Votes · Scrutin n° 6225 · 15 avril 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 52 de M. Léaument et les amendements identiques suivants de suppression de l'article 5 de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat (première lecture).
Dossier : Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat · Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Léaument et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les député.es du groupe LFI souhaitent supprimer le renforcement juridique des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (MICAS).
Le dispositif de l’article 5 ouvre une voie de recours pour l’autorité administrative pouvant demander le sursis à exécution de la décision de première instance annulant la MICAS. Il propose ainsi de réduire la portée des appels annulant les MICAS, en permettant que la MICAS continue à s’appliquer le temps que la décision d’appel soit rendue.
Les MICAS sont devenues des outils de régulation des individus extrêmement puissants entre les mains du pouvoir. Elles permettent à l’autorité administrative de contrôler certaines personnes sur de simples soupçons. Or, les MICAS vont toucher des personnes souvent dépourvues d’un « capital procédural », c’est-à-dire loin des modalités de recours d’urgence dont elles peuvent bénéficier pour contester la légalité des procédures.
De plus, notre commission d’enquête populaire sur les JO de Paris 2024 révélait les conséquences graves et parfois désastreuses sur les individus qui ont été visés par de telles mesures : problèmes de réinsertion, perte de leur emploi, etc. Or, ce sont près de 600 personnes qui ont été concernées par ces mesures et des milliers concernées par les enquêtes administratives.
Ainsi, renforcer l’application de ces mesures en supprimant le caractère suspensif de l’appel n’aura que pour effet d’aggraver les conséquences sur les individus.
Nous nous opposons à ces mesures qui sont particulièrement attentatoires aux droits et libertés fondamentaux et qui traduisent la tendance autoritaire du pouvoir ces 10 dernières années. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 2 décembre 2025 par Charles Rodwell (Ensemble pour la République) et des députés de plusieurs groupes, dont Michel Barnier (Droite républicaine) (texte déposé). Son exposé des motifs cite l’attaque de Mulhouse du 22 février 2025. D’après le texte définitif adopté le 16 juin 2026, la loi prévoit notamment :
- une injonction d’examen psychiatrique : le préfet peut obliger une personne adhérant à des thèses faisant l’apologie du terrorisme, et dont les agissements pourraient être liés à des troubles mentaux, à voir un psychiatre (article 1er) ;
- une rétention de sûreté terroriste : un condamné pour crime terroriste à quinze ans ou plus peut, après sa peine, être placé dans un « centre socio-médico-judiciaire de sûreté » s’il présente une « particulière dangerosité » (article 3) ;
- l’information du préfet sur certaines sorties de soins psychiatriques sans consentement (article 5) ;
- un casier judiciaire exigé pour changer de nom ou de prénom (article 7) ;
- une rétention administrative portée jusqu’à 180 voire 210 jours pour les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des faits graves, et un cadre pour les placements successifs (articles 8 à 10).
Ce que ça change
Pour un étranger dont la rétention a été prolongée sur ce fondement, la durée cumulée de rétention pour une même mesure d’éloignement peut atteindre 540 jours, avec au plus cinq placements (article 10 du texte définitif).
Selon le baromètre publié sur le dossier de l’Assemblée, les décrets sur l’injonction psychiatrique et les changements de nom sont attendus en janvier 2027.
Ce qui est contesté
Le 16 juin 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 345 voix contre 177 et 11 abstentions (scrutin n° 7405). Contre : LFI (67), Socialistes (62), Écologiste et social (35), GDR (12). Pour : RN (117), Ensemble pour la République (86), Droite républicaine (47), Horizons (33), Les Démocrates (26), UDR (17), 12 LIOT.
Selon le compte rendu de la séance, Céline Hervieu (Socialistes) estime : « Les fanatiques ne sont pas des malades mentaux qu’il suffirait de soigner pour les défanatiser. » Léa Balage El Mariky (Écologiste et social) soutient : « En démocratie, la psychiatrie soigne ; elle n’enferme pas des coupables présumés. » Marcellin Nadeau (GDR) pointe la rétention, qui « pourra atteindre 540 jours dans certaines situations ».
Côté partisans, Marie Lebec (Ensemble pour la République) indique que le texte « comble surtout des vides juridiques identifiés ». Élisabeth de Maistre (Droite républicaine) défend les règles sur le changement de nom, qui empêchent selon elle « d’effacer un passé judiciaire ». Anne Bergantz (Les Démocrates) juge « que l’équilibre trouvé est le bon ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juin 2026 par des députés LFI, écologistes et socialistes, le Conseil a rendu le 23 juillet 2026 la décision n° 2026-906 DC. Aucune disposition n’est censurée. Il émet des réserves d’interprétation, c’est-à-dire des conditions de lecture sans lesquelles le texte serait inconstitutionnel :
- l’avis du psychiatre à l’origine de l’injonction doit être écrit et motivé (§ 12) ; les parents ou le tuteur d’une personne mineure ou protégée doivent être informés (§ 14 et 26) ;
- la contrainte pour conduire la personne chez le psychiatre ne peut dépasser douze heures (§ 31 et 32) ; tout occupant du logement peut faire appel (§ 33) ;
- le certificat menant à une hospitalisation sans consentement ne peut venir d’un psychiatre de l’hôpital d’accueil (§ 40) ;
- la rétention de sûreté terroriste ne s’applique pas aux personnes condamnées avant la loi ou pour des faits antérieurs (§ 66) ;
- les informations transmises au préfet ne peuvent comporter ni certificats médicaux ni indications sur les soins (§ 79).
Les griefs contre l’allongement de la rétention des étrangers (articles 9 et 10) ont été écartés.
Où en est le texte
La loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026 a été promulguée et publiée au Journal officiel du 28 juillet 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Proposition de loi n° 2180 (texte et exposé des motifs), Assemblée nationale (2 décembre 2025)
- Texte définitif adopté, T.A. n° 315, Assemblée nationale (16 juin 2026)
- Scrutin public n° 7405 sur l’ensemble (texte de la CMP) (16 juin 2026)
- Compte rendu de la séance du 16 juin 2026, Assemblée nationale (16 juin 2026)
- Décision n° 2026-906 DC, Conseil constitutionnel (23 juillet 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (27 juillet 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 34
- Contre
- 66
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 100
- Exprimés
- 100
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 69 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 24 dans le décompte
Contre (23) : Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Frédéric Falcon, Gisèle Lelouis, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Michel Guiniot, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Robert Le Bourgeois, Sébastien Humbert
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 22 dans le décompte
Contre (21) : Florent Boudié (ancien député), Stéphane Travert, Hervé Berville (ancien député), Annaïg Le Meur, Denis Masséglia, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Annie Vidal, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, Joséphine Missoffe, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Pour (13) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Hadrien Clouet, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Sylvie Ferrer, Nadège Abomangoli, Antoine Léaument, René Pilato, Shéhérazade Bentorki, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (10) : Dominique Potier, Chantal Jourdan, Sacha Houlié, Gérard Leseul, Mickaël Bouloux, Roger Vicot, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Denis Fégné
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Contre (4) : Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Hubert Brigand, Justine Gruet
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (11) : Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Julie Laernoes, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Sophie Mette, Sabine Thillaye, Géraldine Bannier, Frédéric Petit, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Bertrand Bouyx, Pierre Henriet, Félicie Gérard, Véronique Ludmann, Didier Lemaire, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Contre (3) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin