Votes · Scrutin n° 508 · 3 décembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 15 de Mme Amiot après l'article 2 de la proposition de loi visant à optimiser la protection et l'accompagnement des parents d'enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 2
- Texte
- Optimiser la protection et l'accompagnement des parents d'enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Amiot et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe LFI-NFP souhaite interdire les pratiques discriminatoires, dans le cadre d'un recrutement ou de l'emploi, envers les parents d'enfants gravement malades.
L'objet du présent amendement est de renforcer la lutte contre les discriminations, tant à l'embauche que dans l'emploi, particulièrement en complément de la lutte contre ces mêmes discriminations lorsqu'elles sont liées au genre ou à l'état de santé.
Selon une enquête de l'INSEE récemment paru et fondée sur des données de 2021, 11,3% des femmes en emploi considèrent subir des traitements inégalitaires et 30% les attribuent au sexisme. Ce sont donc 4,1% des femmes en emploi qui déclarent avoir subi de telles inégalités de traitement sur des bases discriminatoires. La situation familiale a sans conteste une influence en la matière : 15,2% des femmes à la tête d'une famille monoparentale sont concernées tandis que cette proportion tombe à 11,2% pour les femmes vivant seules sans enfant.
En outre, 23,4% des personnes en emploi qui s'estiment en mauvais ou très mauvais état de santé déclarent avoir subi des traitements inégalitaires. La Défenseur des Droits observait l'an dernier que 13% des personnes atteintes de maladie chronique étaient confrontées à une discrimination ou un harcèlement discriminatoire.
Il est aisé d'imaginer de quelle manière ces motifs discriminatoires peuvent se combiner : genre, situation familiale et maternité, état de santé de la mère et de l'enfant. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le code du travail est ainsi modifié :
1° À l’article L. 1132‑1, après la première occurrence du mot : « famille », sont insérés les mots : « incluant l’état de santé d’un enfant » ;
2° Le paragraphe 3 de la sous-section 2 de la section 4 du chapitre V du titre II du livre II de la première partie est complété par quatre articles ainsi rédigés :
« Art. L. 1225‑65‑3. – L’employeur ne doit pas prendre en considération l’état de santé, qui nécessiterait un congé quel qu’il soit pour l’affection grave, au sens des 3° et 4° de l’article L. 160‑14 du code de la sécurité sociale, de l’enfant à charge d’un salarié pour rompre son contrat de travail, y compris au cours d’une période d’essai ou, sous réserve d’une affectation temporaire réalisée dans le cadre des dispositions des articles L. 1225‑7, L. 1225‑9 et L. 1225‑12 du présent code, pour prononcer une mutation d’emploi. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 17 septembre 2024 par Vincent Thiébaut (Horizons), cosignée par des députés de plusieurs groupes (texte initial et exposé des motifs). Selon l’exposé des motifs, elle a été rédigée avec l’association Eva pour la vie et la fédération Grandir sans cancer, pour répondre à la « double peine » des familles : maladie de l’enfant, baisse de revenus et démarches longues. Principales mesures du texte définitif :
- congé pour l’annonce d’une maladie grave ou d’un handicap de l’enfant porté de cinq à dix jours (article 6) ;
- licenciement interdit pendant les dix semaines qui suivent un congé de présence parentale, et droit à des horaires individualisés (article 5) ;
- hébergement possible des parents près de l’hôpital quand l’enfant est hospitalisé loin du domicile, pris en charge par l’assurance maladie avec un reste à payer, le « ticket modérateur » (article 7) ;
- possibilité de faire suspendre par le juge le remboursement d’un crédit, comme en cas de licenciement, et déblocage anticipé de l’assurance vie et de l’épargne retraite (articles 2 à 4) ;
- remboursement des séances d’ergothérapie, de psychomotricité, de diététique et d’un bilan neuropsychologique pour les enfants en affection de longue durée (article 13) ;
- allocation journalière de présence parentale ouverte aux deux parents en résidence alternée (article 11).
Ce que ça change
Pour l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), une expérimentation d’un an dans dix départements, dont un en outre-mer, oblige la commission de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) à répondre en deux mois. Sans réponse, la famille reçoit une avance du montant de base. Elle démarre six mois après la promulgation (article 8). La carte de stationnement pour un enfant gravement malade doit aussi être accordée en deux mois, faute de quoi le président du conseil départemental la délivre (article 9). Le partage de l’allocation journalière de présence parentale entre en vigueur dix-huit mois après la promulgation. Le texte ne chiffre pas son coût ; il prévoit une compensation par une hausse de l’accise sur les tabacs (article 14).
Ce qui est contesté
Aucun groupe n’a voté contre. L’Assemblée a adopté le texte en première lecture par 190 voix contre 0 et une abstention (scrutin n° 515 du 3 décembre 2024), puis en deuxième lecture par 212 voix sans opposition (scrutin n° 7270 du 2 juin 2026).
Le désaccord a porté sur les modifications du Sénat, que l’Assemblée a acceptées sans les changer. Pour LFI, Karen Erodi a estimé que le texte revenu du Sénat était « une pâle copie » de celui de 2024 : congé d’annonce ramené de quinze à dix jours, fin de la gratuité des parkings d’hôpitaux, suppression de la protection contre les expulsions. Benjamin Lucas-Lundy (écologistes) a reproché au Sénat d’être revenu sur ces avancées, tout en votant le texte. Yannick Monnet (Gauche démocrate et républicaine) a contesté le ticket modérateur sur l’hébergement ; son amendement a été rejeté par 100 voix contre 35.
Le rapporteur Vincent Thiébaut a demandé un vote « conforme » (identique au Sénat) : modifier le texte aurait, selon lui, retardé la loi d’« au minimum un an ». Sur l’hébergement, il a estimé que le texte représente « un gain significatif au regard de la situation actuelle ». Plusieurs amendements de LFI et du RN ont été retirés pour permettre ce vote. Seul vote divisé : l’article sur l’avance d’AEEH, adopté par 156 voix contre 22, dont 21 députés RN (scrutin n° 7264) ; LFI critiquait la limitation de l’avance au montant de base.
Où en est le texte
Promulgué : loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 visant à améliorer la protection et l’accompagnement des parents d’enfants atteints d’un cancer, d’une maladie grave ou d’un handicap. Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Plusieurs mesures renvoient à des décrets (hébergement, remboursements, expérimentations).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Protection et accompagnement des parents d’enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps » (12/06/2026)
- Proposition de loi n° 277 et exposé des motifs (17/09/2024)
- Texte adopté n° 298 (texte définitif) (02/06/2026)
- Sénat, dossier législatif de la proposition de loi n° 180 (2024-2025) (26/02/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 2 juin 2026 (deuxième lecture) (02/06/2026)
- Scrutin public n° 515 sur l’ensemble (première lecture) (03/12/2024)
- Scrutin public n° 7264 sur l’article 4 (deuxième lecture) (02/06/2026)
- Scrutin public n° 7270 sur l’ensemble (deuxième lecture) (02/06/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 55
- Contre
- 45
- Abstention
- 39
- Non-votant
- 2
- Votants
- 139
- Exprimés
- 100
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Abstention | 0 | 1 | 35 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 1 | 3 | 2 | 0 | |
| NI 9 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 36 dans le décompte
Contre (1) : Béatrice Roullaud
Abstention (35) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Romain Baubry, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Julie Lechanteux, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Thierry Perez, Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Arnaud Sanvert (ancien député), Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 13 dans le décompte
Contre (12) : Sébastien Huyghe, Graziella Melchior, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Annie Vidal, Violette Spillebout, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Moerani Frébault, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (20) : Laurent Alexandre, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Élise Leboucher, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Karen Erodi, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Abdelkader Lahmar, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (22) : Pascale Got, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Fanny Dombre Coste, Christine Pirès Beaune, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Mickaël Bouloux, Elie Califer, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Luc Bourgeaux, Éric Pauget, Sylvie Bonnet
Abstention (1) : Justine Gruet
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (11) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Benoît Biteau, Nicolas Bonnet
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Sandrine Josso, Jimmy Pahun, Josy Poueyto, Nicolas Turquois, Laurent Croizier, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 20 dans le décompte
Contre (20) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Vincent Thiébaut, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Xavier Albertini, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Pierre Marle, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Isabelle Mesnard (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Constance de Pélichy
UDR 6 dans le décompte
Pour (1) : Éric Michoux
Contre (3) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Matthieu Bloch
Abstention (2) : Marc Chavent, Olivier Fayssat
Non inscrit 1 dans le décompte
Abstention (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin