Votes · Scrutin n° 6321 · 5 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 362 de Mme de Pélichy à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Président du groupe "Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par Mme de Pélichy et 14 cosignataires (LIOT) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à renforcer la cohérence de la stratégie de souveraineté industrielle afin de sécuriser l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et de logistique de notre BITD.
L’effort de réarmement porté par ce projet de loi doit être l’occasion de réduire nos dépendances à l’égard d’acteurs extra-européens. Il s’agit d’un enjeu de souveraineté et d’autonomie stratégique pour notre pays. L’ensemble de la chaîne doit être sécurisée, y compris dans ses segments de sous-traitance et dans les fonctions externalisées, notamment le recours à l’intérim. Une vigilance accrue devra également être portée sur les dépendances en matière de services financiers, assurantiels et numériques.
Les armées doivent pouvoir s’appuyer sur une base industrielle robuste, davantage fondée sur des solutions nationales. En miroir, le ministère devra poursuivre son soutien aux entreprises de défense, notamment en leur assurant une meilleure visibilité sur les commandes.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 8, insérer l’alinéa suivant :
« À ce titre, et conformément aux orientations de la Revue nationale stratégique de 2025, la stratégie de souveraineté industrielle du ministère est renforcée afin de garantir l’aptitude de la BITD à répondre aux besoins des armées. Elle intègre l’identification et la réduction des dépendances stratégiques ainsi que la sécurisation de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, y compris dans ses segments externalisés ou sous-traités. Le recours à des solutions nationales et européennes est privilégié à chaque niveau de cette chaîne, afin de limiter les risques liés aux opérateurs extra-européens. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 63
- Contre
- 1
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 2
- Votants
- 69
- Exprimés
- 64
- Majorité requise
- 33
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 5 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Pour | 7 | 1 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 16 dans le décompte
Pour (16) : José Beaurain, Cyril Tribuiani, Joëlle Mélin, Caroline Colombier, Christine Loir, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Roger Chudeau, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Romain Tonussi, Julien Limongi, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Pour (16) : Constance Le Grip, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Corinne Vignon, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Jean-Michel Jacques, Patricia Lemoine, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 5 dans le décompte
Abstention (5) : Bastien Lachaud, Ségolène Amiot, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Pour (9) : Guillaume Garot, Marie Récalde, Isabelle Santiago, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Denis Fégné
Droite Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Louis Thiériot
Les Démocrates 4 dans le décompte
Pour (3) : Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Pour (7) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Michel Criaud, Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Contre (1) : Véronique Ludmann
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (4) : Yannick Favennec-Bécot, Michel Castellani, Audrey Abadie-Amiel, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Jean-Paul Lecoq, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Marc Chavent, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel, Antoine Valentin
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin