Votes · Scrutin n° 5232 · 28 janvier 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 14 de Mme Pantel à l'article premier de la proposition de loi visant à moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l'État (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Moderniser la gestion du patrimoine immobilier de l'État Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pantel et 68 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du Groupe Socialistes et apparentés vise à inscrire la pérennité de la valeur du patrimoine de l’Etat comme mission pour la foncière.
En effet, la création de cette foncière a vocation à concourir à une meilleure gestion du patrimoine de l’Etat, et non à son externalisation. Fixer comme objectif la pérennisation ou la hausse de la valeur du patrimoine de la foncière permet de s’assurer que les produits des éventuelles cessions concourent bien à la rénovation du patrimoine existant ou à l’acquisition de nouveaux actifs nécessaires pour le service public.
Cet amendement permet dès lors de s’assurer que le présent EPIC contribue, notamment grâce aux bonnes pratiques de gestion qu’il est censé mettre en œuvre, à la constitution d’un patrimoine pérenne pour l’Etat, richesse collective des générations futures, et non à la vente à la découpe des “bijoux de famille”.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 13, insérer l’alinéa suivant :
« 2° bis De maintenir une valorisation du patrimoine de la foncière stable ou en hausse ; ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 11 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée à l’Assemblée le 16 septembre 2025 par Thomas Cazenave (Ensemble pour la République) et, selon lui, « 150 députés issus de six groupes politiques différents » (texte déposé, séance du 28 janvier 2026). Procédure accélérée (une lecture par assemblée) engagée le 23 janvier 2026. Principales mesures, d’après le texte définitif :
- l’Agence de gestion de l’immobilier de l’État, une société anonyme, devient un établissement public industriel et commercial, l’« Établissement public immobilier et foncier de l’État » ;
- l’État et ses établissements publics peuvent lui transférer gratuitement des bâtiments, dont la liste est fixée par décret ; il les met ensuite à disposition des services par bail ou autorisation d’occupation ;
- il doit gérer, entretenir, rénover et valoriser ces biens, et peut les vendre « sans porter atteinte à la continuité du service public », après information des collectivités concernées ;
- son conseil d’administration comprend deux députés et deux sénateurs ; la part des capitaux privés dans ses filiales est plafonnée à 30 % ;
- les agents concernés lui sont mis à disposition pour trois ans au plus, leur régime futur étant fixé par ordonnance ;
- les transferts sont exonérés d’impôts et de droits, sauf l’impôt sur les sociétés, et certains biens sont exonérés de taxe foncière.
Ce que ça change
Les ministères occuperont les bâtiments transférés dans le cadre d’un contrat. L’exposé des motifs évoque le « paiement d’un loyer » et rappelle que le patrimoine de l’État représente 96 millions de mètres carrés avec un objectif de réduction de 25 % du parc d’ici 2032 (exposé des motifs). La transformation de l’agence doit intervenir au plus tard le 1er janvier 2027. Selon le ministre David Amiel, elle débutera par « le bâti tertiaire de l’État sur certains territoires » (séance du 21 juillet 2026).
Ce qui est contesté
En première lecture, le 28 janvier 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 77 voix contre 22 (scrutin n° 5240). Le texte final a été adopté le 21 juillet 2026 par 276 voix contre 86 (scrutin n° 8434). Contre : LFI-NFP (49), Écologiste et Social (26) et GDR (11). Pour : RN, EPR, Socialistes (26 pour, 2 abstentions), Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR.
- Pour LFI-NFP, Shéhérazade Bentorki estime que le texte « installe la logique du marché en son cœur et transforme la puissance publique en locataire de son propre patrimoine ».
- Pour Écologiste et Social, Arnaud Bonnet y voit une « financiarisation » de l’immobilier de l’État et juge que la commission mixte paritaire « n’a pas corrigé cette trajectoire ; elle l’a scellée ».
- Pour GDR, Emmanuel Maurel indique que son groupe s’oppose à un texte « qui tend à faire gérer les biens de l’État comme des intérêts privés ».
- Le rapporteur Thomas Cazenave soutient que « ce texte ne conduira pas à la privatisation de l’immobilier public ». Pour le RN, Kévin Mauvieux revendique le choix d’un établissement public plutôt que d’une société (compte rendu du 21 juillet 2026).
- Selon nos données, l’article 1er a concentré 11 des 15 scrutins publics.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juillet 2026 par plus de soixante députés du groupe LFI-NFP, le Conseil a rendu la décision n° 2026-913 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et il n’y a pas de réserve d’interprétation. Il juge conformes :
- l’exonération de taxe foncière : la différence avec les autres propriétaires repose sur des critères objectifs (§ 15 et 16) et la perte de recettes des collectivités n’entrave pas leur libre administration (§ 19) ;
- l’exonération d’impôts des transferts, qui vise la « neutralité fiscale » de l’opération (§ 29 à 32), et le renvoi à un décret pour la liste des biens (§ 35).
Où en est le texte
Loi n° 2026-795 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026. Selon le baromètre de l’Assemblée, le décret qui fixe notamment la date de transformation de l’agence est en attente, avec une publication envisagée en février 2027 (dossier législatif).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 1796 et exposé des motifs (16/09/2025)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 341) (21/07/2026)
- Scrutin n° 5240 (première lecture) (28/01/2026)
- Scrutin n° 8434 (texte de la commission mixte paritaire) (21/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 28 janvier 2026 (28/01/2026)
- Compte rendu de la séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-913 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 18
- Contre
- 26
- Abstention
- 30
- Non-votant
- 3
- Votants
- 74
- Exprimés
- 44
- Majorité requise
- 23
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Abstention | 0 | 0 | 23 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 16 membres | Abstention | 0 | 0 | 6 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 1 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 23 dans le décompte
Abstention (23) : Marie-France Lorho, Jordan Guitton, Gisèle Lelouis, José Gonzalez, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Edwige Diaz (ancien député), Thierry Frappé, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Sylvie Josserand (ancien député), Claire Marais-Beuil, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 19 dans le décompte
Contre (18) : Brigitte Klinkert, Guillaume Kasbarian, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Amélia Lakrafi, Pieyre-Alexandre Anglade, Olivia Grégoire, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Sandrine Lalanne, Paul Midy, Catherine Ibled, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Pour (9) : Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Aurélien Le Coq, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (7) : Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Fabrice Barusseau, Jacques Oberti, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Sandrine Runel
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Véronique Louwagie (ancien député)
Écologiste et Social 2 dans le décompte
Pour (2) : Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (5) : Sophie Mette, Perrine Goulet, Jean-Paul Mattei, Mickaël Cosson, Louise Morel
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Contre (1) : François Jolivet
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Emmanuel Maurel
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Abstention (6) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Non-votant (1) : Stéphanie Rist (ancien député)
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin