Votes · Scrutin n° 5164 · 26 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 13 de M. Saint-Martin et l'amendement identique suivant à l'article premier de la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Saint-Martin et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe LFI réaffirme son opposition à l'interdiction des réseaux aux moins de 15 ans, qui est avant tout une mesure de communication tendant à faire croire que le Gouvernement s'est saisie du sujet.
Les raisons de notre opposition totale à cette mesure sont nombreuses (mesure liberticide affaiblissant la protection des données personnelles des utilisateurs, inapplicabilité de la mesure car facilement contournable avec l'usage de dispositifs techniques tels que les VPN, déplacement de la responsabilité de l'exposition aux contenus dangereux voires illicites des plateformes vers les utilisateurs…) et semblent être vérifiées empiriquement. L'exemple de l'Australie en la matière est particulièrement éclairant.
Le 28 novembre 2024 le Parlement australien a approuvé un texte visant à obliger les différentes plateformes de réseaux sociaux telles que X, TikTok, Instagram ou Facebook à prendre « des mesures raisonnables » pour interdire aux mineurs de moins de 16 ans de conserver ou de créer un compte, et à prévoir des amendes en cas de non-respect de cette obligation (environ 28 millions d'euros). […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la fin de l’alinéa 12, substituer à la date :
« 1er septembre 2026 »
la date :
« 1er septembre 2027 ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 11 scrutins publics, dont 2 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 18 novembre 2025 par Laure Miller (groupe Ensemble pour la République) et plusieurs collègues (texte déposé). Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 23 janvier 2026. Le texte définitif adopté le 21 juillet 2026 compte trois articles :
- Article 1er : interdiction d’accès des mineurs de moins de quinze ans aux réseaux sociaux en ligne, sauf encyclopédies en ligne, répertoires éducatifs ou scientifiques et plateformes de logiciels libres. Entrée en vigueur prévue le 1er septembre 2026, quatre mois plus tard pour les comptes déjà ouverts.
- Article 2 : le délit prévu à l’article 223-14 du code pénal peut entraîner une peine complémentaire (article 131-35-1). Selon le député Joël Bruneau (LIOT), il s’agit du délit de promotion de méthodes pour se donner la mort, désormais passible d’une peine de « bannissement numérique » (compte rendu).
- Article 3 : le téléphone portable est interdit au lycée comme au collège, avec des exceptions fixées par le règlement intérieur. Le projet d’école ou d’établissement comporte un volet sur le numérique et les écrans. Application à la rentrée 2026-2027.
Ce que ça change
L’interdiction des réseaux sociaux avant quinze ans ne s’applique pas : le Conseil constitutionnel a censuré l’article 1er (voir plus bas). Restent l’interdiction du portable au lycée depuis la rentrée 2026-2027, avec des règles particulières possibles pour les étudiants des lycées, et la nouvelle peine complémentaire. Le dossier législatif ne contient pas d’étude d’impact chiffrée.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, sept députés et sept sénateurs chargés d’un texte commun) par 279 voix contre 81 et 66 abstentions (scrutin n° 8431). La France insoumise a voté contre (63 voix). Les écologistes se sont partagés (19 pour, 7 contre, 7 abstentions), comme la Gauche démocrate et républicaine (6, 3 et 5). Les socialistes ont donné 30 voix pour et 28 abstentions ; au Rassemblement national, 14 députés se sont abstenus et 2 ont voté contre.
Les arguments, d’après le compte rendu de la séance :
- Arnaud Saint-Martin (LFI) estime que la vérification de l’âge signe « la fin de l’anonymat en ligne » et annonce un recours devant le Conseil constitutionnel.
- Laure Lavalette (RN) partage l’objectif mais juge que le texte « ne dit rien du comment » et menace les libertés publiques ; son groupe s’abstient.
- Arthur Delaporte (socialiste) regrette une interdiction « sèche et généralisée » et doute de son application ; il défend une approche graduelle.
- Soumya Bourouaha (GDR) parle d’une « loi d’affichage ».
- Pour le texte, la rapporteure Laure Miller (EPR) défend une interdiction générale sans liste, avec des exceptions, compatible avec le droit européen. Anne Genetet (EPR) affirme : « nous sommes le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans ». La Droite républicaine, les Démocrates et Horizons ont annoncé un vote favorable ; Laurent Marcangeli (Horizons) salue « une règle que chaque famille peut comprendre ».
En première lecture, l’article 1er a concentré 11 des 38 scrutins publics du dossier (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par plus de soixante députés de La France insoumise (23 juillet) puis du groupe socialiste (24 juillet), le Conseil a rendu la décision n° 2026-911 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 1er pour atteinte à la liberté d’expression et de communication. L’interdiction vise tous les services, sans condition tenant à leurs fonctionnalités ou à leurs risques (§ 11 à 13), et ne permet pas aux parents de la lever ou de l’aménager (§ 15 et 16). Elle n’est donc pas « adaptée, nécessaire et proportionnée » (§ 18).
- Le Conseil relève aussi une atteinte à la vie privée : l’interdiction oblige toute personne, même majeure, à prouver son âge, sans que la loi fixe les conditions de cette vérification (§ 20 et 21).
- Aucune réserve d’interprétation. Les articles 2 et 3, non contestés, n’ont pas été examinés (§ 23).
Où en est le texte
La loi a été promulguée sans son article 1er : loi n° 2026-813 du 24 août 2026, publiée au Journal officiel du 25 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » (24/08/2026)
- Proposition de loi n° 2107 et exposé des motifs (18/11/2025)
- Texte définitif, T.A. n° 339 (21/07/2026)
- Rapport de la commission mixte paritaire n° 3069 (20/07/2026)
- Scrutin public n° 8431 sur l’ensemble (texte de la CMP) (21/07/2026)
- Scrutin public n° 5192 sur l’ensemble (première lecture) (26/01/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-911 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 37
- Contre
- 87
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 124
- Exprimés
- 124
- Majorité requise
- 63
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 1 | 46 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 17 dans le décompte
Contre (17) : Marie-France Lorho, Jocelyn Dessigny, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Emeric Salmon, Monique Griseti, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Claire Marais-Beuil, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 48 dans le décompte
Pour (1) : Éric Bothorel
Contre (46) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Élisabeth Borne, Olga Givernet, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Camille Galliard-Minier (ancien député), Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Amélia Lakrafi, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Nicolas Metzdorf, Benoît Larrouquis, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Bastien Marchive, Pierre Cazeneuve, Marc Ferracci, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Pour (21) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Hadrien Clouet, François Piquemal, Sylvain Carrière, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Rodrigo Arenas, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Perceval Gaillard, René Pilato, Mathilde Feld, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (10) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Arthur Delaporte, Valérie Rossi, Jacques Oberti, Julien Gokel (ancien député), Denis Fégné, Thierry Sother, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Virginie Duby-Muller, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 3 dans le décompte
Pour (3) : Jérémie Iordanoff, Tristan Lahais, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Contre (3) : Erwan Balanant, Romain Daubié, Louise Morel
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Thierry Benoit, Laurent Marcangeli, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, Jean Moulliere (ancien député), Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Stéphane Viry, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Émeline K/Bidi
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Bernard Chaix, Bartolomé Lenoir, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin