Votes · Scrutin n° 5325 · 5 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 7 de M. Tavel à l'article 2 de la proposition de loi visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Tavel et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement de repli du groupe LFI vise à garantir la possibilité pour l'Etat de prescrire l'exécution de travaux aux exploitants des barrages
Il vise ainsi à maintenir la capacité pour l’Etat à garder la maitrise publique des travaux à réaliser sur les ouvrages hydroélectriques. Il en va des questions de sécurité des installations, comme de la planification énergétique du pays.
L’hydroélectricité constitue un enjeu majeur de souveraineté énergétique pour notre pays. Son développement comme la maintenance de ses installations doivent donc pouvoir être décidés et pilotés par la puissance publique, et non laissés au seul bon vouloir des exploitant.
Dans le contexte particulier de l’électrification des usages et du développement des autres énergies renouvelables, l’hydroélectricité est en effet une énergie clé, pilotable et décarbonée, et qui constitue le meilleur moyen de stockage de l’électricité. En privant la possibilité pour l’Etat de planifier les travaux et les extensions du parc existant, la proposition de loi abandonne notamment la décision de construire des STEP aux questions de rentabilité financière des exploitants. Et ce alors même que la situation financière d’EDF et son projet d’investissement dans le nouveau nucléaire et le grand carénage, laissent craindre des arbitrages défavorables à l’hydroélectricité avec un tel régime d’exploitation.
Une telle situation acterait également une profonde inégalité entre les différentes sources d’énergie. Ainsi l’Etat conserverait la possibilité de déterminer les plans de développement du nucléaire, mais en serait privé pour l’hydroélectricité et la construction des STEP.
Nous refusons un tel renoncement à l’hydroélectricité, et c’est l’objet de cet amendement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 5, supprimer les mots :
« l’exécution de travaux, ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 5 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 13 janvier 2026 par Marie-Noëlle Battistel (socialistes) et Philippe Bolo (Démocrates), examinée en procédure accélérée. Selon son exposé des motifs, elle traduit un accord de principe conclu en 2025 entre le Gouvernement et la Commission européenne, qui reprochait à la France de ne pas remettre en concurrence les concessions échues et contestait la position d’EDF sur le marché. D’après le texte final, la loi :
- résilie les contrats de concession des installations hydroélectriques de plus de 4,5 mégawatts, hors concession du Rhône ;
- attribue aux exploitants actuels un « droit réel » de soixante-dix ans sur les ouvrages, qui restent propriété de l’État, avec une autorisation d’exploiter ;
- oblige EDF à mettre à disposition d’autres entreprises, par enchères contrôlées par la Commission de régulation de l’énergie, une capacité « virtuelle » initialement fixée à 6 gigawatts, pendant vingt ans ; le prix de réserve tient compte des coûts de production (article 12) ;
- crée une redevance au profit de l’État et une fiscalité locale propre à ce nouveau régime, et maintient le statut des salariés des industries électriques et gazières.
Ce que ça change
Selon l’exposé des motifs, le parc repose sur 340 contrats de concession et a couvert près de 13 % des besoins d’électricité en 2023 ; au moins 1,5 gigawatt de nouvelles stations de pompage serait à mettre en service d’ici 2035. Les auteurs estiment à dix-huit mois la procédure de bascule des concessions vers le nouveau régime. La loi entre en vigueur à une date fixée par décret, au plus tard le 1er septembre 2026. Le baromètre de l’Assemblée prévoit des décrets d’application entre octobre 2026 et mai 2027.
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (CMP, accord entre députés et sénateurs) a été adopté le 17 juin 2026 par 290 voix contre 59 (scrutin n° 7409). Contre : La France insoumise (59). Abstention : Rassemblement national (84) et écologistes (32). Pour : Ensemble pour la République (75), socialistes (60), Droite républicaine (36), Horizons (34), Démocrates (29), LIOT (18), UDR (17), Gauche démocrate et républicaine (16). En première lecture, le 5 février, le vote avait été de 56 voix contre 8 (scrutin n° 5354).
Pour LFI, Matthias Tavel estime que le texte « organise la dépossession de l’État pour soixante-dix ans » et défend une « quasi-régie » publique. Lionel Tivoli explique l’abstention du RN par l’article 12, « une véritable ligne rouge », qu’il compare à l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh). Julie Laernoes (écologistes) préférait aussi la quasi-régie mais reconnaît que le texte permet d’engager les investissements. Julien Brugerolles (Gauche démocrate et républicaine) le juge « la moins mauvaise des solutions ».
Pour la rapporteure Marie-Noëlle Battistel, il n’y a « aucune privatisation : la propriété des ouvrages reste à l’État français ». La ministre Maud Bregeon évoque la fin de « quinze années d’impasse » et de plusieurs milliards d’euros d’investissement gelés. Jean-Luc Fugit (EPR) et Vincent Rolland (Droite républicaine) soulignent la sécurité juridique rendue aux exploitants.
L’article 12 sur les capacités d’EDF a été le plus disputé : 14 scrutins publics en première lecture, et un vote de l’article par 81 voix contre 62 (scrutin n° 5340).
Où en est le texte
Promulgué : loi n° 2026-554 du 29 juin 2026 visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique, publiée au Journal officiel du 30 juin 2026. Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité » (30/06/2026)
- Proposition de loi n° 2334 rectifié et exposé des motifs (13/01/2026)
- Texte adopté n° 317 (texte de la commission mixte paritaire) (17/06/2026)
- Sénat, dossier législatif de la proposition de loi n° 359 (2025-2026) (16/06/2026)
- Compte rendu de la première séance du 17 juin 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (17/06/2026)
- Scrutin public n° 5340 sur l’article 12 (première lecture) (05/02/2026)
- Scrutin public n° 5354 sur l’ensemble (première lecture) (05/02/2026)
- Scrutin public n° 7409 sur l’ensemble (texte de la CMP) (17/06/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 11
- Contre
- 56
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 3
- Votants
- 68
- Exprimés
- 67
- Majorité requise
- 34
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| EPR 92 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| DR 49 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 10 dans le décompte
Contre (10) : Lionel Tivoli, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Alexandre Sabatou, Anaïs Sabatini, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Maxime Amblard, David Magnier
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Contre (18) : Éric Woerth (ancien député), Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Sophie Panonacle, Guillaume Gouffier Valente, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Françoise Buffet, Caroline Yadan, Nathalie Coggia, Bastien Marchive
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Pour (9) : Jean-Hugues Ratenon, Laurent Alexandre, Christophe Bex, Matthias Tavel, Sylvie Ferrer, Jean-François Coulomme, Alma Dufour, Sandrine Nosbé, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 12 dans le décompte
Contre (12) : Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Iñaki Echaniz, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Peio Dufau, Sandrine Runel
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Guillaume Lepers (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup
Écologiste et Social 2 dans le décompte
Pour (2) : Léa Balage El Mariky, Julie Ozenne
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Sophie Mette, Sabine Thillaye, Philippe Bolo (ancien député), Josy Poueyto, Louise Morel, Frantz Gumbs
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (4) : Lise Magnier, Michel Criaud, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Julien Brugerolles
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin