Votes · Scrutin n° 5163 · 26 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 109 de Mme Hadizadeh à l'article premier de la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Hadizadeh et 1 cosignataire (SOC) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les mineurs sont aujourd’hui exposés, sur les réseaux sociaux, à une pression commerciale continue : publicité ciblée, placements de produits, contenus de créateurs sponsorisés, recommandations algorithmiques orientant vers des produits ou services parfois inadaptés à leur âge. Cette exposition est d’autant plus problématique que les adolescents disposent d’outils limités pour identifier la nature publicitaire d’un contenu et prendre du recul face aux injonctions de consommation qui leur sont adressées.
Certains produits ou services, régimes extrêmes, compléments alimentaires non encadrés, contenus liés au dopage, jeux d’argent déguisés, paris sportifs, produits de vapotage, etc., peuvent avoir des effets particulièrement délétères sur la santé physique ou mentale des mineurs, en favorisant troubles du comportement, anxiété, addictions ou mise en danger.
Le présent amendement vise à fixer deux exigences simples de protection :
– les fournisseurs de services de réseaux sociaux doivent garantir que les mineurs ne sont pas soumis à une pression commerciale excessive ;
– la promotion de produits ou services susceptibles d’altérer la santé physique ou mentale des mineurs est proscrite sur les interfaces spécifiquement destinées à ce public.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 10, insérer les deux alinéas suivants :
« Les fournisseurs de services de réseaux sociaux garantissent que les mineurs ne sont pas exposés à une pression commerciale excessive.
La promotion de produits ou services susceptibles d’altérer la santé physique ou mentale des mineurs est proscrite sur les interfaces de réseaux sociaux spécifiquement destinées aux mineurs. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 11 scrutins publics, dont 2 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 18 novembre 2025 par Laure Miller (groupe Ensemble pour la République) et plusieurs collègues (texte déposé). Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 23 janvier 2026. Le texte définitif adopté le 21 juillet 2026 compte trois articles :
- Article 1er : interdiction d’accès des mineurs de moins de quinze ans aux réseaux sociaux en ligne, sauf encyclopédies en ligne, répertoires éducatifs ou scientifiques et plateformes de logiciels libres. Entrée en vigueur prévue le 1er septembre 2026, quatre mois plus tard pour les comptes déjà ouverts.
- Article 2 : le délit prévu à l’article 223-14 du code pénal peut entraîner une peine complémentaire (article 131-35-1). Selon le député Joël Bruneau (LIOT), il s’agit du délit de promotion de méthodes pour se donner la mort, désormais passible d’une peine de « bannissement numérique » (compte rendu).
- Article 3 : le téléphone portable est interdit au lycée comme au collège, avec des exceptions fixées par le règlement intérieur. Le projet d’école ou d’établissement comporte un volet sur le numérique et les écrans. Application à la rentrée 2026-2027.
Ce que ça change
L’interdiction des réseaux sociaux avant quinze ans ne s’applique pas : le Conseil constitutionnel a censuré l’article 1er (voir plus bas). Restent l’interdiction du portable au lycée depuis la rentrée 2026-2027, avec des règles particulières possibles pour les étudiants des lycées, et la nouvelle peine complémentaire. Le dossier législatif ne contient pas d’étude d’impact chiffrée.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, sept députés et sept sénateurs chargés d’un texte commun) par 279 voix contre 81 et 66 abstentions (scrutin n° 8431). La France insoumise a voté contre (63 voix). Les écologistes se sont partagés (19 pour, 7 contre, 7 abstentions), comme la Gauche démocrate et républicaine (6, 3 et 5). Les socialistes ont donné 30 voix pour et 28 abstentions ; au Rassemblement national, 14 députés se sont abstenus et 2 ont voté contre.
Les arguments, d’après le compte rendu de la séance :
- Arnaud Saint-Martin (LFI) estime que la vérification de l’âge signe « la fin de l’anonymat en ligne » et annonce un recours devant le Conseil constitutionnel.
- Laure Lavalette (RN) partage l’objectif mais juge que le texte « ne dit rien du comment » et menace les libertés publiques ; son groupe s’abstient.
- Arthur Delaporte (socialiste) regrette une interdiction « sèche et généralisée » et doute de son application ; il défend une approche graduelle.
- Soumya Bourouaha (GDR) parle d’une « loi d’affichage ».
- Pour le texte, la rapporteure Laure Miller (EPR) défend une interdiction générale sans liste, avec des exceptions, compatible avec le droit européen. Anne Genetet (EPR) affirme : « nous sommes le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ». La Droite républicaine, les Démocrates et Horizons ont annoncé un vote favorable ; Laurent Marcangeli (Horizons) salue « une règle que chaque famille peut comprendre ».
En première lecture, l’article 1er a concentré 11 des 38 scrutins publics du dossier (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par plus de soixante députés de La France insoumise (23 juillet) puis du groupe socialiste (24 juillet), le Conseil a rendu la décision n° 2026-911 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 1er pour atteinte à la liberté d’expression et de communication. L’interdiction vise tous les services, sans condition tenant à leurs fonctionnalités ou à leurs risques (§ 11 à 13), et ne permet pas aux parents de la lever ou de l’aménager (§ 15 et 16). Elle n’est donc pas « adaptée, nécessaire et proportionnée » (§ 18).
- Le Conseil relève aussi une atteinte à la vie privée : l’interdiction oblige toute personne, même majeure, à prouver son âge, sans que la loi fixe les conditions de cette vérification (§ 20 et 21).
- Aucune réserve d’interprétation. Les articles 2 et 3, non contestés, n’ont pas été examinés (§ 23).
Où en est le texte
La loi a été promulguée sans son article 1er : loi n° 2026-813 du 24 août 2026, publiée au Journal officiel du 25 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » (24/08/2026)
- Proposition de loi n° 2107 et exposé des motifs (18/11/2025)
- Texte définitif, T.A. n° 339 (21/07/2026)
- Rapport de la commission mixte paritaire n° 3069 (20/07/2026)
- Scrutin public n° 8431 sur l’ensemble (texte de la CMP) (21/07/2026)
- Scrutin public n° 5192 sur l’ensemble (première lecture) (26/01/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-911 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 37
- Contre
- 31
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 71
- Exprimés
- 68
- Majorité requise
- 35
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 26 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Abstention | 1 | 0 | 2 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 12 dans le décompte
Pour (11) : Marie-France Lorho, Julien Rancoule, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Emeric Salmon, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Claire Marais-Beuil, Sébastien Humbert
Non-votant (1) : Hélène Laporte
Ensemble pour la République 28 dans le décompte
Contre (26) : Éric Woerth (ancien député), Éric Bothorel, Olga Givernet, Graziella Melchior, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Camille Galliard-Minier (ancien député), Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Anne Genetet, Véronique Riotton, Natalia Pouzyreff, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Benoît Larrouquis, Nathalie Coggia, Marc Ferracci, Laure Miller, Vincent Caure
Abstention (1) : Sophie Panonacle
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Pour (13) : Sarah Legrain, Hadrien Clouet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, René Pilato, Mathilde Feld, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (10) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Arthur Delaporte, Valérie Rossi, Jacques Oberti, Julien Gokel (ancien député), Denis Fégné, Thierry Sother, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre
Les Démocrates 3 dans le décompte
Pour (1) : Romain Daubié
Abstention (2) : Erwan Balanant, Louise Morel
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Contre (2) : Thierry Benoit, Loïc Kervran (ancien député)
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Émeline K/Bidi
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin