Votes · Scrutin n° 4789 · 16 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 38 de Mme Allemand et les amendements identiques suivants de suppression de l'article 34 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 34
- Texte
- Projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Allemand et 68 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés entend supprimer cet article qui propose de créer une mesure d'interdiction de paraitre pour les personnes ne faisant pas l’objet d’une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance.
Le sujet est particulièrement sérieux compte tenu des atteintes directes et immédiates portées aux droits fondamentaux des personnes visées.
Le sujet est particulièrement sérieux lorsque l'on songe aux objectifs que cette mesure poursuit : il s'agit de la lutte contre le terrorisme.
Or, s’il existe une « raison sérieuse de penser que leur comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité publique », pourquoi ne pas prendre de MICAS ?
Si les personnes visées présentent une telle menace et qu'une MICAS a déjà été prise alors il est essentiel que les services de sécurité assure la surveillance de celles-ci.
Au demeurant, il est important de comprendre que les mesures de cette nature (interdiction de paraître; pointage au commissariats) sont d'une efficacité assez douteuse face à des personnes décidées à commettre un acte terroriste.
Si donc des personnes font peser une menace d'une particulière gravité pour la sécurité publique, il est préférable d'assurer leur surveillance de manière discrète afin de pouvoir intervenir en cas de menace réelle.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 34 : 11 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 15 mai 2025 par Marie Barsacq, ministre des Sports, en procédure accélérée. Son exposé des motifs indique vouloir « adapter de manière proportionnée certaines dispositions de notre droit positif » pour accueillir les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, en s’appuyant sur l’expérience de Paris 2024. D’après la description qu’en fait le Conseil constitutionnel, la loi votée prévoit notamment :
- des dérogations aux règles de publicité et d’affichage, dont des bâches publicitaires sur des échafaudages (articles 4 et 36) ;
- des procédures accélérées pour les chantiers : consultation du public par voie électronique, expropriation avec prise de possession immédiate, occupation temporaire de terrains (articles 18, 22 et 23) ;
- des voies de circulation réservées pendant les Jeux et des dérogations au repos dominical (articles 30 et 42) ;
- des mesures de sécurité : inspection visuelle des véhicules par des agents privés, interdiction de paraître sur les lieux d’un grand événement, prolongation jusqu’au 31 décembre 2027 de la vidéoprotection algorithmique, c’est-à-dire l’analyse automatisée des images par logiciel (articles 43, 46 et 47).
Ce que ça change
Les habitants et collectivités des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les entreprises et les participants aux grands événements sont concernés. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, le budget prévisionnel des Jeux était, au 22 avril 2025, « d’environ 2 milliards d’euros », dont un peu moins d’un quart de contributions publiques. Chaque région hôte peut garantir au plus un quart d’un éventuel déficit du comité d’organisation. L’interdiction de paraître ne vaut que pour un événement désigné par décret, dans la limite de deux mois (§ 170 et 171).
Ce qui est contesté
Le 3 février 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 390 voix contre 99 et 19 abstentions (scrutin n° 5296). Contre : LFI (67), Écologiste et social (27) et GDR (4, avec 6 abstentions). Pour : RN (115), Ensemble pour la République (79), Socialistes (52), Droite républicaine (47), Les Démocrates (30), Horizons (25), LIOT (18), UDR (17).
Selon le compte rendu de la séance, Jean-François Coulomme (LFI) estime : « Le texte multiplie les dérogations environnementales, malmène des zones fragilisées et va à l’encontre de nos propres engagements climatiques. » Élisa Martin (LFI) dénonce des « outils liberticides », dont la vidéosurveillance algorithmique. Jean-Claude Raux (Écologiste et social) juge que ces Jeux ne seront « ni écologiques, ni populaires ». Soumya Bourouaha (GDR) critique des interdictions de paraître « reposant sur des critères largement discrétionnaires ».
Côté partisans, Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) soutient que les dérogations sont « temporaires, ciblées, encadrées » et que la vidéoprotection algorithmique fonctionne « sans recourir à la biométrie ni à la reconnaissance faciale ». Belkhir Belhaddad (Socialistes) annonce un vote pour, tout en jugeant que le texte « nous incite à la vigilance ». Antoine Valentin (UDR) vote pour « sans une foi aveugle ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 19 février 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-902 DC datée du 19 mars 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il formule deux réserves d’interprétation (conditions de lecture du texte) sur l’interdiction de paraître (article 46) :
- l’administration doit vérifier, sous le contrôle du juge, que la mesure n’excède pas « la rigueur nécessaire », en tenant compte des mesures déjà subies par la personne (§ 171) ;
- une personne déjà visée par des mesures de surveillance antiterroriste ne peut être interdite de paraître dans un même lieu plus de douze mois au total (§ 173).
Les autres articles contestés, dont la prolongation de la vidéoprotection algorithmique (§ 179 à 181) et l’inspection des véhicules par des agents privés, sont déclarés conformes.
Où en est le texte
La loi n° 2026-201 du 20 mars 2026 a été publiée au Journal officiel du 21 mars 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 630 (2024-2025), Sénat (15 mai 2025)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (15 mai 2025)
- Scrutin public n° 5296 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (3 février 2026)
- Compte rendu de la séance du 3 février 2026, Assemblée nationale (3 février 2026)
- Décision n° 2026-902 DC, Conseil constitutionnel (19 mars 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (20 mars 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 49
- Contre
- 115
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 165
- Exprimés
- 164
- Majorité requise
- 83
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 38 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 38 dans le décompte
Contre (38) : Hervé de Lépinau, Christian Girard, Jérôme Buisson, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Julien Rancoule, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Pascal Markowsky, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Contre (32) : Éric Woerth (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Camille Galliard-Minier (ancien député), Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Jean Terlier, Natalia Pouzyreff, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Antoine Armand (ancien député), Nicolas Metzdorf, Nathalie Coggia, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (20) : Élisa Martin, Danièle Obono, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Arnaud Le Gall, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 19 dans le décompte
Pour (19) : Alain David, Pascale Got, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Marie-José Allemand, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Denis Fégné
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Contre (11) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Christelle Minard, Pierre Cordier, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Alexandre Portier, Lionel Duparay
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Steevy Gustave
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (14) : Christophe Blanchet, Sabine Thillaye, Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Jean-Paul Mattei, Blandine Brocard, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Laurent Croizier, Éric Martineau, Didier Padey, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (9) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Michel Criaud, Philippe Fait, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (2) : Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau
Abstention (1) : Paul Molac
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Jean-Victor Castor
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Contre (7) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin