Votes · Scrutin n° 4759 · 16 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 159 de M. Coulomme de suppression de l'article premier du projet de loi relatif à l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Coulomme et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les député.es du groupe La France insoumise souhaitent signifier leur opposition à cet article qui désigne le COJOP, le CIO et le CIP comme organisateurs officiels des JOP 2030.
Il s'agit ici de dispenser le COJOP, le CIO et le CIP de l'obligation d'obtenir une autorisation de chacune des sept fédérations sportives délégataires concernées, par dérogation au droit en vigueur.
Déjà lors du PJL organisant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, nous y étions opposés.
D'une part, l'autorisation préalable permet d’assurer le respect de certaines règles relatives à l’organisation et l’encadrement de l'événement, fixées par la fédération en question. Elle participe à préserver le lien entre les différents niveaux de professionnalisation du sport, lien qui est de facto fragilisé par cette disposition.
D'autre part, nous nous opposons aux caractéristiques mêmes de ce système : en reconnaissant la qualité d’organisateurs à ce triptyque, cet article leur reconnaît aussi le droit d’exploitation de cette compétition, leur permettant, ainsi qu'à leurs membres, de bénéficier de très nombreuses exonérations fiscales. C'est notamment le cas de l’impôt sur les sociétés, qui représentait, pour les Jeux 2024, le plus gros manque à gagner pour l’Etat.
Il s’agit donc surtout d’enrichir le CIO y compris par des fonds publics, puisqu’il sera tout à la fois souverain sur l’organisation des Jeux, et grand percepteur de leurs fruits.
Ce système absurde implique de se conformer à toutes les exigences du CIO, y compris sécuritaires comme le démontre largement le titre V de ce projet de loi.
Pourtant, cette multinationale du sport ne repose pas sur l’adhésion d’États ni d’organisations internationales. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 15 mai 2025 par Marie Barsacq, ministre des Sports, en procédure accélérée. Son exposé des motifs indique vouloir « adapter de manière proportionnée certaines dispositions de notre droit positif » pour accueillir les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, en s’appuyant sur l’expérience de Paris 2024. D’après la description qu’en fait le Conseil constitutionnel, la loi votée prévoit notamment :
- des dérogations aux règles de publicité et d’affichage, dont des bâches publicitaires sur des échafaudages (articles 4 et 36) ;
- des procédures accélérées pour les chantiers : consultation du public par voie électronique, expropriation avec prise de possession immédiate, occupation temporaire de terrains (articles 18, 22 et 23) ;
- des voies de circulation réservées pendant les Jeux et des dérogations au repos dominical (articles 30 et 42) ;
- des mesures de sécurité : inspection visuelle des véhicules par des agents privés, interdiction de paraître sur les lieux d’un grand événement, prolongation jusqu’au 31 décembre 2027 de la vidéoprotection algorithmique, c’est-à-dire l’analyse automatisée des images par logiciel (articles 43, 46 et 47).
Ce que ça change
Les habitants et collectivités des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les entreprises et les participants aux grands événements sont concernés. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, le budget prévisionnel des Jeux était, au 22 avril 2025, « d’environ 2 milliards d’euros », dont un peu moins d’un quart de contributions publiques. Chaque région hôte peut garantir au plus un quart d’un éventuel déficit du comité d’organisation. L’interdiction de paraître ne vaut que pour un événement désigné par décret, dans la limite de deux mois (§ 170 et 171).
Ce qui est contesté
Le 3 février 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 390 voix contre 99 et 19 abstentions (scrutin n° 5296). Contre : LFI (67), Écologiste et social (27) et GDR (4, avec 6 abstentions). Pour : RN (115), Ensemble pour la République (79), Socialistes (52), Droite républicaine (47), Les Démocrates (30), Horizons (25), LIOT (18), UDR (17).
Selon le compte rendu de la séance, Jean-François Coulomme (LFI) estime : « Le texte multiplie les dérogations environnementales, malmène des zones fragilisées et va à l’encontre de nos propres engagements climatiques. » Élisa Martin (LFI) dénonce des « outils liberticides », dont la vidéosurveillance algorithmique. Jean-Claude Raux (Écologiste et social) juge que ces Jeux ne seront « ni écologiques, ni populaires ». Soumya Bourouaha (GDR) critique des interdictions de paraître « reposant sur des critères largement discrétionnaires ».
Côté partisans, Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) soutient que les dérogations sont « temporaires, ciblées, encadrées » et que la vidéoprotection algorithmique fonctionne « sans recourir à la biométrie ni à la reconnaissance faciale ». Belkhir Belhaddad (Socialistes) annonce un vote pour, tout en jugeant que le texte « nous incite à la vigilance ». Antoine Valentin (UDR) vote pour « sans une foi aveugle ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 19 février 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-902 DC datée du 19 mars 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il formule deux réserves d’interprétation (conditions de lecture du texte) sur l’interdiction de paraître (article 46) :
- l’administration doit vérifier, sous le contrôle du juge, que la mesure n’excède pas « la rigueur nécessaire », en tenant compte des mesures déjà subies par la personne (§ 171) ;
- une personne déjà visée par des mesures de surveillance antiterroriste ne peut être interdite de paraître dans un même lieu plus de douze mois au total (§ 173).
Les autres articles contestés, dont la prolongation de la vidéoprotection algorithmique (§ 179 à 181) et l’inspection des véhicules par des agents privés, sont déclarés conformes.
Où en est le texte
La loi n° 2026-201 du 20 mars 2026 a été publiée au Journal officiel du 21 mars 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 630 (2024-2025), Sénat (15 mai 2025)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (15 mai 2025)
- Scrutin public n° 5296 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (3 février 2026)
- Compte rendu de la séance du 3 février 2026, Assemblée nationale (3 février 2026)
- Décision n° 2026-902 DC, Conseil constitutionnel (19 mars 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (20 mars 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 21
- Contre
- 110
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 2
- Votants
- 135
- Exprimés
- 131
- Majorité requise
- 66
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 46 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 1 | 0 | 3 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 46 dans le décompte
Contre (46) : Bruno Bilde, Christian Girard, Jérôme Buisson, Jordan Guitton, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Christine Loir, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Alexis Jolly, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Eddy Casterman, Bruno Clavet, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Contre (25) : Éric Bothorel, Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Camille Galliard-Minier (ancien député), Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Anne Genetet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Antoine Armand (ancien député), Nicolas Metzdorf, Sandrine Lalanne, Bastien Marchive, Laure Miller
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (20) : Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Antoine Léaument, Karen Erodi, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Contre (7) : Belkhir Belhaddad, Arthur Delaporte, Laurent Lhardit, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Christophe Proença
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (10) : Vincent Rolland, Xavier Breton, Virginie Duby-Muller, Pierre Cordier, Frédérique Meunier, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandre Portier, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Pour (1) : Steevy Gustave
Abstention (3) : Jean-Claude Raux, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (7) : Sophie Mette, Géraldine Bannier, Josy Poueyto, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Romain Daubié, Emmanuel Mandon
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Béatrice Piron, Béatrice Bellamy (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Soumya Bourouaha
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (6) : Christelle D'Intorni, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin