Votes · Scrutin n° 621 · 27 janvier 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2 de Mme Petex après l'article premier de la proposition de loi contre toutes les fraudes aux aides publiques (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article premier
- Texte
- Contre toutes les fraudes aux aides publiques Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Petex et 11 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à renforcer les mesures contre la fraude liée aux aides publiques. En cas de fraude avérée ou de manquement délibéré, après la décision de rejet ou de suspension de l’aide, l’administration pourrait exiger la restitution des sommes indûment perçues par le bénéficiaire dans un délai de trois mois, et recourir à des mesures de recouvrement forcé en cas de non-remboursement. Cette mesure vise à dissuader les tentatives de fraude en assurant une récupération rapide des sommes indûment perçues et en garantissant une gestion plus rigoureuse des aides publiques.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le chapitre V du titre Ier du livre Ier du code des relations entre le public et l’administration est complété par un article L. 115‑4 ainsi rédigé :
« Art. L. 115‑4. – En cas de fraude avérée ou de manquement délibéré, les autorités mentionnées au I de l’article L. 115‑3, après notification de la décision de rejet ou de suspension de l’aide, peuvent également exiger la restitution des sommes indûment perçues, dans un délai de trois mois à compter de la notification de la demande de restitution. Si la restitution n’est pas effectuée dans ce délai, les autorités peuvent recourir à des mesures de recouvrement forcé. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi donne aux administrations de nouveaux outils contre les fraudes aux aides publiques (aides à la rénovation énergétique, formation professionnelle, certificats d’économies d’énergie…) et encadre le démarchage téléphonique. C’est une proposition de loi déposée le 15 octobre 2024 par Thomas Cazenave et des députés du groupe Ensemble pour la République. D’après la décision du Conseil constitutionnel et le rapporteur en séance, elle prévoit notamment :
- la suspension, pendant trois mois renouvelables une fois, d’une aide publique en cas d’« indices sérieux » de fraude (paragraphes 6 et 7) ;
- davantage d’échanges d’informations entre administrations et un droit d’accès élargi pour l’inspection générale de l’administration (paragraphe 15) ;
- le contrôle des compteurs d’électricité et de gaz par des agents des gestionnaires de réseau (paragraphe 39) ;
- des sanctions plus lourdes et la publication des sanctions visant certaines entreprises ;
- l’interdiction du démarchage téléphonique sans consentement explicite.
Ce que ça change
Selon le rapporteur Thomas Cazenave, les fraudes aux aides publiques représentent « un montant estimé à environ 1,6 milliard d’euros chaque année ». Il indique que l’escroquerie en bande organisée aux finances publiques pourra devenir un crime puni de quinze ans de prison (compte rendu du 14 mai 2025). Pour les particuliers, Delphine Batho résume la nouvelle règle : nul ne peut être démarché par téléphone « s’il n’a pas donné un consentement explicite ». La suspension d’une aide ne vise pas les prestations sociales versées par les caisses de sécurité sociale ou le RSA, qui ont leurs propres règles (paragraphe 9 de la décision).
Ce qui est contesté
Aucun groupe n’a voté contre. En première lecture, le 27 janvier 2025, le texte a été adopté par 131 voix contre 0, La France insoumise s’abstenant (17 abstentions). Le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) a été adopté le 14 mai 2025 sans scrutin public. En première lecture, les articles 3 et 4 de la proposition ont concentré le plus de scrutins publics (10 et 6).
Claire Lejeune (LFI) annonce une nouvelle abstention. Elle voit dans le texte « un risque d’extension de l’arbitraire » de l’administration, « à rebours » de la présomption d’innocence, et regrette qu’il ne traite pas de la fraude aux crédits d’impôt et aux exonérations fiscales. Marie-Noëlle Battistel (Socialistes) vote pour mais regrette « les renoncements au sujet du démarchage téléphonique ». Emmanuel Maurel juge le texte « déséquilibré et incomplet » tout en le votant.
Côté partisans, Paul Midy (Ensemble pour la République) affirme que « la fraude sociale et fiscale, c’est du vol ». Sophie Mette (Démocrates) estime que ce phénomène « demeurait un angle mort ». La ministre Amélie de Montchalin soutient le texte au nom du Gouvernement.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 26 mai 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 26 juin 2025.
- Censurés comme « cavaliers législatifs » (ajouts sans lien avec le texte initial) : la fin de tout effacement, en cas de surendettement, des dettes nées d’aides sociales versées à tort (article 3) ; l’obligation de répondre par voie électronique au fisc et aux douanes (article 6) ; les techniques d’enquête de la criminalité organisée pour l’escroquerie en bande organisée (article 12) ; de nouveaux motifs de refus d’enregistrement des organismes de formation (article 20) (paragraphes 36 à 38 et 59 à 66).
- Validée : la suspension d’une aide pendant trois mois, qui n’est pas une « punition » mais une mesure conservatoire et laisse ouverts les recours (paragraphes 12 et 13).
- Validés aussi : l’accès de l’inspection générale de l’administration aux données (paragraphe 27) et le contrôle des compteurs, qui ne permet pas d’entrer dans un domicile « hors la présence et sans l’assentiment de son occupant » (paragraphe 56).
Où en est le texte
La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 a été publiée au Journal officiel du 1er juillet 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (30/06/2025)
- Proposition de loi n° 447 (15/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 14 mai 2025 (lecture du texte de la CMP) (14/05/2025)
- Scrutin n° 653 sur l’ensemble en première lecture (27/01/2025)
- Décision n° 2025-887 DC du Conseil constitutionnel (26/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 34
- Contre
- 43
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 2
- Votants
- 83
- Exprimés
- 77
- Majorité requise
- 39
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 95 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Abstention | 0 | 1 | 2 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 0 | 1 | 3 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 2 | 3 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 26 dans le décompte
Pour (26) : Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Lionel Tivoli, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Roger Chudeau, Matthieu Marchio, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Sylvie Josserand (ancien député), Pascal Jenft, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 23 dans le décompte
Contre (22) : Brigitte Klinkert, Sandra Marsaud, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Amélia Lakrafi, Pieyre-Alexandre Anglade, Natalia Pouzyreff, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Freddy Sertin (ancien député), Thomas Cazenave (ancien député), Anthony Brosse, Julie Delpech, Nicolas Metzdorf, Mathieu Lefèvre (ancien député), Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Yannick Chenevard, Pauline Levasseur (ancien député), Emmanuelle Hoffman
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Contre (14) : Mathilde Panot, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Christophe Bex, Mathilde Hignet, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Alma Dufour, Antoine Léaument, Pierre-Yves Cadalen, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Non-votant (1) : Nadège Abomangoli
Socialistes et apparentés 3 dans le décompte
Contre (1) : Chantal Jourdan
Abstention (2) : Hervé Saulignac, Philippe Brun
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Pierre Vigier, Julien Dive, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Contre (1) : Emmanuel Duplessy
Abstention (3) : Delphine Batho, Jean-Claude Raux, Sandra Regol
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (2) : Romain Daubié, Hubert Ott
Contre (3) : Sophie Mette, Mickaël Cosson, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Abstention (1) : Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : David Taupiac
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Jean-Paul Lecoq
UDR 2 dans le décompte
Pour (2) : Bartolomé Lenoir, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin