Votes · Scrutin n° 6061 · 8 avril 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 8 de M. Ratenon après l'article 2 quater de la proposition de loi visant à accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et à anticiper un risque sanitaire et social majeur (première lecture).
Dossier : Accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et anticiper un risque sanitaire et social majeur · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 2 quater
- Texte
- Accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et anticiper un risque sanitaire et social majeur Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Ratenon et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement le groupe parlementaire La France Insoumise sollicite une demande de rapport pour porter le sujet de la continuité de la prise en charge des patients victimes d’un accident vasculaire cérébral lorsqu’un retour ou un maintien à domicile est médicalement possible.
La prévention primaire et secondaire sont essentielles afin de réduire les risques cardiovasculaires et la survenue des maladies mais il est également primordial de ne pas mettre de côté la prévention des récidives alors que d’après la Haute Autorité de Santé (HAS) le risque de récidive d’accident vasculaire cérébral (AVC) à 5 ans est estimé entre 30% à 43%.
Si la phase aiguë de l’AVC fait l’objet d’une prise en charge spécialisée, l’après-hospitalisation demeure trop souvent marqué par des ruptures de suivi. Or, les chances de récupération, le maintien de l’autonomie, la réinsertion et la prévention des récidives dépendent directement de la qualité de l’accompagnement post-AVC. Ces difficultés sont souvent aggravées par les conditions concrètes de vie du patient : logement inadapté, défaut d’accessibilité, insalubrité ou environnement matériel compromettant l’effectivité de la prise en charge à domicile.
C’est pourquoi afin de prévenir les pertes de chance, de réduire les complications et les réhospitalisations évitables, cet amendement du groupe parlementaire La France Insoumise sollicite une demande de rapport sur la prise en charge à domicile des patients victimes d’accident vasculaire cérébral et sur l’organisation des soins et les actions de prévention des récidives.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la prise en charge à domicile des patients victimes d’accident vasculaire cérébral et sur l’organisation des soins et les actions de prévention des récidives. Il évalue les conséquences sociales et sanitaires des ruptures de suivi, notamment sur les conditions de vie et de santé des patients, leur autonomie, leurs chances de récupération et de réinsertion. Il évalue également la possibilité de renforcer la continuité de la prise en charge par la mise en place d’actions de prévention des récidives tenant compte du cadre de vie du patient et lorsque cela est nécessaire d’une évaluation de l’adaptabilité, de l’accessibilité et de la salubrité du logement, en privilégiant l’établissement de recettes nouvelles.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée le 23 décembre 2025 par Yannick Neuder (Droite républicaine) et plusieurs collègues (texte déposé). Selon lui, plus de quatre-vingts députés l’ont cosignée (séance du 20 juillet 2026). Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 7 avril 2026. Le titre est devenu « visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires ». Principales mesures, d’après le texte définitif :
- l’État doit arrêter une stratégie nationale pluriannuelle contre ces maladies, qui vise notamment à réduire les inégalités sociales et territoriales ;
- lors des rendez-vous de prévention aux âges clés de la vie, un dépistage des maladies cardio-neuro-vasculaires est proposé, en tenant compte des risques propres aux femmes ;
- un rendez-vous de dépistage précoce, notamment de l’hypercholestérolémie familiale, est prévu dans l’année qui suit les 6 ans de l’enfant ;
- les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent mesurer la pression artérielle dans un but de prévention ;
- les services de santé au travail mènent des actions annuelles de sensibilisation, et un dépistage est proposé lors de la visite médicale de mi-carrière ; à l’école, des actions de prévention ont lieu une fois par an dès l’élémentaire ;
- le Gouvernement remet dans les trois ans un rapport sur les coûts et les économies de ces mesures.
Ce que ça change
Les assurés, les enfants de 6 ans, les salariés et les élèves sont concernés. Selon l’exposé des motifs, ces maladies ont entraîné en 2022 « plus de 1,2 million d’hospitalisations et environ 140 000 décès », d’après Santé publique France (exposé des motifs). Plusieurs mesures attendent des décrets : le baromètre de l’Assemblée indique des publications envisagées en janvier et février 2027.
Ce qui est contesté
Aucun groupe n’a voté contre. Le texte final a été adopté le 20 juillet 2026 par 462 voix contre 0 (scrutin n° 8419) ; tous les groupes ont voté pour. En première lecture, le 8 avril 2026, il avait été adopté sans scrutin public (compte rendu). Les désaccords ont porté sur l’ampleur du texte :
- Pour LFI-NFP, Karen Erodi juge le texte « très en dessous de l’enjeu » : ses amendements sur les facteurs environnementaux et sur la prévention pendant le temps de travail ont été rejetés. Son groupe conteste aussi le rapport prévu à l’article 5 (article 2 quater pendant les débats), qui doit chiffrer les gains de productivité.
- Pour les Socialistes, Pierrick Courbon regrette que l’obligation faite aux employeurs d’organiser une action annuelle de prévention soit devenue facultative (séance du 20 juillet 2026). En première lecture, l’amendement d’Elie Califer qui la rétablissait a été rejeté par 37 voix contre 35 (scrutin n° 6050).
- Pour le Gouvernement, la ministre Stéphanie Rist estimait qu’une telle obligation « empêcherait les actions de prévention sur d’autres sujets, tels que la santé mentale ou les cancers ».
- Pour LIOT, Jean Bodart regrette que l’alimentation ait été retirée des facteurs de risque, tout en votant pour. Le rapporteur Yannick Neuder défend un texte qui « fait le pari d’arriver avant » l’infarctus ou l’AVC.
- Selon nos données, l’article 2 (santé au travail) a fait l’objet de 11 scrutins publics, dont 5 rejets serrés.
Où en est le texte
Loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires, publiée au Journal officiel du 28 juillet 2026. Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Des décrets restent attendus (dossier législatif).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 2309 et exposé des motifs (23/12/2025)
- Texte définitif adopté par l’Assemblée (T.A. n° 335) (20/07/2026)
- Scrutin n° 6050 (amendement de M. Califer, première lecture) (08/04/2026)
- Scrutin n° 8419 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 8 avril 2026 (08/04/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (20/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 49
- Contre
- 61
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 111
- Exprimés
- 110
- Majorité requise
- 56
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 8 | 3 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 12 | 0 | 1 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 1 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 28 dans le décompte
Contre (28) : Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, José Beaurain, Jorys Bovet, José Gonzalez, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Michaël Taverne, Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Jonathan Gery, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 12 dans le décompte
Pour (8) : Corinne Vignon, Nicole Dubré-Chirat, Véronique Riotton, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Charles Sitzenstuhl, Benoît Larrouquis
Contre (3) : Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy, Annie Vidal
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 7 dans le décompte
Pour (7) : Murielle Lepvraud, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Karen Erodi, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 19 dans le décompte
Pour (19) : Pascale Got, Guillaume Garot, Claudia Rouaux, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Stéphane Delautrette, Elie Califer, Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Christophe Proença, Peio Dufau, Denis Fégné
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Thibault Bazin, Josiane Corneloup, Yannick Neuder, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Pour (12) : Hendrik Davi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave
Abstention (1) : Dominique Voynet
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (1) : Géraldine Bannier
Contre (6) : Christophe Blanchet, Marc Fesneau, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Louise Morel, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Contre (16) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Charlotte Parmentier-Lecocq, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Michel Criaud, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Didier Lemaire, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Frédéric Valletoux, Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Audrey Abadie-Amiel
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Matthieu Bloch, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Marcellin Nadeau
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Stella Dupont, Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin