Votes · Scrutin n° 6192 · 14 avril 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 86 de Mme Faucillon à l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat (première lecture).
Dossier : Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat · Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Faucillon et 15 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Confier à l’autorité administrative le pouvoir d’imposer un examen psychiatrique constitue une atteinte grave à la liberté individuelle. Cet amendement de repli vise à intégrer l'intervention préalable du juge est indispensable pour garantir le respect des droits fondamentaux.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 10 par la phrase suivante :
« Cette décision est préalablement autorisée par le juge des libertés et de la détention. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 16 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 2 décembre 2025 par Charles Rodwell (Ensemble pour la République) et des députés de plusieurs groupes, dont Michel Barnier (Droite républicaine) (texte déposé). Son exposé des motifs cite l’attaque de Mulhouse du 22 février 2025. D’après le texte définitif adopté le 16 juin 2026, la loi prévoit notamment :
- une injonction d’examen psychiatrique : le préfet peut obliger une personne adhérant à des thèses faisant l’apologie du terrorisme, et dont les agissements pourraient être liés à des troubles mentaux, à voir un psychiatre (article 1er) ;
- une rétention de sûreté terroriste : un condamné pour crime terroriste à quinze ans ou plus peut, après sa peine, être placé dans un « centre socio-médico-judiciaire de sûreté » s’il présente une « particulière dangerosité » (article 3) ;
- l’information du préfet sur certaines sorties de soins psychiatriques sans consentement (article 5) ;
- un casier judiciaire exigé pour changer de nom ou de prénom (article 7) ;
- une rétention administrative portée jusqu’à 180 voire 210 jours pour les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des faits graves, et un cadre pour les placements successifs (articles 8 à 10).
Ce que ça change
Pour un étranger dont la rétention a été prolongée sur ce fondement, la durée cumulée de rétention pour une même mesure d’éloignement peut atteindre 540 jours, avec au plus cinq placements (article 10 du texte définitif).
Selon le baromètre publié sur le dossier de l’Assemblée, les décrets sur l’injonction psychiatrique et les changements de nom sont attendus en janvier 2027.
Ce qui est contesté
Le 16 juin 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 345 voix contre 177 et 11 abstentions (scrutin n° 7405). Contre : LFI (67), Socialistes (62), Écologiste et social (35), GDR (12). Pour : RN (117), Ensemble pour la République (86), Droite républicaine (47), Horizons (33), Les Démocrates (26), UDR (17), 12 LIOT.
Selon le compte rendu de la séance, Céline Hervieu (Socialistes) estime : « Les fanatiques ne sont pas des malades mentaux qu’il suffirait de soigner pour les défanatiser. » Léa Balage El Mariky (Écologiste et social) soutient : « En démocratie, la psychiatrie soigne ; elle n’enferme pas des coupables présumés. » Marcellin Nadeau (GDR) pointe la rétention, qui « pourra atteindre 540 jours dans certaines situations ».
Côté partisans, Marie Lebec (Ensemble pour la République) indique que le texte « comble surtout des vides juridiques identifiés ». Élisabeth de Maistre (Droite républicaine) défend les règles sur le changement de nom, qui empêchent selon elle « d’effacer un passé judiciaire ». Anne Bergantz (Les Démocrates) juge « que l’équilibre trouvé est le bon ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juin 2026 par des députés LFI, écologistes et socialistes, le Conseil a rendu le 23 juillet 2026 la décision n° 2026-906 DC. Aucune disposition n’est censurée. Il émet des réserves d’interprétation, c’est-à-dire des conditions de lecture sans lesquelles le texte serait inconstitutionnel :
- l’avis du psychiatre à l’origine de l’injonction doit être écrit et motivé (§ 12) ; les parents ou le tuteur d’une personne mineure ou protégée doivent être informés (§ 14 et 26) ;
- la contrainte pour conduire la personne chez le psychiatre ne peut dépasser douze heures (§ 31 et 32) ; tout occupant du logement peut faire appel (§ 33) ;
- le certificat menant à une hospitalisation sans consentement ne peut venir d’un psychiatre de l’hôpital d’accueil (§ 40) ;
- la rétention de sûreté terroriste ne s’applique pas aux personnes condamnées avant la loi ou pour des faits antérieurs (§ 66) ;
- les informations transmises au préfet ne peuvent comporter ni certificats médicaux ni indications sur les soins (§ 79).
Les griefs contre l’allongement de la rétention des étrangers (articles 9 et 10) ont été écartés.
Où en est le texte
La loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026 a été promulguée et publiée au Journal officiel du 28 juillet 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Proposition de loi n° 2180 (texte et exposé des motifs), Assemblée nationale (2 décembre 2025)
- Texte définitif adopté, T.A. n° 315, Assemblée nationale (16 juin 2026)
- Scrutin public n° 7405 sur l’ensemble (texte de la CMP) (16 juin 2026)
- Compte rendu de la séance du 16 juin 2026, Assemblée nationale (16 juin 2026)
- Décision n° 2026-906 DC, Conseil constitutionnel (23 juillet 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (27 juillet 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 60
- Contre
- 75
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 135
- Exprimés
- 135
- Majorité requise
- 68
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 121 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 24 dans le décompte
Contre (24) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Gisèle Lelouis, Cyril Tribuiani, Romain Baubry, Christine Loir, Michaël Taverne, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, René Lioret, Julien Gabarron, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Tiffany Joncour, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Daniel Labaronne, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Anne Genetet, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Christophe Marion, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Charles Rodwell, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (20) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Farida Amrani, Antoine Léaument, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Shéhérazade Bentorki, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 22 dans le décompte
Pour (22) : Pascale Got, Guillaume Garot, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Dominique Potier, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Peio Dufau, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (10) : Philippe Gosselin, Jean-Luc Bourgeaux, Michel Barnier, Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Christelle Minard, Anne-Laure Blin, Alexandre Portier, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 15 dans le décompte
Pour (15) : Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Charles Fournier, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Catherine Hervieu, Damien Girard, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave
Les Démocrates 4 dans le décompte
Contre (4) : Sophie Mette, Delphine Lingemann, Hubert Ott, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (10) : Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Charlotte Parmentier-Lecocq, Béatrice Piron, Pierre Henriet, Michel Criaud, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Contre (3) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Elsa Faucillon, Emmanuel Maurel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin