Votes · Scrutin n° 4536 · 4 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 268 de M. Monnet et les amendements identiques suivants de rétablissement de l'article 16 bis (supprimé) du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (nouvelle lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 16 bis
- Texte
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 Projet de loi de financement de la sécurité sociale
Amendement déposé par M. Monnet et 15 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La LFSS pour 2025 a prévu que l’Acoss pourrait désormais emprunter pour une durée maximale de deux ans « sur des marchés plus profonds et plus diversifiés » et que son plafond d’emprunt serait rehaussé à 65 milliards d’euros, soit 20 milliards de plus qu’en 2024 et 2023. Cette disposition représentait un pas de plus dans la financiarisation de la sécurité sociale. En effet, l’annexe 3 du PLFSS 2025 indiquait que depuis 2010, le financement des besoins de trésorerie du régime général se caractérise par « la diversification de ses instruments de financement et le recours accru aux instruments de marché ». L’annexe précisait encore que si jusqu’en 2010, la part des concours bancaires via la Caisse des dépôts et consignations représentait 72 % du financement des besoins de l’ACOSS, elle n’y a plus recours depuis 2021. Désormais, les instruments de marché contribuent à hauteur de 99% à couvrir les besoins de trésorerie. Or, ces emprunts sur les marchés financiers ont un coût. Selon les comptes annuels de la caisse nationale de l’Urssaf, les charges sur les opérations de marché se sont élevées à 946,5 millions d’euros à la fin de l’exercice 2024, en hausse de 76% par rapport à l’exercice 2023 (537,4 millions d’euros à la fin de l’exercice 2023). Au regard du transfert de dette de la Cades vers l'Acoss, il importe plus encore de rediriger les emprunts de l'Acoss vers la Caisse des dépôts et consignations. Tel est le sens de cet amendement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
« Le premier alinéa de l’article L. 139‑3 du code de la sécurité sociale est ainsi modifié :
« 1° Après le mot : « an » , il est inséré le mot : « , prioritairement » ;
« 2° Après le mot :« consignations », il est inséré le mot : « subsidiairement ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (le budget de la Sécurité sociale) a été déposé à l’Assemblée le 14 octobre 2025, au nom du Premier ministre Sébastien Lecornu, par Jean-Pierre Farandou, Stéphanie Rist et Amélie de Montchalin. D’après le texte définitif du 16 décembre 2025, la loi prévoit notamment :
- un objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 274,4 milliards d’euros pour 2026, contre 265,9 milliards en 2025 (article 109) ;
- un nouveau calendrier de l’âge légal de départ : 62 ans et 9 mois pour les assurés nés entre janvier 1963 et mars 1965, puis une hausse progressive jusqu’à 63 ans et 9 mois pour ceux nés en 1968 (article 105) ;
- une durée maximale pour les arrêts de travail prescrits, fixée par décret et d’au moins un mois pour une première prescription (article 81) ;
- un « congé supplémentaire de naissance » (article 99) et l’extension de la déduction de cotisations sur les heures supplémentaires aux entreprises de plus de 250 salariés (article 21).
Ce que ça change
Le texte définitif prévoit pour 2026 un déficit de 19,4 milliards d’euros pour l’ensemble des régimes de base (article 47). Le nouveau calendrier de départ à la retraite s’applique aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (article 105, VI). Selon le rapport annexé, revenir à l’équilibre en 2029 demandera « un effort supplémentaire de 23,7 milliards d’euros sur trois ans ».
Ce qui est contesté
Le 16 décembre 2025, en lecture définitive, l’Assemblée a adopté le texte par 247 voix contre 232 et 90 abstentions (scrutin n° 4758). Pour : Ensemble pour la République (91), Socialistes (64), Les Démocrates (36), LIOT (20), Droite républicaine (18). Contre : RN (123), LFI (69), UDR (16), GDR (10), Écologiste et social (9). Se sont surtout abstenus la Droite républicaine (28), les écologistes (27) et Horizons (25).
Selon le compte rendu de la séance, Hadrien Clouet (LFI) dénonce « un texte qui coupe plus de 3 milliards d’euros à l’hôpital et aux Ehpad ». Joëlle Mélin (RN) propose plutôt de « geler tout prélèvement supplémentaire ». Cyrielle Chatelain (Écologiste et social) s’oppose aux mesures sur les arrêts de travail mais juge que « rejeter ce budget, c’est demander aux soignants de faire la même chose avec moins d’argent ».
Le calendrier des retraites divise. Sandrine Runel (Socialistes) se félicite : « La réforme des retraites ? Suspendue. » Philippe Vigier (Les Démocrates) vote pour en avalisant « avec quelque regret » cette suspension. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) estime qu’elle laisse « croire à un retour possible à 62 ans ». Justine Gruet (Droite républicaine) annonce une abstention majoritaire de son groupe.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 18 décembre 2025 par des députés LFI et trois députés GDR, le Conseil a rendu le 30 décembre 2025 la décision n° 2025-899 DC. Censurés :
- la nouvelle définition de l’incapacité de travail ouvrant droit aux indemnités journalières, appréciée au regard d’une « activité professionnelle […] quelconque » : trop imprécise, elle prive de garanties le droit à des moyens convenables d’existence (article 83, § 82 à 91) ;
- des « cavaliers sociaux », mesures sans effet suffisant sur les comptes de la Sécurité sociale : autorisation préalable de la médecine esthétique, obligations liées au dossier médical partagé, rapport sur les retraites à Mayotte, entre autres (articles 51, 57, 60, 69, 72, 85, 91, 92 et 105, § 92 à 102).
Le Conseil n’émet aucune réserve. Il valide l’Ondam (§ 9), la limitation de durée des arrêts de travail, que le médecin peut dépasser en le justifiant (article 81, § 71 à 74), et la procédure d’adoption de l’article 54 sur le parcours de prévention (§ 51).
Où en est le texte
La loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 a été publiée au Journal officiel du 31 décembre 2025, selon le dossier législatif.
Sources
- Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 n° 1907 (14 octobre 2025)
- Texte définitif, T.A. n° 199, Assemblée nationale (16 décembre 2025)
- Scrutin public n° 4758 sur l’ensemble (lecture définitive) (16 décembre 2025)
- Compte rendu de la séance du 16 décembre 2025, Assemblée nationale (16 décembre 2025)
- Décision n° 2025-899 DC, Conseil constitutionnel (30 décembre 2025)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (30 décembre 2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 121
- Contre
- 178
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 299
- Exprimés
- 299
- Majorité requise
- 150
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Pour | 67 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 54 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 33 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 2 | 45 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 67 dans le décompte
Pour (67) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Serge Muller, Pierre Meurin, Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Guillaume Florquin, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Florence Joubert, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 55 dans le décompte
Contre (54) : Sébastien Huyghe, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Élisabeth Borne, Olga Givernet, Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Camille Galliard-Minier (ancien député), Christine Le Nabour, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Ludovic Mendes, Brigitte Liso, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Jean Terlier, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Thomas Gassilloud, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Benoît Larrouquis, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 33 dans le décompte
Pour (33) : Élisa Martin, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Farida Amrani, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Aymeric Caron, Marie Mesmeur, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 47 dans le décompte
Pour (2) : Chantal Jourdan, Mélanie Thomin
Contre (45) : Jérôme Guedj, Guillaume Garot, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Olivier Faure, Joël Aviragnet, Christian Baptiste, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Martine Froger, Aurélien Rousseau, Emmanuel Grégoire (ancien député), Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Dieynaba Diop, Béatrice Bellay, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 24 dans le décompte
Contre (24) : Laurent Wauquiez, Michèle Tabarot, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Fabrice Brun, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Josiane Corneloup, Nicolas Ray, Yannick Neuder, Justine Gruet, Jean-Pierre Taite (ancien député), Alexandre Portier, Corentin Le Fur, Alix Fruchon, Lionel Duparay
Écologiste et Social 16 dans le décompte
Pour (16) : Eva Sas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 20 dans le décompte
Contre (20) : Philippe Vigier, Olivier Falorni (ancien député), Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Philippe Latombe, Nicolas Turquois, Bruno Fuchs, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Delphine Lingemann, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Contre (16) : Thierry Benoit, Laurent Marcangeli, Bertrand Bouyx, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, François Gernigon, Michel Criaud, Jean Moulliere (ancien député), Didier Lemaire, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 9 dans le décompte
Contre (9) : David Habib, Yannick Favennec-Bécot, Jean-Pierre Bataille, Paul Molac, Stéphane Viry, Audrey Abadie-Amiel, Estelle Youssouffa, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Karine Lebon, Yannick Monnet
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Contre (8) : Christelle D'Intorni, Vincent Trébuchet, Marc Chavent, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Stella Dupont, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin