Votes · Scrutin n° 4784 · 16 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 189 de Mme Elisa Martin à l'article 32 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 32
- Texte
- Projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Élisa Martin et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement de repli, les député.es insoumis.es proposent de supprimer la peine d'emprisonnement rattachée à ce nouveau régime d'interdiction administrative de décoller en marge de grands événéments ou rassemblements. Notre groupe s'oppose à la création de cette nouvelle infraction, qui est tout à fait superflue et qui ne vise en réalité qu'à criminaliser des actions militantes.
Plusieurs dispositions dans le code des transports confient déjà au maire des pouvoirs de police lui permettant de réglementer par exemple l'atterrissage et le décollage des aéronefs ou le survol du territoire notamment pour des raisons d’ordre militaire ou de sécurité publique, en cas de péril imminent.
Cet article étend ces pouvoirs en dehors de tout cadre défini. Nous rappelons que ces grands "événements" et "rassemblements" ne sont pas définis dans la loi, mais désignés par décret au cas par cas à la libre appréciaiton du pouvoir exécutif (art L. 211-11-1 du CSI). Ils concernent ainsi un panel de cas qui dépasse largement les seuls événements sportifs – une nouvelle preuve, s'il en fallait, que les dispositions sécuritaires de ce titre V n'ont rien à faire dans ce projet de loi prétendument consacré aux JOP de 2030
Le Gouvernement prétend que ce nouveau régime est "strictement limité", alors qu'il s'appuie sur des notions peu ou pas définies qui font la part belle au risque d'arbitraire, telles que la notion de “raisons sérieuses”, de même que celle d'"envisager de troubler gravement l'ordre public". Ces notions fragilisent le principe de légalité des délits et des peines et de sécurité juridique, les comportements répréhensibles visés étant difficilement identifiables. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer les alinéas 6 et 7.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 15 mai 2025 par Marie Barsacq, ministre des Sports, en procédure accélérée. Son exposé des motifs indique vouloir « adapter de manière proportionnée certaines dispositions de notre droit positif » pour accueillir les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, en s’appuyant sur l’expérience de Paris 2024. D’après la description qu’en fait le Conseil constitutionnel, la loi votée prévoit notamment :
- des dérogations aux règles de publicité et d’affichage, dont des bâches publicitaires sur des échafaudages (articles 4 et 36) ;
- des procédures accélérées pour les chantiers : consultation du public par voie électronique, expropriation avec prise de possession immédiate, occupation temporaire de terrains (articles 18, 22 et 23) ;
- des voies de circulation réservées pendant les Jeux et des dérogations au repos dominical (articles 30 et 42) ;
- des mesures de sécurité : inspection visuelle des véhicules par des agents privés, interdiction de paraître sur les lieux d’un grand événement, prolongation jusqu’au 31 décembre 2027 de la vidéoprotection algorithmique, c’est-à-dire l’analyse automatisée des images par logiciel (articles 43, 46 et 47).
Ce que ça change
Les habitants et collectivités des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les entreprises et les participants aux grands événements sont concernés. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, le budget prévisionnel des Jeux était, au 22 avril 2025, « d’environ 2 milliards d’euros », dont un peu moins d’un quart de contributions publiques. Chaque région hôte peut garantir au plus un quart d’un éventuel déficit du comité d’organisation. L’interdiction de paraître ne vaut que pour un événement désigné par décret, dans la limite de deux mois (§ 170 et 171).
Ce qui est contesté
Le 3 février 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 390 voix contre 99 et 19 abstentions (scrutin n° 5296). Contre : LFI (67), Écologiste et social (27) et GDR (4, avec 6 abstentions). Pour : RN (115), Ensemble pour la République (79), Socialistes (52), Droite républicaine (47), Les Démocrates (30), Horizons (25), LIOT (18), UDR (17).
Selon le compte rendu de la séance, Jean-François Coulomme (LFI) estime : « Le texte multiplie les dérogations environnementales, malmène des zones fragilisées et va à l’encontre de nos propres engagements climatiques. » Élisa Martin (LFI) dénonce des « outils liberticides », dont la vidéosurveillance algorithmique. Jean-Claude Raux (Écologiste et social) juge que ces Jeux ne seront « ni écologiques, ni populaires ». Soumya Bourouaha (GDR) critique des interdictions de paraître « reposant sur des critères largement discrétionnaires ».
Côté partisans, Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) soutient que les dérogations sont « temporaires, ciblées, encadrées » et que la vidéoprotection algorithmique fonctionne « sans recourir à la biométrie ni à la reconnaissance faciale ». Belkhir Belhaddad (Socialistes) annonce un vote pour, tout en jugeant que le texte « nous incite à la vigilance ». Antoine Valentin (UDR) vote pour « sans une foi aveugle ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 19 février 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-902 DC datée du 19 mars 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il formule deux réserves d’interprétation (conditions de lecture du texte) sur l’interdiction de paraître (article 46) :
- l’administration doit vérifier, sous le contrôle du juge, que la mesure n’excède pas « la rigueur nécessaire », en tenant compte des mesures déjà subies par la personne (§ 171) ;
- une personne déjà visée par des mesures de surveillance antiterroriste ne peut être interdite de paraître dans un même lieu plus de douze mois au total (§ 173).
Les autres articles contestés, dont la prolongation de la vidéoprotection algorithmique (§ 179 à 181) et l’inspection des véhicules par des agents privés, sont déclarés conformes.
Où en est le texte
La loi n° 2026-201 du 20 mars 2026 a été publiée au Journal officiel du 21 mars 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 630 (2024-2025), Sénat (15 mai 2025)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (15 mai 2025)
- Scrutin public n° 5296 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (3 février 2026)
- Compte rendu de la séance du 3 février 2026, Assemblée nationale (3 février 2026)
- Décision n° 2026-902 DC, Conseil constitutionnel (19 mars 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (20 mars 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 32
- Contre
- 132
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 164
- Exprimés
- 164
- Majorité requise
- 83
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 39 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 3 | 15 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 39 dans le décompte
Contre (39) : Christian Girard, Jérôme Buisson, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Julien Rancoule, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Thierry Frappé, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Pascal Markowsky, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Contre (32) : Éric Woerth (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Camille Galliard-Minier (ancien député), Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Véronique Riotton, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Antoine Armand (ancien député), Nicolas Metzdorf, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Laure Miller, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Pour (19) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, François Piquemal, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Arnaud Le Gall, René Pilato, Sandrine Nosbé, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 18 dans le décompte
Pour (3) : Alain David, Pascale Got, Chantal Jourdan
Contre (15) : Belkhir Belhaddad, Arthur Delaporte, Marie-José Allemand, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Julien Gokel (ancien député), Denis Fégné
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Contre (15) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Christelle Minard, Pierre Cordier, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Hubert Brigand, Antoine Vermorel, Alexandre Portier, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (7) : Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Steevy Gustave
Les Démocrates 16 dans le décompte
Contre (16) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Josy Poueyto, Blandine Brocard, Nicolas Turquois, Louise Morel, Éric Martineau, Didier Padey, Frantz Gumbs, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (5) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Béatrice Piron, Michel Criaud, Béatrice Bellamy (ancien député)
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Jean-Victor Castor
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Contre (8) : Éric Ciotti, Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin