Votes · Scrutin n° 6282 · 16 avril 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 300 du Gouvernement et l'amendement identique suivant à l'article 9 de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat (première lecture).
Dossier : Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat · Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 9
- Texte
- Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à supprimer le gage de cette proposition de loi
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 2 décembre 2025 par Charles Rodwell (Ensemble pour la République) et des députés de plusieurs groupes, dont Michel Barnier (Droite républicaine) (texte déposé). Son exposé des motifs cite l’attaque de Mulhouse du 22 février 2025. D’après le texte définitif adopté le 16 juin 2026, la loi prévoit notamment :
- une injonction d’examen psychiatrique : le préfet peut obliger une personne adhérant à des thèses faisant l’apologie du terrorisme, et dont les agissements pourraient être liés à des troubles mentaux, à voir un psychiatre (article 1er) ;
- une rétention de sûreté terroriste : un condamné pour crime terroriste à quinze ans ou plus peut, après sa peine, être placé dans un « centre socio-médico-judiciaire de sûreté » s’il présente une « particulière dangerosité » (article 3) ;
- l’information du préfet sur certaines sorties de soins psychiatriques sans consentement (article 5) ;
- un casier judiciaire exigé pour changer de nom ou de prénom (article 7) ;
- une rétention administrative portée jusqu’à 180 voire 210 jours pour les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des faits graves, et un cadre pour les placements successifs (articles 8 à 10).
Ce que ça change
Pour un étranger dont la rétention a été prolongée sur ce fondement, la durée cumulée de rétention pour une même mesure d’éloignement peut atteindre 540 jours, avec au plus cinq placements (article 10 du texte définitif).
Selon le baromètre publié sur le dossier de l’Assemblée, les décrets sur l’injonction psychiatrique et les changements de nom sont attendus en janvier 2027.
Ce qui est contesté
Le 16 juin 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 345 voix contre 177 et 11 abstentions (scrutin n° 7405). Contre : LFI (67), Socialistes (62), Écologiste et social (35), GDR (12). Pour : RN (117), Ensemble pour la République (86), Droite républicaine (47), Horizons (33), Les Démocrates (26), UDR (17), 12 LIOT.
Selon le compte rendu de la séance, Céline Hervieu (Socialistes) estime : « Les fanatiques ne sont pas des malades mentaux qu’il suffirait de soigner pour les défanatiser. » Léa Balage El Mariky (Écologiste et social) soutient : « En démocratie, la psychiatrie soigne ; elle n’enferme pas des coupables présumés. » Marcellin Nadeau (GDR) pointe la rétention, qui « pourra atteindre 540 jours dans certaines situations ».
Côté partisans, Marie Lebec (Ensemble pour la République) indique que le texte « comble surtout des vides juridiques identifiés ». Élisabeth de Maistre (Droite républicaine) défend les règles sur le changement de nom, qui empêchent selon elle « d’effacer un passé judiciaire ». Anne Bergantz (Les Démocrates) juge « que l’équilibre trouvé est le bon ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juin 2026 par des députés LFI, écologistes et socialistes, le Conseil a rendu le 23 juillet 2026 la décision n° 2026-906 DC. Aucune disposition n’est censurée. Il émet des réserves d’interprétation, c’est-à-dire des conditions de lecture sans lesquelles le texte serait inconstitutionnel :
- l’avis du psychiatre à l’origine de l’injonction doit être écrit et motivé (§ 12) ; les parents ou le tuteur d’une personne mineure ou protégée doivent être informés (§ 14 et 26) ;
- la contrainte pour conduire la personne chez le psychiatre ne peut dépasser douze heures (§ 31 et 32) ; tout occupant du logement peut faire appel (§ 33) ;
- le certificat menant à une hospitalisation sans consentement ne peut venir d’un psychiatre de l’hôpital d’accueil (§ 40) ;
- la rétention de sûreté terroriste ne s’applique pas aux personnes condamnées avant la loi ou pour des faits antérieurs (§ 66) ;
- les informations transmises au préfet ne peuvent comporter ni certificats médicaux ni indications sur les soins (§ 79).
Les griefs contre l’allongement de la rétention des étrangers (articles 9 et 10) ont été écartés.
Où en est le texte
La loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026 a été promulguée et publiée au Journal officiel du 28 juillet 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Proposition de loi n° 2180 (texte et exposé des motifs), Assemblée nationale (2 décembre 2025)
- Texte définitif adopté, T.A. n° 315, Assemblée nationale (16 juin 2026)
- Scrutin public n° 7405 sur l’ensemble (texte de la CMP) (16 juin 2026)
- Compte rendu de la séance du 16 juin 2026, Assemblée nationale (16 juin 2026)
- Décision n° 2026-906 DC, Conseil constitutionnel (23 juillet 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (27 juillet 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 53
- Contre
- 48
- Abstention
- 32
- Non-votant
- 2
- Votants
- 133
- Exprimés
- 101
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 40 | 3 | 1 | |
| SOC 69 membres | Abstention | 0 | 3 | 13 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 0 | 2 | 15 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 22 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 15 dans le décompte
Pour (15) : Lisette Pollet, Christine Loir, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Laurent Jacobelli, Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Thibaut Monnier, Manon Bouquin (ancien député), Frédéric Weber, Théo Bernhardt, Gaëtan Dussausaye, Anne Sicard
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Pour (19) : Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Sylvain Maillard, Annaïg Le Meur, Corinne Vignon, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Anne Genetet, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Benoît Larrouquis, Charles Rodwell, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 44 dans le décompte
Contre (40) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Idir Boumertit, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Alma Dufour, Nadège Abomangoli, Jérôme Legavre, Damien Maudet, Maxime Laisney, Farida Amrani, Antoine Léaument, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Abstention (3) : Louis Boyard, Mathilde Feld, Bérenger Cernon
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 16 dans le décompte
Contre (3) : Marietta Karamanli, Chantal Jourdan, Isabelle Santiago
Abstention (13) : Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Dorine Bregman, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Stéphane Hablot, Peio Dufau, Céline Hervieu, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Pour (7) : Michèle Tabarot, Michel Barnier, Thibault Bazin, Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Nicolas Tryzna, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 17 dans le décompte
Contre (2) : Clémentine Autain, Jean-Louis Roumégas
Abstention (15) : Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Tristan Lahais, Damien Girard, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (7) : Sophie Mette, Marc Fesneau, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Emmanuel Mandon, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Pour (1) : Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Luc Warsmann
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Contre (3) : Stéphane Peu, Elsa Faucillon, Jean-Victor Castor
Abstention (1) : Édouard Bénard
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Pour (3) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin