Votes · Scrutin n° 510 · 3 décembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 9 de Mme Loir après l'article 2 de la proposition de loi visant à optimiser la protection et l'accompagnement des parents d'enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 2
- Texte
- Optimiser la protection et l'accompagnement des parents d'enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Loir et 13 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article proposé vise à répondre à une nécessité imposée par le parcours de vie de certains foyers, dont un enfant à charge est atteint d’une affection grave ou d’un handicap. Ces familles peuvent se trouver contraintes, pour des raisons de santé ou de mobilité, de devoir acquérir ou souscrire un contrat de location pour un véhicule adapté.
Lorsque l’état de santé de l’enfant impose l’utilisation d’un fauteuil roulant ou d’équipements de mobilité plus lourds ou invasifs, le besoin d’un véhicule plus spacieux ou spécialement aménagé devient impératif. Ce type de véhicule peut garantir à la fois le confort et la sécurité de l’enfant et permettre aux parents de remplir leurs obligations de soin et d’accompagnement dans des conditions dignes.
Cependant, cette acquisition représente une charge financière importante, particulièrement pour les foyers les plus modestes. Le prix d’un véhicule adapté pour une personne en situation de handicap est très variable. Il dépend du modèle, de la marque, mais surtout des aménagements nécessaires. Parmi ces derniers, on peut citer l’ajout d’un levier ou d’un bras de chargement électrique pour fauteuil roulant, d’une commande électronique au volant, d’un accélérateur ou d’un frein manuel, d’une boîte à vitesse automatique, ou encore d’un espace intérieur optimisé pour accueillir un fauteuil roulant. Ces aménagements font augmenter significativement le coût du véhicule, qui peut atteindre entre 30 000 et 50 000 euros, voire plus pour des véhicules neufs intégralement adaptés.
Si certaines aides existent, elles demeurent insuffisantes pour couvrir l’intégralité de ces dépenses, d’autant que ces équipements ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Les contribuables domiciliés en France au sens de l’article 4 B du code général des impôts peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt au titre :
1° De l’acquisition, à l’état neuf, d’un véhicule automobile terrestre à moteur ;
2° De la première souscription d’un contrat de location avec option d’achat ou d’un contrat de location pour une durée minimale de deux ans d’un véhicule automobile terrestre à moteur.
II. – Le bénéfice de ce crédit d’impôt est strictement réservé aux foyers fiscaux ayant à charge un enfant atteint d’une affection grave au sens des 3° et 4° de l’article L. 160‑14 du code de la sécurité sociale. , sous réserve de la présentation d’un certificat médical valide. Ce crédit d’impôt est réservé aux contribuables dont le revenu net imposable par part n’excède pas 28 797 euros.
III. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 17 septembre 2024 par Vincent Thiébaut (Horizons), cosignée par des députés de plusieurs groupes (texte initial et exposé des motifs). Selon l’exposé des motifs, elle a été rédigée avec l’association Eva pour la vie et la fédération Grandir sans cancer, pour répondre à la « double peine » des familles : maladie de l’enfant, baisse de revenus et démarches longues. Principales mesures du texte définitif :
- congé pour l’annonce d’une maladie grave ou d’un handicap de l’enfant porté de cinq à dix jours (article 6) ;
- licenciement interdit pendant les dix semaines qui suivent un congé de présence parentale, et droit à des horaires individualisés (article 5) ;
- hébergement possible des parents près de l’hôpital quand l’enfant est hospitalisé loin du domicile, pris en charge par l’assurance maladie avec un reste à payer, le « ticket modérateur » (article 7) ;
- possibilité de faire suspendre par le juge le remboursement d’un crédit, comme en cas de licenciement, et déblocage anticipé de l’assurance vie et de l’épargne retraite (articles 2 à 4) ;
- remboursement des séances d’ergothérapie, de psychomotricité, de diététique et d’un bilan neuropsychologique pour les enfants en affection de longue durée (article 13) ;
- allocation journalière de présence parentale ouverte aux deux parents en résidence alternée (article 11).
Ce que ça change
Pour l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), une expérimentation d’un an dans dix départements, dont un en outre-mer, oblige la commission de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) à répondre en deux mois. Sans réponse, la famille reçoit une avance du montant de base. Elle démarre six mois après la promulgation (article 8). La carte de stationnement pour un enfant gravement malade doit aussi être accordée en deux mois, faute de quoi le président du conseil départemental la délivre (article 9). Le partage de l’allocation journalière de présence parentale entre en vigueur dix-huit mois après la promulgation. Le texte ne chiffre pas son coût ; il prévoit une compensation par une hausse de l’accise sur les tabacs (article 14).
Ce qui est contesté
Aucun groupe n’a voté contre. L’Assemblée a adopté le texte en première lecture par 190 voix contre 0 et une abstention (scrutin n° 515 du 3 décembre 2024), puis en deuxième lecture par 212 voix sans opposition (scrutin n° 7270 du 2 juin 2026).
Le désaccord a porté sur les modifications du Sénat, que l’Assemblée a acceptées sans les changer. Pour LFI, Karen Erodi a estimé que le texte revenu du Sénat était « une pâle copie » de celui de 2024 : congé d’annonce ramené de quinze à dix jours, fin de la gratuité des parkings d’hôpitaux, suppression de la protection contre les expulsions. Benjamin Lucas-Lundy (écologistes) a reproché au Sénat d’être revenu sur ces avancées, tout en votant le texte. Yannick Monnet (Gauche démocrate et républicaine) a contesté le ticket modérateur sur l’hébergement ; son amendement a été rejeté par 100 voix contre 35.
Le rapporteur Vincent Thiébaut a demandé un vote « conforme » (identique au Sénat) : modifier le texte aurait, selon lui, retardé la loi d’« au minimum un an ». Sur l’hébergement, il a estimé que le texte représente « un gain significatif au regard de la situation actuelle ». Plusieurs amendements de LFI et du RN ont été retirés pour permettre ce vote. Seul vote divisé : l’article sur l’avance d’AEEH, adopté par 156 voix contre 22, dont 21 députés RN (scrutin n° 7264) ; LFI critiquait la limitation de l’avance au montant de base.
Où en est le texte
Promulgué : loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 visant à améliorer la protection et l’accompagnement des parents d’enfants atteints d’un cancer, d’une maladie grave ou d’un handicap. Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Plusieurs mesures renvoient à des décrets (hébergement, remboursements, expérimentations).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Protection et accompagnement des parents d’enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps » (12/06/2026)
- Proposition de loi n° 277 et exposé des motifs (17/09/2024)
- Texte adopté n° 298 (texte définitif) (02/06/2026)
- Sénat, dossier législatif de la proposition de loi n° 180 (2024-2025) (26/02/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 2 juin 2026 (deuxième lecture) (02/06/2026)
- Scrutin public n° 515 sur l’ensemble (première lecture) (03/12/2024)
- Scrutin public n° 7264 sur l’article 4 (deuxième lecture) (02/06/2026)
- Scrutin public n° 7270 sur l’ensemble (deuxième lecture) (02/06/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 48
- Contre
- 100
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 149
- Exprimés
- 148
- Majorité requise
- 75
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Pour | 40 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 1 | 12 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 40 dans le décompte
Pour (40) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Romain Baubry, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Julie Lechanteux, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Arnaud Sanvert (ancien député), Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 14 dans le décompte
Pour (1) : Moerani Frébault
Contre (12) : Sébastien Huyghe, Graziella Melchior, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Violette Spillebout, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Contre (22) : Laurent Alexandre, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Élise Leboucher, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Carlos Martens Bilongo, Karen Erodi, Aymeric Caron, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Anaïs Belouassa-Cherifi, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 25 dans le décompte
Contre (25) : Pascale Got, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother, Sandrine Runel, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Jean-Luc Bourgeaux, Virginie Duby-Muller, Éric Pauget, Sylvie Bonnet, Justine Gruet
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Contre (9) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Hendrik Davi, Christine Arrighi, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Benoît Biteau, Nicolas Bonnet
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Sandrine Josso, Josy Poueyto, Cyrille Isaac-Sibille, Laurent Croizier, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 20 dans le décompte
Contre (20) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Vincent Thiébaut, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Xavier Albertini, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Pierre Marle, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Isabelle Mesnard (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy
Abstention (1) : Paul Molac
UDR 6 dans le décompte
Pour (6) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin