Votes · Scrutin n° 593 · 22 janvier 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 15 de M. Cernon à l'article 3 du projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes (première lecture).
Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3
Amendement déposé par M. Cernon et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, nous proposons de consolider les sanctions pécuniaires en cas de preuve de blanchiment sur les produits paneuropéens d’épargne-retraite individuelle (PEPP).
En effet, nous ne comprenons pas pourquoi l'Autorité des Marchés Financiers devrait, lorsqu'elle constate un manquement, s'aligner sur un plafond de sanctions aussi bas, en pourcentage du chiffre d'affaires des OPCVM (ces "organismes de placement collectif en valeurs mobilières", qui se chargent de placer les fonds des épargnants sur les marchés financiers). La déliquance en col-blanc est mal-nommée quand elle est criminelle, qu'elle repose sur des montages financiers complexes, qu'elle fructifie sur la drogue et toutes sortes de réseaux criminels, mais qu'elle est l'apanage d'une oligarchie parfaitement informée, privilégiée et armée juridiquement. Pour des faits aussi graves que le blanchiment d'argent ou le financement du terrorisme, nous voudrions intensifier les sanctions prévues et contribuer à la fin de l'impunité financière.
Ces produits avaient été créés dans une perspective de "plan d'épargne retraite européen", les inégalités étant considérables d'un État-membre à l'autre. Surtout, produit d’épargne à long terme, le PEPP représente un outil de financement des entreprises. Les montants placés sur ce type de contrat permettent de financer à long terme de nombreux projets européens destinés aux sociétés privées, mais aussi de porter un produit d'épargne d'un État-membre à l'autre. S'ils permettent de bonnes rémunérations, ces produits, plus attractifs, peuvent être utilisés pour blanchir des capitaux, contribuant ainsi au rendement de manière immorale et inacceptable. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la première phrase de l’alinéa 5, substituer aux mots :
« peut prononcer, soit à la place, soit »
les mots :
« prononce, ».
II. – En conséquence, à la même première phrase du même alinéa 5, substituer au pourcentage :
« 10 % »
le pourcentage :
« 25 % ».
III. – En conséquence, à la deuxième phrase du même alinéa 5, substituer au pourcentage :
« 10 % »
le pourcentage :
« 25 % ».
IV. – En conséquence, à l’alinéa 9, substituer au pourcentage :
« 10 % »
le pourcentage :
« 25 % ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement déposé le 31 octobre 2024, en procédure accélérée. Ce texte « Ddadue » adapte le droit français à des directives et règlements européens récents. Selon la ministre Clara Chappaz, il comptait au départ « quarante-deux articles ». D’après le texte final et l’exposé des motifs, il contient notamment :
- une réforme des actions de groupe (recours en justice collectif mené par une association pour plusieurs victimes d’un même professionnel) : associations agréées, ou déclarées depuis deux ans pour faire cesser un manquement, et « sanction civile » en cas de faute intentionnelle ayant causé des dommages en série ;
- le report de deux ans des obligations de publication d’informations de durabilité (directive CSRD) pour les entreprises qui n’y sont pas encore soumises ;
- un accès au registre des bénéficiaires effectifs des sociétés réservé aux personnes justifiant d’un « intérêt légitime », à la suite d’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2022 ;
- une dispense de dérogation « espèces protégées » pour les projets qui prévoient des mesures d’évitement, de réduction et un suivi (article 23) ;
- des mesures sur les transports (contrats pluriannuels d’aéroports portés jusqu’à dix ans, carburants d’aviation durables), l’énergie, la santé et le séjour des étrangers.
Ce que ça change
Pour les entreprises, la date de première publication d’un rapport de durabilité passe de 2025 à 2027 et de 2026 à 2028 selon les catégories (article 7 A). Selon David Taupiac (LIOT), étaient visées les entreprises de plus de 250 salariés dès 2026 et les PME cotées dès 2027. La mesure prévoyant d’avancer à 2035 la fin de la vente des voitures neuves thermiques (article 35 du projet) a été supprimée, ce dont se sont félicités la rapporteure Danielle Brulebois (EPR) et le RN.
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (CMP, accord entre députés et sénateurs) a été adopté le 2 avril 2025 par 63 voix contre 42 (scrutin n° 1203). Contre : La France insoumise (24), écologistes (15), Gauche démocrate et républicaine (3). Abstention : Rassemblement national (37), socialistes (12), UDR (4). Pour : Ensemble pour la République (29), Horizons (14), Droite républicaine (8), Démocrates (6), LIOT (4).
Julie Ozenne (écologistes) parle d’un « nouveau cheval de Troie législatif » et estime que l’amendement sur les espèces protégées permet à « n’importe quel projet » de contourner la directive « habitats ». Pour LFI, Sylvie Ferrer juge que cette disposition peut « potentiellement menacer des espèces protégées ». Nicolas Sansu (Gauche démocrate et républicaine) critique un « texte fourre-tout » et les contrats d’aéroports de dix ans, que l’Europe n’exigeait pas selon lui. Timothée Houssin explique l’abstention du RN par les modifications obtenues, dont la suppression de l’article 35.
Pour les partisans, Olivier Becht (EPR) affirme que le texte se contente « d’instituer ce que nous demandaient les directives » et que, sans exemptions, « on ne pourrait plus installer d’éoliennes ». Xavier Roseren (Horizons) voit dans la réforme des actions de groupe une « réponse pragmatique et équilibrée ». Les 18 scrutins publics de première lecture se répartissent sur une dizaine d’articles, sans qu’aucun n’en concentre plus de trois.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 8 avril 2025 par des députés écologistes et LFI, le Conseil a jugé la procédure d’adoption conforme, sans censure ni réserve (décision n° 2025-879 DC du 29 avril 2025). Les requérants contestaient seulement la place de l’article 23 (espèces protégées), qu’ils jugeaient introduit comme « cavalier législatif », c’est-à-dire sans lien avec le texte initial (§ 1 à 3). Le Conseil relève que cet ajout du Sénat présente « un lien direct » avec l’article 25 du projet initial, qui visait déjà les installations d’énergies renouvelables (§ 6 à 8). Il ne s’est pas prononcé sur le fond des autres articles (§ 9).
Où en est le texte
Promulgué : loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne en matière économique, financière, environnementale, énergétique, de transport, de santé et de circulation des personnes.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne » (30/04/2025)
- Projet de loi n° 529 et exposé des motifs (31/10/2024)
- Texte adopté n° 87 (texte de la commission mixte paritaire) (02/04/2025)
- Sénat, dossier législatif du projet de loi n° 352 (2024-2025) (10/03/2025)
- Compte rendu de la première séance du 2 avril 2025 (lecture des conclusions de la CMP) (02/04/2025)
- Scrutin public n° 1203 sur l’ensemble (texte de la CMP) (02/04/2025)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2025-879 DC (29/04/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 14
- Contre
- 48
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 8
- Votants
- 62
- Exprimés
- 62
- Majorité requise
- 32
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 4 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 1 | 8 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 3 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 19 dans le décompte
Contre (19) : Nicolas Meizonnet, Timothée Houssin, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Christophe Bentz, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Arnaud Sanvert (ancien député), Matthias Renault, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Contre (13) : Florent Boudié (ancien député), François Cormier-Bouligeon, Sandrine Le Feur, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Gabriel Attal, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Sophie Delorme Duret (ancien député)
Non-votant (4) : Gérald Darmanin (ancien député), Élisabeth Borne, Yaël Braun-Pivet, Aurore Bergé (ancien député)
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 7 dans le décompte
Pour (7) : Murielle Lepvraud, Matthias Tavel, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Karen Erodi, Marie Mesmeur, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Pour (1) : Dominique Potier
Contre (8) : Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Paul Christophle, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Julien Gokel (ancien député), Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Gosselin, Thibault Bazin, Vincent Jeanbrun (ancien député)
Non-votant (3) : Xavier Breton, Véronique Louwagie (ancien député), Yannick Neuder
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (5) : Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Lisa Belluco, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 1 dans le décompte
Contre (1) : Laurent Croizier
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Contre (1) : Vincent Thiébaut
Non-votant (1) : Laurent Marcangeli
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Paul Molac
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Karine Lebon
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Marc Chavent
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin