Votes · Scrutin n° 514 · 3 décembre 2024 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 11 de Mme Loir après l'article 9 bis de la proposition de loi visant à optimiser la protection et l'accompagnement des parents d'enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 9 bis
- Texte
- Optimiser la protection et l'accompagnement des parents d'enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Loir et 14 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Accompagner un enfant gravement malade est une épreuve humaine et émotionnelle. Les familles confrontées à cette situation doivent concilier le besoin d’être présentes pour leur enfant et les impératifs professionnels, un équilibre souvent impossible à atteindre sans un cadre législatif adapté.
Aujourd’hui, le congé de proche aidant permet aux parents ou proches d’interrompre leur activité professionnelle pour s’occuper d’un proche dépendant, dont un enfant gravement malade, mais sa durée est limitée à 3 mois renouvelables, dans une limite cumulative de 6 mois sur la carrière. Ce cadre, bien que louable, apparaît insuffisant pour répondre aux besoins des familles dont les enfants nécessitent des soins intensifs et un accompagnement prolongé.
La prise en charge d’un enfant malade mobilise souvent les proches sur une période bien plus longue que celle actuellement prévue par la loi. Les traitements, qu’il s’agisse de maladies chroniques, graves ou invalidantes, s’étendent fréquemment sur plusieurs mois, voire plusieurs années, nécessitant une présence constante et un soutien psychologique quotidien. Dans ce contexte, les parents doivent pouvoir se consacrer à leur enfant sans craindre une rupture de revenus ni devoir arbitrer entre leur emploi et leur rôle de parent.
Rendre le congé proche aidant renouvelable jusqu’à 12 mois offrirait une réponse adaptée à ces situations. Cette réflexion doit s’inscrire dans la volonté de mieux protéger les droits des enfants malades et de leurs familles, en reconnaissant que la solidarité nationale a un rôle central à jouer face à ces drames personnels.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur l’opportunité de porter la durée du congé de proche aidant prévue à l’article L. 3142‑19 du code du travail à un an avec une indemnisation liée aux revenus de la personne aidante.
Ce rapport peut mesurer l’impact social, économique et financier de cette évolution, en étudiant notamment les besoins réels des familles confrontées à des maladies longues ou graves chez l’enfant, les modalités de financement d’une extension de la durée de ce congé et d’une indemnisation adaptée et enfin les effets positifs d’un tel dispositif pour les enfants, les familles et la société en termes de santé publique et de bien-être familial.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 17 septembre 2024 par Vincent Thiébaut (Horizons), cosignée par des députés de plusieurs groupes (texte initial et exposé des motifs). Selon l’exposé des motifs, elle a été rédigée avec l’association Eva pour la vie et la fédération Grandir sans cancer, pour répondre à la « double peine » des familles : maladie de l’enfant, baisse de revenus et démarches longues. Principales mesures du texte définitif :
- congé pour l’annonce d’une maladie grave ou d’un handicap de l’enfant porté de cinq à dix jours (article 6) ;
- licenciement interdit pendant les dix semaines qui suivent un congé de présence parentale, et droit à des horaires individualisés (article 5) ;
- hébergement possible des parents près de l’hôpital quand l’enfant est hospitalisé loin du domicile, pris en charge par l’assurance maladie avec un reste à payer, le « ticket modérateur » (article 7) ;
- possibilité de faire suspendre par le juge le remboursement d’un crédit, comme en cas de licenciement, et déblocage anticipé de l’assurance vie et de l’épargne retraite (articles 2 à 4) ;
- remboursement des séances d’ergothérapie, de psychomotricité, de diététique et d’un bilan neuropsychologique pour les enfants en affection de longue durée (article 13) ;
- allocation journalière de présence parentale ouverte aux deux parents en résidence alternée (article 11).
Ce que ça change
Pour l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), une expérimentation d’un an dans dix départements, dont un en outre-mer, oblige la commission de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) à répondre en deux mois. Sans réponse, la famille reçoit une avance du montant de base. Elle démarre six mois après la promulgation (article 8). La carte de stationnement pour un enfant gravement malade doit aussi être accordée en deux mois, faute de quoi le président du conseil départemental la délivre (article 9). Le partage de l’allocation journalière de présence parentale entre en vigueur dix-huit mois après la promulgation. Le texte ne chiffre pas son coût ; il prévoit une compensation par une hausse de l’accise sur les tabacs (article 14).
Ce qui est contesté
Aucun groupe n’a voté contre. L’Assemblée a adopté le texte en première lecture par 190 voix contre 0 et une abstention (scrutin n° 515 du 3 décembre 2024), puis en deuxième lecture par 212 voix sans opposition (scrutin n° 7270 du 2 juin 2026).
Le désaccord a porté sur les modifications du Sénat, que l’Assemblée a acceptées sans les changer. Pour LFI, Karen Erodi a estimé que le texte revenu du Sénat était « une pâle copie » de celui de 2024 : congé d’annonce ramené de quinze à dix jours, fin de la gratuité des parkings d’hôpitaux, suppression de la protection contre les expulsions. Benjamin Lucas-Lundy (écologistes) a reproché au Sénat d’être revenu sur ces avancées, tout en votant le texte. Yannick Monnet (Gauche démocrate et républicaine) a contesté le ticket modérateur sur l’hébergement ; son amendement a été rejeté par 100 voix contre 35.
Le rapporteur Vincent Thiébaut a demandé un vote « conforme » (identique au Sénat) : modifier le texte aurait, selon lui, retardé la loi d’« au minimum un an ». Sur l’hébergement, il a estimé que le texte représente « un gain significatif au regard de la situation actuelle ». Plusieurs amendements de LFI et du RN ont été retirés pour permettre ce vote. Seul vote divisé : l’article sur l’avance d’AEEH, adopté par 156 voix contre 22, dont 21 députés RN (scrutin n° 7264) ; LFI critiquait la limitation de l’avance au montant de base.
Où en est le texte
Promulgué : loi n° 2026-492 du 12 juin 2026 visant à améliorer la protection et l’accompagnement des parents d’enfants atteints d’un cancer, d’une maladie grave ou d’un handicap. Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Plusieurs mesures renvoient à des décrets (hébergement, remboursements, expérimentations).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Protection et accompagnement des parents d’enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps » (12/06/2026)
- Proposition de loi n° 277 et exposé des motifs (17/09/2024)
- Texte adopté n° 298 (texte définitif) (02/06/2026)
- Sénat, dossier législatif de la proposition de loi n° 180 (2024-2025) (26/02/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 2 juin 2026 (deuxième lecture) (02/06/2026)
- Scrutin public n° 515 sur l’ensemble (première lecture) (03/12/2024)
- Scrutin public n° 7264 sur l’article 4 (deuxième lecture) (02/06/2026)
- Scrutin public n° 7270 sur l’ensemble (deuxième lecture) (02/06/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 54
- Contre
- 83
- Abstention
- 9
- Non-votant
- 2
- Votants
- 146
- Exprimés
- 137
- Majorité requise
- 69
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Pour | 43 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 93 membres | Contre | 1 | 14 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 1 | 29 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | aucun vote | 0 | 6 | 6 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 1 | 5 | 3 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 9 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 43 dans le décompte
Pour (43) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Romain Baubry, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Aurélien Lopez-Liguori (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Julie Lechanteux, Sandra Delannoy, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Arnaud Sanvert (ancien député), Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 16 dans le décompte
Pour (1) : Violette Spillebout
Contre (14) : Sébastien Huyghe, Graziella Melchior, Christine Le Nabour, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Aurore Bergé (ancien député), Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Moerani Frébault, Pauline Levasseur (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
Socialistes et apparentés 30 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (29) : Pascale Got, Marie Récalde, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Philippe Naillet, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Thierry Sother, Sandrine Runel, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Éric Pauget, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Jérôme Nury (ancien député)
Abstention (6) : Olivier Marleix (ancien député), Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Yannick Neuder, Justine Gruet, Antoine Vermorel
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Louis Roumégas
Contre (5) : Dominique Voynet, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco
Abstention (3) : Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Nicolas Bonnet
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Sandrine Josso, Josy Poueyto, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 21 dans le décompte
Contre (21) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Lise Magnier, Isabelle Rauch, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Vincent Thiébaut, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Xavier Albertini, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Félicie Gérard, Pierre Marle, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Isabelle Mesnard (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé, David Guerin (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Contre (3) : Paul Molac, Joël Bruneau, Constance de Pélichy
UDR 6 dans le décompte
Pour (6) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin