Votes · Scrutin n° 4762 · 16 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 158 de Mme Elisa Martin à l'article premier du projet de loi relatif à l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Élisa Martin et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement propose que toutes les rémunérations des organisateurs des JOP 2030 désignés par le présent article soient rendues publiques.
En effet, cet article pose la problématique majeure de la transparence quant à la désignation des organisateurs, simplement « reconnus » dans la loi sans aucune procédure démocratique.
L’article 7 vise à rendre publique les principales rémunérations au sein du COJOP : nous le saluons.
Rappelons qu’en février 2024, le parquet national financier a ouvert une enquête sur les conditions de la rémunération (270 000 euros bruts annuels hors prime jusqu’en 2020, de Tony Estanguet, président du Cojop de Paris 2024. Au total, la masse salariale globale du comité d’organisation s’élèvait à 584,8 millions d’euros en décembre 2023, soit 115 millions de plus que ce qui était affiché dans le dossier de candidature, et soit 13 % de son budget total. Et ce alors même que le COJOP n’est pas parvenu à respecter son budget, faisant appel à l’État et aux collectivités territoriales.
Pour autant, rien n’est prévu concernant les rémunérations des membres du CIO, véritable multinationale du sport qui présente un fonctionnement particulièrement opaque et qui est régulièrement épinglé pour des affaires de corruption et dont les membres issus des hautes sphères politiques et économiques sont légion. Pourtant, même les historiens n’ont pas accès à certaines archives.
Aucune information ne permet de retracer précisément l’argent distribué. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« Les rémunérations des membres des organisations désignées à l’alinéa précédent sont rendues publiques »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 15 mai 2025 par Marie Barsacq, ministre des Sports, en procédure accélérée. Son exposé des motifs indique vouloir « adapter de manière proportionnée certaines dispositions de notre droit positif » pour accueillir les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, en s’appuyant sur l’expérience de Paris 2024. D’après la description qu’en fait le Conseil constitutionnel, la loi votée prévoit notamment :
- des dérogations aux règles de publicité et d’affichage, dont des bâches publicitaires sur des échafaudages (articles 4 et 36) ;
- des procédures accélérées pour les chantiers : consultation du public par voie électronique, expropriation avec prise de possession immédiate, occupation temporaire de terrains (articles 18, 22 et 23) ;
- des voies de circulation réservées pendant les Jeux et des dérogations au repos dominical (articles 30 et 42) ;
- des mesures de sécurité : inspection visuelle des véhicules par des agents privés, interdiction de paraître sur les lieux d’un grand événement, prolongation jusqu’au 31 décembre 2027 de la vidéoprotection algorithmique, c’est-à-dire l’analyse automatisée des images par logiciel (articles 43, 46 et 47).
Ce que ça change
Les habitants et collectivités des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les entreprises et les participants aux grands événements sont concernés. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, le budget prévisionnel des Jeux était, au 22 avril 2025, « d’environ 2 milliards d’euros », dont un peu moins d’un quart de contributions publiques. Chaque région hôte peut garantir au plus un quart d’un éventuel déficit du comité d’organisation. L’interdiction de paraître ne vaut que pour un événement désigné par décret, dans la limite de deux mois (§ 170 et 171).
Ce qui est contesté
Le 3 février 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 390 voix contre 99 et 19 abstentions (scrutin n° 5296). Contre : LFI (67), Écologiste et social (27) et GDR (4, avec 6 abstentions). Pour : RN (115), Ensemble pour la République (79), Socialistes (52), Droite républicaine (47), Les Démocrates (30), Horizons (25), LIOT (18), UDR (17).
Selon le compte rendu de la séance, Jean-François Coulomme (LFI) estime : « Le texte multiplie les dérogations environnementales, malmène des zones fragilisées et va à l’encontre de nos propres engagements climatiques. » Élisa Martin (LFI) dénonce des « outils liberticides », dont la vidéosurveillance algorithmique. Jean-Claude Raux (Écologiste et social) juge que ces Jeux ne seront « ni écologiques, ni populaires ». Soumya Bourouaha (GDR) critique des interdictions de paraître « reposant sur des critères largement discrétionnaires ».
Côté partisans, Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) soutient que les dérogations sont « temporaires, ciblées, encadrées » et que la vidéoprotection algorithmique fonctionne « sans recourir à la biométrie ni à la reconnaissance faciale ». Belkhir Belhaddad (Socialistes) annonce un vote pour, tout en jugeant que le texte « nous incite à la vigilance ». Antoine Valentin (UDR) vote pour « sans une foi aveugle ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 19 février 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-902 DC datée du 19 mars 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il formule deux réserves d’interprétation (conditions de lecture du texte) sur l’interdiction de paraître (article 46) :
- l’administration doit vérifier, sous le contrôle du juge, que la mesure n’excède pas « la rigueur nécessaire », en tenant compte des mesures déjà subies par la personne (§ 171) ;
- une personne déjà visée par des mesures de surveillance antiterroriste ne peut être interdite de paraître dans un même lieu plus de douze mois au total (§ 173).
Les autres articles contestés, dont la prolongation de la vidéoprotection algorithmique (§ 179 à 181) et l’inspection des véhicules par des agents privés, sont déclarés conformes.
Où en est le texte
La loi n° 2026-201 du 20 mars 2026 a été publiée au Journal officiel du 21 mars 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 630 (2024-2025), Sénat (15 mai 2025)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (15 mai 2025)
- Scrutin public n° 5296 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (3 février 2026)
- Compte rendu de la séance du 3 février 2026, Assemblée nationale (3 février 2026)
- Décision n° 2026-902 DC, Conseil constitutionnel (19 mars 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (20 mars 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 30
- Contre
- 69
- Abstention
- 55
- Non-votant
- 2
- Votants
- 154
- Exprimés
- 99
- Majorité requise
- 50
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Abstention | 0 | 0 | 47 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 23 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 12 | 2 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 2 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | aucun vote | 0 | 3 | 3 | 0 | |
| NI 9 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 47 dans le décompte
Abstention (47) : Bruno Bilde, Christian Girard, Jérôme Buisson, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Alexis Jolly, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Eddy Casterman, Bruno Clavet, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Contre (26) : Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Sandra Marsaud, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Antoine Armand (ancien député), Nicolas Metzdorf, Sandrine Lalanne, Bastien Marchive, Laure Miller
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 23 dans le décompte
Pour (23) : Élisa Martin, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Contre (12) : Guillaume Garot, Belkhir Belhaddad, Arthur Delaporte, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Denis Fégné
Abstention (2) : Gérard Leseul, Isabelle Santiago
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Contre (9) : Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Pierre Cordier, Frédérique Meunier, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandre Portier, Lionel Duparay
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (10) : Sophie Mette, Sabine Thillaye, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Josy Poueyto, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Romain Daubié, Emmanuel Mandon, Éric Martineau
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (7) : Agnès Firmin Le Bodo, Paul Christophe (ancien député), Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Béatrice Bellamy (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Abstention (2) : Thierry Benoit, Anne-Cécile Violland
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Soumya Bourouaha
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (3) : Marc Chavent, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Abstention (3) : Christelle D'Intorni, Bernard Chaix, Éric Michoux
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Abstention (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin