Votes · Scrutin n° 5227 · 28 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 7 de M. Maurel et les amendements identiques suivants de suppression de l'article premier de la proposition de loi visant à moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l'État (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l'État Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Maurel et 15 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à s'opposer à la création d'une foncière s'inscrivant dans une perspective de liquidation du patrimoine public de l'État.
En effet, cette proposition de loi vise explicitement à réduire de façon significative le patrimoine de l'État. Ces trente dernières années ont montrée à quoi mènent les privatisations : des ventes à vil prix accompagnées d'une dégradation de la qualité du service rendue pour une contribution des usagers plus élevée.
Par ailleurs, les porteurs de cette proposition de loi invoquent le "mur de la rénovation énergétique" afin de justifier la nécessité d'une dissociation entre l'état propriétaire et l'état occupant. Pourtant autant, aucun élément n'accrédite l'idée que la création d'une foncière permettrait de rénover le parc immobilier de l'État.
Enfin, la forme choisie pour cette foncière, l'établissement public et commercial plutôt que l'établissement public administratif révèle la vision portée par les auteurs de ce texte. Il s'agit là de la traduction d'une vision comptable du patrimoine public déconnectée des besoins des agents et usagers du service public.
Pour toutes ces raisons, les députés du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine demandent la suppression de cet article.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 11 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée à l’Assemblée le 16 septembre 2025 par Thomas Cazenave (Ensemble pour la République) et, selon lui, « 150 députés issus de six groupes politiques différents » (texte déposé, séance du 28 janvier 2026). Procédure accélérée (une lecture par assemblée) engagée le 23 janvier 2026. Principales mesures, d’après le texte définitif :
- l’Agence de gestion de l’immobilier de l’État, une société anonyme, devient un établissement public industriel et commercial, l’« Établissement public immobilier et foncier de l’État » ;
- l’État et ses établissements publics peuvent lui transférer gratuitement des bâtiments, dont la liste est fixée par décret ; il les met ensuite à disposition des services par bail ou autorisation d’occupation ;
- il doit gérer, entretenir, rénover et valoriser ces biens, et peut les vendre « sans porter atteinte à la continuité du service public », après information des collectivités concernées ;
- son conseil d’administration comprend deux députés et deux sénateurs ; la part des capitaux privés dans ses filiales est plafonnée à 30 % ;
- les agents concernés lui sont mis à disposition pour trois ans au plus, leur régime futur étant fixé par ordonnance ;
- les transferts sont exonérés d’impôts et de droits, sauf l’impôt sur les sociétés, et certains biens sont exonérés de taxe foncière.
Ce que ça change
Les ministères occuperont les bâtiments transférés dans le cadre d’un contrat. L’exposé des motifs évoque le « paiement d’un loyer » et rappelle que le patrimoine de l’État représente 96 millions de mètres carrés avec un objectif de réduction de 25 % du parc d’ici 2032 (exposé des motifs). La transformation de l’agence doit intervenir au plus tard le 1er janvier 2027. Selon le ministre David Amiel, elle débutera par « le bâti tertiaire de l’État sur certains territoires » (séance du 21 juillet 2026).
Ce qui est contesté
En première lecture, le 28 janvier 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 77 voix contre 22 (scrutin n° 5240). Le texte final a été adopté le 21 juillet 2026 par 276 voix contre 86 (scrutin n° 8434). Contre : LFI-NFP (49), Écologiste et Social (26) et GDR (11). Pour : RN, EPR, Socialistes (26 pour, 2 abstentions), Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR.
- Pour LFI-NFP, Shéhérazade Bentorki estime que le texte « installe la logique du marché en son cœur et transforme la puissance publique en locataire de son propre patrimoine ».
- Pour Écologiste et Social, Arnaud Bonnet y voit une « financiarisation » de l’immobilier de l’État et juge que la commission mixte paritaire « n’a pas corrigé cette trajectoire ; elle l’a scellée ».
- Pour GDR, Emmanuel Maurel indique que son groupe s’oppose à un texte « qui tend à faire gérer les biens de l’État comme des intérêts privés ».
- Le rapporteur Thomas Cazenave soutient que « ce texte ne conduira pas à la privatisation de l’immobilier public ». Pour le RN, Kévin Mauvieux revendique le choix d’un établissement public plutôt que d’une société (compte rendu du 21 juillet 2026).
- Selon nos données, l’article 1er a concentré 11 des 15 scrutins publics.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juillet 2026 par plus de soixante députés du groupe LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2026-913 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et il n’y a pas de réserve d’interprétation. Il juge conformes :
- l’exonération de taxe foncière : la différence avec les autres propriétaires repose sur des critères objectifs (§ 15 et 16) et la perte de recettes des collectivités n’entrave pas leur libre administration (§ 19) ;
- l’exonération d’impôts des transferts, qui vise la « neutralité fiscale » de l’opération (§ 29 à 32), et le renvoi à un décret pour la liste des biens (§ 35).
Où en est le texte
Loi n° 2026-795 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026. Selon le baromètre de l’Assemblée, le décret qui fixe notamment la date de transformation de l’agence est en attente, avec une publication envisagée en février 2027 (dossier législatif).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1796 et exposé des motifs (16/09/2025)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 341) (21/07/2026)
- Scrutin n° 5240 (première lecture) (28/01/2026)
- Scrutin n° 8434 (texte de la commission mixte paritaire) (21/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 28 janvier 2026 (28/01/2026)
- Compte rendu de la séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-913 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 10
- Contre
- 51
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 3
- Votants
- 62
- Exprimés
- 61
- Majorité requise
- 31
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 1 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 22 dans le décompte
Contre (22) : Marie-France Lorho, Jordan Guitton, Gisèle Lelouis, José Gonzalez, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Thierry Frappé, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Eddy Casterman, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Sylvie Josserand (ancien député), Claire Marais-Beuil, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Julien Limongi
Ensemble pour la République 13 dans le décompte
Contre (12) : Corinne Vignon, Nicole Dubré-Chirat, Amélia Lakrafi, Pieyre-Alexandre Anglade, Olivia Grégoire, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Sandrine Lalanne, Paul Midy, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 7 dans le décompte
Pour (7) : Murielle Lepvraud, Mathilde Hignet, Élise Leboucher, Jérôme Legavre, Aurélien Le Coq, Zahia Hamdane, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 5 dans le décompte
Contre (4) : Gérard Leseul, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Sandrine Runel
Abstention (1) : Peio Dufau
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Véronique Louwagie (ancien député), Nicolas Tryzna
Écologiste et Social 1 dans le décompte
Pour (1) : Julie Ozenne
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (5) : Geneviève Darrieussecq, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Maud Petit, Louise Morel
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Contre (1) : François Jolivet
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Stéphane Peu, Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Non-votant (1) : Stéphanie Rist (ancien député)
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin