Votes · Scrutin n° 6317 · 5 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1 de M. Rodwell à l'article 8 de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat (seconde délibération) (première lecture).
Dossier : Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat · Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 8
- Texte
- Renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Rodwell (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement rétablit la rédaction de l’article 8 issue des travaux de la commission des Lois.
Cette rédaction, qui permet à titre exceptionnel la prolongation de la rétention des étrangers condamnés pour des faits d’atteinte aux personnes et représentant une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public, intègre l’ensemble des préconisations formulées par le Conseil d’État dans son avis sur ces dispositions.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rédiger ainsi l’article 8 :
« Après le premier alinéa de l’article L. 742‑6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« À titre exceptionnel, le premier alinéa du présent article est également applicable à l’étranger qui fait l’objet d’une décision d’éloignement, qui est définitivement condamné pour des faits d’atteinte aux personnes punis d’au moins trois ans d’emprisonnement et qui représente une menace réelle, actuelle et d’une particulière gravité pour l’ordre public. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 8 : 14 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 2 décembre 2025 par Charles Rodwell (Ensemble pour la République) et des députés de plusieurs groupes, dont Michel Barnier (Droite républicaine) (texte déposé). Son exposé des motifs cite l’attaque de Mulhouse du 22 février 2025. D’après le texte définitif adopté le 16 juin 2026, la loi prévoit notamment :
- une injonction d’examen psychiatrique : le préfet peut obliger une personne adhérant à des thèses faisant l’apologie du terrorisme, et dont les agissements pourraient être liés à des troubles mentaux, à voir un psychiatre (article 1er) ;
- une rétention de sûreté terroriste : un condamné pour crime terroriste à quinze ans ou plus peut, après sa peine, être placé dans un « centre socio-médico-judiciaire de sûreté » s’il présente une « particulière dangerosité » (article 3) ;
- l’information du préfet sur certaines sorties de soins psychiatriques sans consentement (article 5) ;
- un casier judiciaire exigé pour changer de nom ou de prénom (article 7) ;
- une rétention administrative portée jusqu’à 180 voire 210 jours pour les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des faits graves, et un cadre pour les placements successifs (articles 8 à 10).
Ce que ça change
Pour un étranger dont la rétention a été prolongée sur ce fondement, la durée cumulée de rétention pour une même mesure d’éloignement peut atteindre 540 jours, avec au plus cinq placements (article 10 du texte définitif).
Selon le baromètre publié sur le dossier de l’Assemblée, les décrets sur l’injonction psychiatrique et les changements de nom sont attendus en janvier 2027.
Ce qui est contesté
Le 16 juin 2026, l’Assemblée a adopté le texte final par 345 voix contre 177 et 11 abstentions (scrutin n° 7405). Contre : LFI (67), Socialistes (62), Écologiste et social (35), GDR (12). Pour : RN (117), Ensemble pour la République (86), Droite républicaine (47), Horizons (33), Les Démocrates (26), UDR (17), 12 LIOT.
Selon le compte rendu de la séance, Céline Hervieu (Socialistes) estime : « Les fanatiques ne sont pas des malades mentaux qu’il suffirait de soigner pour les défanatiser. » Léa Balage El Mariky (Écologiste et social) soutient : « En démocratie, la psychiatrie soigne ; elle n’enferme pas des coupables présumés. » Marcellin Nadeau (GDR) pointe la rétention, qui « pourra atteindre 540 jours dans certaines situations ».
Côté partisans, Marie Lebec (Ensemble pour la République) indique que le texte « comble surtout des vides juridiques identifiés ». Élisabeth de Maistre (Droite républicaine) défend les règles sur le changement de nom, qui empêchent selon elle « d’effacer un passé judiciaire ». Anne Bergantz (Les Démocrates) juge « que l’équilibre trouvé est le bon ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juin 2026 par des députés LFI, écologistes et socialistes, le Conseil a rendu le 23 juillet 2026 la décision n° 2026-906 DC. Aucune disposition n’est censurée. Il émet des réserves d’interprétation, c’est-à-dire des conditions de lecture sans lesquelles le texte serait inconstitutionnel :
- l’avis du psychiatre à l’origine de l’injonction doit être écrit et motivé (§ 12) ; les parents ou le tuteur d’une personne mineure ou protégée doivent être informés (§ 14 et 26) ;
- la contrainte pour conduire la personne chez le psychiatre ne peut dépasser douze heures (§ 31 et 32) ; tout occupant du logement peut faire appel (§ 33) ;
- le certificat menant à une hospitalisation sans consentement ne peut venir d’un psychiatre de l’hôpital d’accueil (§ 40) ;
- la rétention de sûreté terroriste ne s’applique pas aux personnes condamnées avant la loi ou pour des faits antérieurs (§ 66) ;
- les informations transmises au préfet ne peuvent comporter ni certificats médicaux ni indications sur les soins (§ 79).
Les griefs contre l’allongement de la rétention des étrangers (articles 9 et 10) ont été écartés.
Où en est le texte
La loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026 a été promulguée et publiée au Journal officiel du 28 juillet 2026, selon le dossier législatif.
Sources
- Proposition de loi n° 2180 (texte et exposé des motifs), Assemblée nationale (2 décembre 2025)
- Texte définitif adopté, T.A. n° 315, Assemblée nationale (16 juin 2026)
- Scrutin public n° 7405 sur l’ensemble (texte de la CMP) (16 juin 2026)
- Compte rendu de la séance du 16 juin 2026, Assemblée nationale (16 juin 2026)
- Décision n° 2026-906 DC, Conseil constitutionnel (23 juillet 2026)
- Dossier législatif, Assemblée nationale (27 juillet 2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 161
- Contre
- 67
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 1
- Votants
- 229
- Exprimés
- 228
- Majorité requise
- 115
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 51 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 37 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 38 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 29 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 18 | 0 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 51 dans le décompte
Pour (51) : Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jordan Guitton, Cyril Tribuiani, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Édouard Jordan, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, René Lioret, Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Matthias Renault, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 38 dans le décompte
Pour (37) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Élisabeth Borne, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Guillaume Kasbarian, Didier Le Gac, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Brigitte Liso, Pieyre-Alexandre Anglade, Jean Terlier, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Thomas Gassilloud, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Karl Olive, Laure Miller, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Vincent Caure, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 38 dans le décompte
Contre (38) : Élisa Martin, Jean-Philippe Nilor, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Louis Boyard, Farida Amrani, Paul Vannier, Carlos Martens Bilongo, Antoine Léaument, Thomas Portes, Perceval Gaillard, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Shéhérazade Bentorki, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 17 dans le décompte
Contre (17) : Alain David, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Colette Capdevielle, Gérard Leseul, Iñaki Echaniz, Elie Califer, Martine Froger, Laurent Lhardit, Océane Godard, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Peio Dufau, Denis Fégné, Céline Hervieu
Droite Républicaine 29 dans le décompte
Pour (29) : Vincent Rolland, Laurent Wauquiez, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Michel Barnier, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Christelle Minard, Éric Pauget, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Jérôme End, Ian Boucard, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Justine Gruet, Antoine Vermorel, Thierry Liger, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Alix Fruchon, Cendrine Chazé, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (7) : Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sophie Taillé-Polian, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave
Les Démocrates 19 dans le décompte
Pour (18) : Jean-Carles Grelier, Christophe Blanchet, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Maud Petit, Blandine Brocard, Philippe Latombe, Nicolas Turquois, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Sabine Gervais, Patricia Maussion, Delphine Lingemann, Louise Morel, Hubert Ott, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Abstention (1) : Josy Poueyto
Horizons & Indépendants 20 dans le décompte
Pour (20) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Charlotte Parmentier-Lecocq, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Pierre Henriet, François Gernigon, Xavier Albertini, Félicie Gérard, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Didier Lemaire, Jean-Michel Brard, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (2) : Jean-Luc Warsmann, Estelle Youssouffa
Contre (2) : Paul Molac, Olivier Serva
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Pour (3) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Elsa Faucillon, Marcellin Nadeau
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin