Votes · Scrutin n° 5765 · 26 février 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 238 du Gouvernement après l'article 11 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 11
- Texte
- Projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Il est proposé de clarifier la rédaction de l’article précisant le statut des agents pouvant effectuer des contrôles de la formation professionnelle et de leur permettre de recourir aux méthodes de vérification par échantillonnage et de pouvoir faire publier les sanctions les plus graves.
En effet, le code du travail prévoit déjà la possibilité de réaliser des contrôles partiels pour les agents de contrôle. Toutefois les constats opérés dans le cadre de ces contrôles partiels ne peuvent que motiver des sanctions relatives à ces actions, dont les demandes de reversements.
Or, notamment lors des contrôles de CFA, les agents de contrôle sont confrontés à des organismes qui peuvent compter plusieurs centaines d’apprenants, ce qui peut conduire à allonger considérablement les délais d’instruction au regard du nombre de pièces à vérifier, si l’agent entend sanctionner un nombre important de manquements.
Il est donc proposé, comme pour les contrôles fiscaux ou réalisés par l’URSSAF de permettre aux agents de contrôle de recourir aux méthodes de vérification par échantillonnage, afin de pouvoir extrapoler les résultats à l’ensemble de l’assiette des actions de l’organisme.
Comme pour les contrôles précédemment cités, ces méthodes seront définies par décret en Conseil d’Etat et feront l’objet d’une communication avec la personne contrôlée, en indiquant les modalités de la mise en œuvre de ces méthodes, les formules statistiques utilisées pour leur application et les textes de références.
Cette mesure permettrait des contrôles plus rapides et serait source de simplification également pour les structures, qui n’aurait qu’un nombre limité de justificatifs à fournir. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le titre VI du livre III de la sixième partie du code du travail est ainsi modifié :
1° À l’intitulé du chapitre premier, le mot : « fonctionnaires » est remplacé par le mot : « agents » ;
2° Le second alinéa de l’article L. 6361‑3 est complété par une phrase ainsi rédigée : « Les agents chargés du contrôle peuvent utiliser une méthode de vérification par échantillonnage et extrapolation afin d’établir les montants devant faire l’objet de versement au titre des opérations de contrôle mentionnées au chapitre II du présent titre. » ;
3° Au premier alinéa de l’article L. 6361‑5, les mots : « de la fonction publique de l’État de » sont remplacés par les mots : « publics occupant des emplois relevant de la » ;
4° La section 3 du chapitre II est complétée par un article L. 6362‑12‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 6362‑12‑1. – Les décisions prises en application du 3° ou du 4° de l’article L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 14 octobre 2025 par Jean-Pierre Farandou (Travail), Stéphanie Rist (Santé) et Amélie de Montchalin (Comptes publics), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée). Son exposé des motifs l’organise autour de trois axes : « mieux prévenir et détecter, mieux lutter et sanctionner, mieux recouvrer ». Parmi les mesures initiales :
- plus d’échanges d’informations entre fisc, douanes, caisses de sécurité sociale et départements ;
- un cadre pour les données de santé traitées par les complémentaires santé ;
- la géolocalisation obligatoire des ambulances et taxis conventionnés ;
- le versement des allocations chômage sur un compte en France ou dans la zone de paiement en euros ;
- une « flagrance sociale » pour recouvrer plus vite les sommes dues en cas de travail dissimulé.
Le Parlement y a ajouté d’autres mesures, dont la suspension conservatoire de prestations en cas de soupçon de fraude, selon la décision du Conseil constitutionnel.
Ce que ça change
Allocataires, professionnels de santé, entreprises et complémentaires santé sont concernés. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, le manque à gagner lié au travail dissimulé dans le privé non agricole est estimé entre 6,0 et 7,8 milliards d’euros par an ; 1,6 milliard a été redressé en 2024, mais 121 millions seulement ont été recouvrés. Plusieurs mesures nécessitent des décrets.
Ce qui est contesté
Le 5 mai 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 335 voix contre 182 et 5 abstentions (scrutin n° 6319). Contre : Socialistes (64), LFI (60), Écologiste et social (34), GDR (16) et 7 LIOT. Pour : RN (109), Ensemble pour la République (79), Droite républicaine (48), Les Démocrates (34), Horizons (33), UDR (16) et 10 LIOT.
Selon le compte rendu de la séance, Sandrine Runel (Socialistes) estime que « ce texte met fin à la présomption d’innocence et au droit à un procès équitable. » Christine Arrighi (Écologiste et social) résume : « Ce texte punit avant de juger. » Emmanuel Maurel (GDR) juge que le texte « risque de ne pénaliser que les pauvres, les chômeurs, les malades ». Mathilde Feld (LFI) reproche à la majorité d’avoir rejeté « toutes les mesures structurantes » contre la fraude fiscale.
Pour le Gouvernement, le ministre David Amiel indique que « 64 % des montants de la fraude sociale proviennent de la fraude aux cotisations des entreprises ». Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) soutient : « Tolérer la fraude n’a jamais protégé les faibles ; la combattre, oui ! » Laurent Mazaury annonce que LIOT votera « majoritairement » pour. Antoine Valentin (UDR) estime que le texte « va trop timidement dans le bon sens ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 18 et 19 mai 2026 par des députés socialistes, des députés LFI, écologistes et GDR, et des sénateurs, le Conseil a rendu le 18 juin 2026 la décision n° 2026-904 DC. Censurés :
- les articles 10 (expertise comptable), 12 (identifiant des associations) et 32 (informations du parquet financier au renseignement), « cavaliers législatifs » ajoutés par amendement sans lien avec le projet initial (§ 212 à 219) ;
- dans l’article 21, le recours à un « intermédiaire » pour les échanges de données entre Assurance maladie et complémentaires, faute de garanties pour la vie privée (§ 42 à 44).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture du texte) :
- l’accès des agents de préfecture au répertoire des prestations sociales est limité à ceux qui instruisent des titres (§ 20) ;
- le droit d’obtenir des informations auprès de tiers est réservé aux agents spécialement désignés des CPAM, CAF et MSA (§ 74) ;
- les remboursements et retenues ne doivent pas priver une personne de « moyens convenables d’existence » (§ 119 et 144) ;
- France Travail ne peut traiter les données de connexion qu’en présence d’« indices sérieux » de fraude (§ 162) ;
- la suspension conservatoire des paiements doit préserver la prise en charge des soins essentiels (§ 208).
Où en est le texte
La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 a été publiée au Journal officiel du 26 juin 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 24 (2025-2026), Sénat (14 octobre 2025)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 6319 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (5 mai 2026)
- Compte rendu de la séance du 5 mai 2026, Assemblée nationale (5 mai 2026)
- Décision n° 2026-904 DC, Conseil constitutionnel (18 juin 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (25 juin 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 28
- Contre
- 15
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 3
- Votants
- 47
- Exprimés
- 43
- Majorité requise
- 22
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 92 membres | Pour | 11 | 2 | 0 | 2 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 1 | 0 | 4 | 0 | |
| DR 49 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 10 dans le décompte
Pour (9) : Jocelyn Dessigny, Julien Rancoule, Timothée Houssin, Christine Loir, Anaïs Sabatini, Marine Hamelet, Claire Marais-Beuil, Théo Bernhardt, Matthias Renault
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Pour (11) : François Cormier-Bouligeon, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Nicole Dubré-Chirat, Jean-Luc Fugit, Nicolas Metzdorf, Sandrine Lalanne, Catherine Ibled, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Contre (2) : Annie Vidal, Anthony Brosse
Non-votant (2) : Stéphanie Rist (ancien député), Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Contre (10) : Bastien Lachaud, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Mathilde Hignet, Ersilia Soudais, Arnaud Le Gall, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Mathilde Feld
Socialistes et apparentés 5 dans le décompte
Pour (1) : Joël Aviragnet
Abstention (4) : Arthur Delaporte, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Denis Fégné
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Pour (6) : Patrick Hetzel, Jean-Louis Thiériot, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Nicolas Ray, Alix Fruchon
Écologiste et Social 2 dans le décompte
Contre (2) : Jérémie Iordanoff, Tristan Lahais
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Pour (1) : Félicie Gérard
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Stéphane Peu
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin