Votes · Scrutin n° 4800 · 16 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 19 de M. Molac et les amendements identiques suivants de suppression de l'article 35 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire" Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 35
- Texte
- Projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Molac et 1 cosignataire (LIOT) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à supprimer la reconduction de la vidéosurveillance algorithmique. Le recours à l’intelligence artificielle n’a pas fait ses preuves en la matière. Le rapport d’évaluation de l’expérimentation autorisée à l’occasion des Jeux Olympiques 2024 dresse un bilan très mitigé. Le renouvellement de ce dispositif jusqu’à fin 2027 ne ferait que banaliser le déploiement de ces nouvelles technologies de surveillance de masse, avec le risque, à terme, d’ouvrir la voie au recours à la reconnaissance faciale.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 35 : 12 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 15 mai 2025 par Marie Barsacq, ministre des Sports, en procédure accélérée. Son exposé des motifs indique vouloir « adapter de manière proportionnée certaines dispositions de notre droit positif » pour accueillir les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, en s’appuyant sur l’expérience de Paris 2024. D’après la description qu’en fait le Conseil constitutionnel, la loi votée prévoit notamment :
- des dérogations aux règles de publicité et d’affichage, dont des bâches publicitaires sur des échafaudages (articles 4 et 36) ;
- des procédures accélérées pour les chantiers : consultation du public par voie électronique, expropriation avec prise de possession immédiate, occupation temporaire de terrains (articles 18, 22 et 23) ;
- des voies de circulation réservées pendant les Jeux et des dérogations au repos dominical (articles 30 et 42) ;
- des mesures de sécurité : inspection visuelle des véhicules par des agents privés, interdiction de paraître sur les lieux d’un grand événement, prolongation jusqu’au 31 décembre 2027 de la vidéoprotection algorithmique, c’est-à-dire l’analyse automatisée des images par logiciel (articles 43, 46 et 47).
Ce que ça change
Les habitants et collectivités des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les entreprises et les participants aux grands événements sont concernés. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, le budget prévisionnel des Jeux était, au 22 avril 2025, « d’environ 2 milliards d’euros », dont un peu moins d’un quart de contributions publiques. Chaque région hôte peut garantir au plus un quart d’un éventuel déficit du comité d’organisation. L’interdiction de paraître ne vaut que pour un événement désigné par décret, dans la limite de deux mois (§ 170 et 171).
Ce qui est contesté
Le 3 février 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 390 voix contre 99 et 19 abstentions (scrutin n° 5296). Contre : LFI (67), Écologiste et social (27) et GDR (4, avec 6 abstentions). Pour : RN (115), Ensemble pour la République (79), Socialistes (52), Droite républicaine (47), Les Démocrates (30), Horizons (25), LIOT (18), UDR (17).
Selon le compte rendu de la séance, Jean-François Coulomme (LFI) estime : « Le texte multiplie les dérogations environnementales, malmène des zones fragilisées et va à l’encontre de nos propres engagements climatiques. » Élisa Martin (LFI) dénonce des « outils liberticides », dont la vidéosurveillance algorithmique. Jean-Claude Raux (Écologiste et social) juge que ces Jeux ne seront « ni écologiques, ni populaires ». Soumya Bourouaha (GDR) critique des interdictions de paraître « reposant sur des critères largement discrétionnaires ».
Côté partisans, Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) soutient que les dérogations sont « temporaires, ciblées, encadrées » et que la vidéoprotection algorithmique fonctionne « sans recourir à la biométrie ni à la reconnaissance faciale ». Belkhir Belhaddad (Socialistes) annonce un vote pour, tout en jugeant que le texte « nous incite à la vigilance ». Antoine Valentin (UDR) vote pour « sans une foi aveugle ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 19 février 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-902 DC datée du 19 mars 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il formule deux réserves d’interprétation (conditions de lecture du texte) sur l’interdiction de paraître (article 46) :
- l’administration doit vérifier, sous le contrôle du juge, que la mesure n’excède pas « la rigueur nécessaire », en tenant compte des mesures déjà subies par la personne (§ 171) ;
- une personne déjà visée par des mesures de surveillance antiterroriste ne peut être interdite de paraître dans un même lieu plus de douze mois au total (§ 173).
Les autres articles contestés, dont la prolongation de la vidéoprotection algorithmique (§ 179 à 181) et l’inspection des véhicules par des agents privés, sont déclarés conformes.
Où en est le texte
La loi n° 2026-201 du 20 mars 2026 a été publiée au Journal officiel du 21 mars 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 630 (2024-2025), Sénat (15 mai 2025)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (15 mai 2025)
- Scrutin public n° 5296 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (3 février 2026)
- Compte rendu de la séance du 3 février 2026, Assemblée nationale (3 février 2026)
- Décision n° 2026-902 DC, Conseil constitutionnel (19 mars 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (20 mars 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 38
- Contre
- 80
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 118
- Exprimés
- 118
- Majorité requise
- 60
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 1 | 26 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 27 dans le décompte
Pour (1) : Pierre Meurin
Contre (26) : Hervé de Lépinau, Christian Girard, Jérôme Buisson, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Julien Rancoule, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Pascal Markowsky, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Théo Bernhardt, Jonathan Gery
Ensemble pour la République 24 dans le décompte
Contre (23) : Éric Woerth (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Olga Givernet, Graziella Melchior, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Nicolas Metzdorf, Nathalie Coggia, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (15) : Élisa Martin, Danièle Obono, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Arnaud Le Gall, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Abdelkader Lahmar, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (14) : Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Marie-José Allemand, Laurent Lhardit, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Denis Fégné
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Rolland, Virginie Duby-Muller, Christelle Minard, Julien Dive, Josiane Corneloup, Alexandre Portier, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Blandine Brocard, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Éric Martineau, Didier Padey
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Agnès Firmin Le Bodo, Loïc Kervran (ancien député), Béatrice Piron, Philippe Fait, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (1) : Paul Molac
Contre (2) : Jean-Luc Warsmann, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Soumya Bourouaha
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin