Votes · Scrutin n° 4859 · 18 décembre 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 154 de Mme Bourouaha à l'article 19 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à l'organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 19
- Texte
- Projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Bourouaha et 14 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L'article 19 vise à permettre, dans les départements concernés par des épreuves, la location de logements vacants situés dans le parc locatif social ou dans les foyers de jeunes travailleurs, en vue de l'accueil des personnes accréditées, des salariés, des bénévoles ou des forces de sécurité nécessaires à la bonne organisation des jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de 2030. S'ils sont vacants au 1er janvier 2030, ces logements pourront être loués au Comité d'organisation des jeux olympiques et paralympiques (Cojop) aux personnes mentionnées ci-dessus jusqu'au quinzième jour suivant la cérémonie de clôture des JOP. Pour les logements concernés, les conventions conclues pour les aides personnalisées au logement (APL) seront suspendues.
Aucune leçon n’a visiblement été tirée des jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, pendant lesquels de nombreux étudiants ont été délogés de leur appartement en résidence universitaire. En l’occurrence, les personnes qui vivent dans ces foyers ou logements locatifs sociaux, travailleurs saisonniers pour beaucoup, travailleront durant la période des JO d’hiver de 2030. A minima, il apparaît nécessaire aux auteurs de prévoir que l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 ne soit pas retenue parmi les motifs légitimes et sérieux qui permettent de rompre un bail locatif afin d’éviter de reproduire l’exemple des nombreuses « mises à la rue » lors des jeux Olympiques de Paris 2024.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 1, insérer l’alinéa suivant :
« L’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 ne constitue pas de motif légitime et sérieux permettant de donner congé au locataire au sens du I de l’article 15 de la loi n° 89‑462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86‑1290 du 23 décembre 1986. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 15 mai 2025 par Marie Barsacq, ministre des Sports, en procédure accélérée. Son exposé des motifs indique vouloir « adapter de manière proportionnée certaines dispositions de notre droit positif » pour accueillir les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, en s’appuyant sur l’expérience de Paris 2024. D’après la description qu’en fait le Conseil constitutionnel, la loi votée prévoit notamment :
- des dérogations aux règles de publicité et d’affichage, dont des bâches publicitaires sur des échafaudages (articles 4 et 36) ;
- des procédures accélérées pour les chantiers : consultation du public par voie électronique, expropriation avec prise de possession immédiate, occupation temporaire de terrains (articles 18, 22 et 23) ;
- des voies de circulation réservées pendant les Jeux et des dérogations au repos dominical (articles 30 et 42) ;
- des mesures de sécurité : inspection visuelle des véhicules par des agents privés, interdiction de paraître sur les lieux d’un grand événement, prolongation jusqu’au 31 décembre 2027 de la vidéoprotection algorithmique, c’est-à-dire l’analyse automatisée des images par logiciel (articles 43, 46 et 47).
Ce que ça change
Les habitants et collectivités des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les entreprises et les participants aux grands événements sont concernés. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, le budget prévisionnel des Jeux était, au 22 avril 2025, « d’environ 2 milliards d’euros », dont un peu moins d’un quart de contributions publiques. Chaque région hôte peut garantir au plus un quart d’un éventuel déficit du comité d’organisation. L’interdiction de paraître ne vaut que pour un événement désigné par décret, dans la limite de deux mois (§ 170 et 171).
Ce qui est contesté
Le 3 février 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 390 voix contre 99 et 19 abstentions (scrutin n° 5296). Contre : LFI (67), Écologiste et social (27) et GDR (4, avec 6 abstentions). Pour : RN (115), Ensemble pour la République (79), Socialistes (52), Droite républicaine (47), Les Démocrates (30), Horizons (25), LIOT (18), UDR (17).
Selon le compte rendu de la séance, Jean-François Coulomme (LFI) estime : « Le texte multiplie les dérogations environnementales, malmène des zones fragilisées et va à l’encontre de nos propres engagements climatiques. » Élisa Martin (LFI) dénonce des « outils liberticides », dont la vidéosurveillance algorithmique. Jean-Claude Raux (Écologiste et social) juge que ces Jeux ne seront « ni écologiques, ni populaires ». Soumya Bourouaha (GDR) critique des interdictions de paraître « reposant sur des critères largement discrétionnaires ».
Côté partisans, Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) soutient que les dérogations sont « temporaires, ciblées, encadrées » et que la vidéoprotection algorithmique fonctionne « sans recourir à la biométrie ni à la reconnaissance faciale ». Belkhir Belhaddad (Socialistes) annonce un vote pour, tout en jugeant que le texte « nous incite à la vigilance ». Antoine Valentin (UDR) vote pour « sans une foi aveugle ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 19 février 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-902 DC datée du 19 mars 2026. Aucune disposition n’est censurée. Il formule deux réserves d’interprétation (conditions de lecture du texte) sur l’interdiction de paraître (article 46) :
- l’administration doit vérifier, sous le contrôle du juge, que la mesure n’excède pas « la rigueur nécessaire », en tenant compte des mesures déjà subies par la personne (§ 171) ;
- une personne déjà visée par des mesures de surveillance antiterroriste ne peut être interdite de paraître dans un même lieu plus de douze mois au total (§ 173).
Les autres articles contestés, dont la prolongation de la vidéoprotection algorithmique (§ 179 à 181) et l’inspection des véhicules par des agents privés, sont déclarés conformes.
Où en est le texte
La loi n° 2026-201 du 20 mars 2026 a été publiée au Journal officiel du 21 mars 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 630 (2024-2025), Sénat (15 mai 2025)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (15 mai 2025)
- Scrutin public n° 5296 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (3 février 2026)
- Compte rendu de la séance du 3 février 2026, Assemblée nationale (3 février 2026)
- Décision n° 2026-902 DC, Conseil constitutionnel (19 mars 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (20 mars 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 17
- Contre
- 40
- Abstention
- 8
- Non-votant
- 2
- Votants
- 65
- Exprimés
- 57
- Majorité requise
- 29
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 123 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 1 | 2 | 8 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 1 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 10 dans le décompte
Contre (9) : Emmanuel Blairy, Angélique Ranc, Christine Loir, Alexis Jolly, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Emeric Salmon, Claire Marais-Beuil, Matthias Renault
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 13 dans le décompte
Contre (12) : Éric Woerth (ancien député), Olga Givernet, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy, Bertrand Sorre, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Sandrine Lalanne, Marc Ferracci
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Pour (10) : Élisa Martin, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Rodrigo Arenas, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Antoine Léaument, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Pour (1) : Pierrick Courbon
Contre (2) : Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago
Abstention (8) : Marie-Noëlle Battistel, Arthur Delaporte, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Jacques Oberti, Christophe Proença, Sophie Pantel, Denis Fégné
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Vincent Rolland, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Alexandre Portier
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Pour (4) : Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Jean-Claude Raux, Julie Ozenne
Les Démocrates 8 dans le décompte
Pour (1) : Louise Morel
Contre (7) : Sandrine Josso, Géraldine Bannier, Philippe Latombe, Bruno Fuchs, Romain Daubié, Hubert Ott, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (4) : Michel Criaud, Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Soumya Bourouaha
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin