Votes · Scrutin n° 6005 · 1 avril 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 227 de M. Monnet et l'amendement identique suivant après l'article 21 du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 21
- Texte
- Projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Monnet et 14 cosignataires (GDR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La fraude sociale, ici dans le cas du travail dissimulé, doit être légitimement combattue. Tel est le sens de cet amendement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après le 2° de l’article L. 8224‑5 du code du travail, il est inséré un 2° bis ainsi rédigé :
« 2°bis Le remboursement de toute aide publique attribuée par l’État, les collectivités territoriales, leurs établissements ou leurs groupements ainsi que toute aide financière versée par une personne privée chargée d’une mission de service public durant les cinq derniers exercices clos. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement a été déposé au Sénat le 14 octobre 2025 par Jean-Pierre Farandou (Travail), Stéphanie Rist (Santé) et Amélie de Montchalin (Comptes publics), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée). Son exposé des motifs l’organise autour de trois axes : « mieux prévenir et détecter, mieux lutter et sanctionner, mieux recouvrer ». Parmi les mesures initiales :
- plus d’échanges d’informations entre fisc, douanes, caisses de sécurité sociale et départements ;
- un cadre pour les données de santé traitées par les complémentaires santé ;
- la géolocalisation obligatoire des ambulances et taxis conventionnés ;
- le versement des allocations chômage sur un compte en France ou dans la zone de paiement en euros ;
- une « flagrance sociale » pour recouvrer plus vite les sommes dues en cas de travail dissimulé.
Le Parlement y a ajouté d’autres mesures, dont la suspension conservatoire de prestations en cas de soupçon de fraude, selon la décision du Conseil constitutionnel.
Ce que ça change
Allocataires, professionnels de santé, entreprises et complémentaires santé sont concernés. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, le manque à gagner lié au travail dissimulé dans le privé non agricole est estimé entre 6,0 et 7,8 milliards d’euros par an ; 1,6 milliard a été redressé en 2024, mais 121 millions seulement ont été recouvrés. Plusieurs mesures nécessitent des décrets.
Ce qui est contesté
Le 5 mai 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 335 voix contre 182 et 5 abstentions (scrutin n° 6319). Contre : Socialistes (64), LFI (60), Écologiste et social (34), GDR (16) et 7 LIOT. Pour : RN (109), Ensemble pour la République (79), Droite républicaine (48), Les Démocrates (34), Horizons (33), UDR (16) et 10 LIOT.
Selon le compte rendu de la séance, Sandrine Runel (Socialistes) estime que « ce texte met fin à la présomption d’innocence et au droit à un procès équitable. » Christine Arrighi (Écologiste et social) résume : « Ce texte punit avant de juger. » Emmanuel Maurel (GDR) juge que le texte « risque de ne pénaliser que les pauvres, les chômeurs, les malades ». Mathilde Feld (LFI) reproche à la majorité d’avoir rejeté « toutes les mesures structurantes » contre la fraude fiscale.
Pour le Gouvernement, le ministre David Amiel indique que « 64 % des montants de la fraude sociale proviennent de la fraude aux cotisations des entreprises ». Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) soutient : « Tolérer la fraude n’a jamais protégé les faibles ; la combattre, oui ! » Laurent Mazaury annonce que LIOT votera « majoritairement » pour. Antoine Valentin (UDR) estime que le texte « va trop timidement dans le bon sens ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi les 18 et 19 mai 2026 par des députés socialistes, des députés LFI, écologistes et GDR, et des sénateurs, le Conseil a rendu le 18 juin 2026 la décision n° 2026-904 DC. Censurés :
- les articles 10 (expertise comptable), 12 (identifiant des associations) et 32 (informations du parquet financier au renseignement), « cavaliers législatifs » ajoutés par amendement sans lien avec le projet initial (§ 212 à 219) ;
- dans l’article 21, le recours à un « intermédiaire » pour les échanges de données entre Assurance maladie et complémentaires, faute de garanties pour la vie privée (§ 42 à 44).
Réserves d’interprétation (conditions de lecture du texte) :
- l’accès des agents de préfecture au répertoire des prestations sociales est limité à ceux qui instruisent des titres (§ 20) ;
- le droit d’obtenir des informations auprès de tiers est réservé aux agents spécialement désignés des CPAM, CAF et MSA (§ 74) ;
- les remboursements et retenues ne doivent pas priver une personne de « moyens convenables d’existence » (§ 119 et 144) ;
- France Travail ne peut traiter les données de connexion qu’en présence d’« indices sérieux » de fraude (§ 162) ;
- la suspension conservatoire des paiements doit préserver la prise en charge des soins essentiels (§ 208).
Où en est le texte
La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 a été publiée au Journal officiel du 26 juin 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Exposé des motifs du projet de loi n° 24 (2025-2026), Sénat (14 octobre 2025)
- Étude d’impact du projet de loi, Sénat (14 octobre 2025)
- Scrutin public n° 6319 sur l’ensemble (texte de la CMP), Assemblée nationale (5 mai 2026)
- Compte rendu de la séance du 5 mai 2026, Assemblée nationale (5 mai 2026)
- Décision n° 2026-904 DC, Conseil constitutionnel (18 juin 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (25 juin 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 84
- Contre
- 10
- Abstention
- 7
- Non-votant
- 1
- Votants
- 101
- Exprimés
- 94
- Majorité requise
- 48
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 31 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | aucun vote | 1 | 7 | 7 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 3 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 31 dans le décompte
Pour (31) : Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Christophe Bentz, Michel Guiniot, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Julien Gabarron, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 16 dans le décompte
Pour (1) : Christophe Mongardien
Contre (7) : Hervé Berville (ancien député), Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Annie Vidal, Anthony Brosse, Charles Rodwell, Marie-Philippe Lubet
Abstention (7) : Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Liliana Tanguy, Michel Lauzzana, Marie Lebec, Agnès Pannier-Runacher, Françoise Buffet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Pour (19) : Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Marianne Maximi, Sylvie Ferrer, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Louis Boyard, Arnaud Le Gall, Thomas Portes, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Pour (13) : Guillaume Garot, Laurent Baumel, Gérard Leseul, Elie Califer, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Peio Dufau, Sandrine Runel, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Pour (2) : Patrick Hetzel, Christelle Minard
Contre (1) : Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Sophie Taillé-Polian, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Steevy Gustave
Les Démocrates 2 dans le décompte
Pour (2) : Christophe Blanchet, Frantz Gumbs
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (3) : Thierry Benoit, Véronique Ludmann, Philippe Fait
Contre (2) : Sylvain Berrios, Benoît Blanchard
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Pour (3) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Karine Lebon
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin