Votes · Scrutin n° 6060 · 8 avril 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 10 de Mme Erodi à l'article 2 quater de la proposition de loi visant à accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et à anticiper un risque sanitaire et social majeur (première lecture).
Dossier : Accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et anticiper un risque sanitaire et social majeur · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2 quater
- Texte
- Accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et anticiper un risque sanitaire et social majeur Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Erodi et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise s’oppose à l’évaluation des économies générées par les mesures de prévention de la présente proposition de loi.
Le rapport proposé par le rapporteur vise à évaluer les économies permises par la présente proposition de loi notamment la diminution des indemnités journalières, la réduction des dépenses de soins et la hausse du produit intérieur brut. Nous nous opposons à cette vision comptable, l’évaluation des politiques de santé ne peut se faire par le prisme de la rentabilité. Parce que quand celle-ci devient le moteur de l’action les besoins des individus s’effacent.
La prévention est encore pour la droite républicaine un moyen de rogner les dépenses sur les dépenses publiques en santé. Une fois le rapport publié il s’agira alors de supprimer des moyens dans les hôpitaux, de diminuer les indemnités journalières ou de faire travailler plus longtemps parce que la prévention aura « compensé » cette perte de droits et cette dégradation du système de santé.
L’enfumage du parcours pré-affection longue durée (ALD), mis en place par le passage en force du dernier PLFSS, n’en est qu’un exemple. Au lieu d’augmenter les dépenses de prévention pour renforcer la prise en charge des patients en ALD il vise en fait à créer un statut ALD à double niveau pour diminuer le remboursement de certaines pathologies. Cette instrumentalisation est criante lorsque l’on regarde l’étude d’impact qui indiquait 54 millions supplémentaires pour la prévention et 473 millions de déremboursement pour les personnes diabétiques.
C’est pourquoi cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise s’oppose à l’évaluation des économies générées par les mesures de prévention de la présente proposition de loi.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer l’avant-dernière et la dernière phrases.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 23 décembre 2025 par Yannick Neuder (Droite républicaine) et plusieurs collègues (texte déposé). Selon lui, plus de quatre-vingts députés l’ont cosignée (séance du 20 juillet 2026). Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 7 avril 2026. Le titre est devenu « visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires ». Principales mesures, d’après le texte définitif :
- l’État doit arrêter une stratégie nationale pluriannuelle contre ces maladies, qui vise notamment à réduire les inégalités sociales et territoriales ;
- lors des rendez-vous de prévention aux âges clés de la vie, un dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires est proposé, en tenant compte des risques propres aux femmes ;
- un rendez-vous de dépistage précoce, notamment de l’hypercholestérolémie familiale, est prévu dans l’année qui suit les 6 ans de l’enfant ;
- les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent mesurer la pression artérielle dans un but de prévention ;
- les services de santé au travail mènent des actions annuelles de sensibilisation, et un dépistage est proposé lors de la visite médicale de mi-carrière ; à l’école, des actions de prévention ont lieu une fois par an dès l’élémentaire ;
- le Gouvernement remet dans les trois ans un rapport sur les coûts et les économies de ces mesures.
Ce que ça change
Les assurés, les enfants de 6 ans, les salariés et les élèves sont concernés. Selon l’exposé des motifs, ces maladies ont entraîné en 2022 « plus de 1,2 million d’hospitalisations et environ 140 000 décès », d’après Santé publique France (exposé des motifs). Plusieurs mesures attendent des décrets : le baromètre de l’Assemblée indique des publications envisagées en janvier et février 2027.
Ce qui est contesté
Aucun groupe n’a voté contre. Le texte final a été adopté le 20 juillet 2026 par 462 voix contre 0 (scrutin n° 8419) ; tous les groupes ont voté pour. En première lecture, le 8 avril 2026, il avait été adopté sans scrutin public (compte rendu). Les désaccords ont porté sur l’ampleur du texte :
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi juge le texte « très en dessous de l’enjeu » : ses amendements sur les facteurs environnementaux et sur la prévention pendant le temps de travail ont été rejetés. Son groupe conteste aussi le rapport prévu à l’article 5 (article 2 quater pendant les débats), qui doit chiffrer les gains de productivité.
- Pour les Socialistes, Pierrick Courbon regrette que l’obligation faite aux employeurs d’organiser une action annuelle de prévention soit devenue facultative (séance du 20 juillet 2026). En première lecture, l’amendement d’Elie Califer qui la rétablissait a été rejeté par 37 voix contre 35 (scrutin n° 6050).
- Pour le Gouvernement, la ministre Stéphanie Rist estimait qu’une telle obligation « empêcherait les actions de prévention sur d’autres sujets, tels que la santé mentale ou les cancers ».
- Pour LIOT, Jean Bodart regrette que l’alimentation ait été retirée des facteurs de risque, tout en votant pour. Le rapporteur Yannick Neuder défend un texte qui « fait le pari d’arriver avant » l’infarctus ou l’AVC.
- Selon nos données, l’article 2 (santé au travail) a fait l’objet de 11 scrutins publics, dont 5 rejets serrés.
Où en est le texte
Loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, publiée au Journal officiel du 28 juillet 2026. Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Des décrets restent attendus (dossier législatif).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 2309 et exposé des motifs (23/12/2025)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 335) (20/07/2026)
- Scrutin n° 6050 (amendement de M. Califer, première lecture) (08/04/2026)
- Scrutin n° 8419 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 8 avril 2026 (08/04/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (20/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 14
- Contre
- 64
- Abstention
- 23
- Non-votant
- 2
- Votants
- 101
- Exprimés
- 78
- Majorité requise
- 40
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 27 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 1 | 7 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 2 | 0 | 12 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 1 | 0 | 10 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 1 | 15 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 27 dans le décompte
Contre (27) : Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, José Beaurain, Jorys Bovet, José Gonzalez, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Michaël Taverne, Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Jonathan Gery, Patrice Martin, Julien Limongi, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 9 dans le décompte
Pour (1) : Annie Vidal
Contre (7) : Nicole Dubré-Chirat, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Charles Sitzenstuhl, Benoît Larrouquis, Alim Latrèche
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 7 dans le décompte
Pour (7) : Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Karen Erodi, Zahia Hamdane, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (2) : Chantal Jourdan, Gérard Leseul
Abstention (12) : Pascale Got, Guillaume Garot, Arthur Delaporte, Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Peio Dufau, Denis Fégné
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Thibault Bazin, Josiane Corneloup, Yannick Neuder, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (1) : Nicolas Thierry
Abstention (10) : Dominique Voynet, Hendrik Davi, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Christophe Blanchet, Marc Fesneau, Géraldine Bannier, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Louise Morel, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Michel Brard
Contre (15) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Charlotte Parmentier-Lecocq, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Michel Criaud, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Didier Lemaire, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Nathalie Colin-Oesterlé
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Abstention (1) : Audrey Abadie-Amiel
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Marcellin Nadeau, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Matthieu Bloch, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Stella Dupont, Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin