelle-Calédonie et les agriculteurs. Gérault Verny (UDR) estime que « voter contre ce texte n’aurait aucun sens ». Charles de Courson (LIOT) formule des réserves mais annonce un vote favorable ou une abstention.
Où en est le texte
La loi n° 2024-1167 du 6 décembre 2024 de finances de fin de gestion pour 2024 a été publiée au Journal officiel du 7 décembre 2024, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de finances de fin de gestion pour 2024 n° 538 et exposé général des motifs (06/11/2024)
- Scrutin public n° 445 sur la première partie (première lecture) (19/11/2024)
- Rapport n° 645 de la commission mixte paritaire (03/12/2024)
- Compte rendu de la séance du 4 décembre 2024, Assemblée nationale (04/12/2024)
- Scrutin public n° 517 sur la motion de rejet préalable (04/12/2024)
- Scrutin public n° 518 sur l’ensemble (texte de la CMP) (04/12/2024)
- Texte définitif, T.A. n° 17, Assemblée nationale (04/12/2024)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (06/12/2024)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 54
- Contre
- 95
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 151
- Exprimés
- 149
- Majorité requise
- 75
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 125 membres | Pour | 52 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 3 | 2 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 8 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 52 dans le décompte
Pour (52) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Franck Allisio, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Thierry Frappé, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 32 dans le décompte
Contre (31) : Franck Riester (ancien député), Constance Le Grip, Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Denis Masséglia, Céline Calvez, Aurore Bergé (ancien député), Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Philippe Fait, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Mathieu Lefèvre (ancien député), Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Yannick Chenevard, David Amiel (ancien député), Joséphine Missoffe, Laure Miller, Sophie Delorme Duret (ancien député), Pauline Levasseur (ancien député), Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 1 dans le décompte
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 31 dans le décompte
Contre (31) : Marietta Karamanli, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Olivier Faure, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Fatiha Keloua Hachi, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Jean-Didier Berger (ancien député), Véronique Louwagie (ancien député), Fabien Di Filippo (ancien député), Josiane Corneloup, Corentin Le Fur
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Contre (3) : Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Boris Tavernier
Abstention (2) : Hendrik Davi, Sandra Regol
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Olivier Falorni (ancien député), Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Jimmy Pahun, Delphine Lingemann, Didier Padey
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (4) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Béatrice Piron, Anne Le Hénanff (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Paul Molac, Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Nicolas Sansu, Soumya Bourouaha, Édouard Bénard, Emmanuel Maurel
UDR 2 dans le décompte
Pour (2) : Vincent Trébuchet, Gérault Verny
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin