Votes · Scrutin n° 590 · 22 janvier 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 218 du Gouvernement à l'article premier du projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cette habilitation à légiférer par ordonnance permettra au Gouvernement de transposer les dispositions de la directive 2024/1619 du 31 mai 2024 dite « CRD6 » modifiant la directive 2013/36/UE (« CRD » – Capital Requirements Directive) en ce qui concerne les pouvoirs de surveillance, les sanctions, les succursales de pays tiers et les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Une partie des règles prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d’investissement sont totalement harmonisées par la voie du règlement (UE) n° 575/2013 dit « CRR » (Capital Requirements Regulation), à l’instar des exigences de capital et de liquidité. Toutefois, les outils et procédures de surveillance du secteur bancaire peuvent varier d’un État membre à l’autre, dans la limite du cadre établi par la directive 2013/36/UE dite « CRD », ce qui soulève des enjeux de concurrence équitable entre entreprises et de comparabilité des pratiques entre autorités au sein de l’Union bancaire. La nouvelle directive « CRD6 » vise ainsi à introduire un niveau supplémentaire d’harmonisation en matière d’exigences prudentielles et de supervision bancaire et à réduire la fragmentation réglementaire mentionnée.
Le Gouvernement estime opportun de conduire cette transposition par voie d’ordonnance au regard de la nature technique des dispositions à transposer, des marges de manœuvre minimales laissées par la directive dans l’appréciation des modalités de transposition par les Etats membres et du caractère anticipé et maîtrisé des impacts de cette transposition auprès des entreprises assujetties. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 75, insérer les deux alinéas suivants :
« II bis. – Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement est habilité à prendre par ordonnance, dans un délai de douze mois à compter de la publication de la présente loi, les mesures relevant du domaine de la loi nécessaires pour modifier les dispositions du code monétaire et financier et, le cas échéant, celles d’autres codes et lois, en vue de transposer en droit français la directive (UE) 2024/1619 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2024 modifiant la directive 2013/36/UE en ce qui concerne les pouvoirs de surveillance, les sanctions, les succursales de pays tiers et les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement déposé le 31 octobre 2024, en procédure accélérée. Ce texte « Ddadue » adapte le droit français à des directives et règlements européens récents. Selon la ministre Clara Chappaz, il comptait au départ « quarante-deux articles ». D’après le texte final et l’exposé des motifs, il contient notamment :
- une réforme des actions de groupe (recours en justice collectif mené par une association pour plusieurs victimes d’un même professionnel) : associations agréées, ou déclarées depuis deux ans pour faire cesser un manquement, et « sanction civile » en cas de faute intentionnelle ayant causé des dommages en série ;
- le report de deux ans des obligations de publication d’informations de durabilité (directive CSRD) pour les entreprises qui n’y sont pas encore soumises ;
- un accès au registre des bénéficiaires effectifs des sociétés réservé aux personnes justifiant d’un « intérêt légitime », à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2022 ;
- une dispense de dérogation « espèces protégées » pour les projets qui prévoient des mesures d’évitement, de réduction et un suivi (article 23) ;
- des mesures sur les transports (contrats pluriannuels d’aéroports portés jusqu’à dix ans, carburants d’aviation durables), l’énergie, la santé et le séjour des étrangers.
Ce que ça change
Pour les entreprises, la date de première publication d’un rapport de durabilité passe de 2025 à 2027 et de 2026 à 2028 selon les catégories (article 7 A). Selon David Taupiac (LIOT), étaient visées les entreprises de plus de 250 salariés dès 2026 et les PME cotées dès 2027. La mesure prévoyant d’avancer à 2035 la fin de la vente des voitures neuves thermiques (article 35 du projet) a été supprimée, ce dont se sont félicités la rapporteure Danielle Brulebois (EPR) et le RN.
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (CMP, accord entre députés et sénateurs) a été adopté le 2 avril 2025 par 63 voix contre 42 (scrutin n° 1203). Contre : La France insoumise (24), écologistes (15), Gauche démocrate et républicaine (3). Abstention : Rassemblement national (37), socialistes (12), UDR (4). Pour : Ensemble pour la République (29), Horizons (14), Droite républicaine (8), Démocrates (6), LIOT (4).
Julie Ozenne (écologistes) parle d’un « nouveau cheval de Troie législatif » et estime que l’amendement sur les espèces protégées permet à « n’importe quel projet » de contourner la directive « habitats ». Pour LFI, Sylvie Ferrer juge que cette disposition peut « potentiellement menacer des espèces protégées ». Nicolas Sansu (Gauche démocrate et républicaine) critique un « texte fourre-tout » et les contrats d’aéroports de dix ans, que l’Europe n’exigeait pas selon lui. Timothée Houssin explique l’abstention du RN par les modifications obtenues, dont la suppression de l’article 35.
Pour les partisans, Olivier Becht (EPR) affirme que le texte se contente « d’instituer ce que nous demandaient les directives » et que, sans exemptions, « on ne pourrait plus installer d’éoliennes ». Xavier Roseren (Horizons) voit dans la réforme des actions de groupe une « réponse pragmatique et équilibrée ». Les 18 scrutins publics de première lecture se répartissent sur une dizaine d’articles, sans qu’aucun n’en concentre plus de trois.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 8 avril 2025 par des députés écologistes et LFI, le Conseil a jugé la procédure d’adoption conforme, sans censure ni réserve (décision n° 2025-879 DC du 29 avril 2025). Les requérants contestaient seulement la place de l’article 23 (espèces protégées), qu’ils jugeaient introduit comme « cavalier législatif », c’est-à-dire sans lien avec le texte initial (§ 1 à 3). Le Conseil relève que cet ajout du Sénat présente « un lien direct » avec l’article 25 du projet initial, qui visait déjà les installations d’énergies renouvelables (§ 6 à 8). Il ne s’est pas prononcé sur le fond des autres articles (§ 9).
Où en est le texte
Promulgué : loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne » (30/04/2025)
- Projet de loi n° 529 et exposé des motifs (31/10/2024)
- Texte adopté n° 87 (texte de la commission mixte paritaire) (02/04/2025)
- Sénat, dossier législatif du projet de loi n° 352 (2024-2025) (10/03/2025)
- Compte rendu de la première séance du 2 avril 2025 (lecture des conclusions de la CMP) (02/04/2025)
- Scrutin public n° 1203 sur l’ensemble (texte de la CMP) (02/04/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-879 DC (29/04/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 24
- Contre
- 28
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 8
- Votants
- 52
- Exprimés
- 52
- Majorité requise
- 27
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 4 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 6 | 1 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 14 dans le décompte
Contre (14) : Timothée Houssin, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Arnaud Sanvert (ancien député), Matthias Renault, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 16 dans le décompte
Pour (12) : Florent Boudié (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Sandrine Le Feur, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Stéphane Buchou, Gabriel Attal, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Sophie Delorme Duret (ancien député)
Non-votant (4) : Gérald Darmanin (ancien député), Élisabeth Borne, Yaël Braun-Pivet, Aurore Bergé (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 6 dans le décompte
Contre (6) : Murielle Lepvraud, Matthias Tavel, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Karen Erodi, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (6) : Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Florence Herouin-Léautey
Contre (1) : Thierry Sother
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Gosselin, Vincent Jeanbrun (ancien député)
Non-votant (3) : Xavier Breton, Véronique Louwagie (ancien député), Yannick Neuder
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Contre (5) : Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Lisa Belluco, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 2 dans le décompte
Pour (2) : Laurent Croizier, Emmanuel Mandon
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Pour (1) : Vincent Thiébaut
Non-votant (1) : Laurent Marcangeli
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Karine Lebon
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Marc Chavent
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin