Votes · Scrutin n° 6327 · 5 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 285 de Mme Colombier à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par Mme Colombier et 120 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le Grand Nord est en train de devenir un angle mort stratégique de la France.
Alors que la Russie y construit une supériorité militaire durable, que la Chine y projette désormais sa puissance et que les routes maritimes arctiques redessinent les équilibres économiques mondiaux, la France ne dispose toujours pas d’une véritable stratégie de défense pour cette région.
Cette absence de cap stratégique fragilise directement nos intérêts fondamentaux : crédibilité de la dissuasion, sécurité des approvisionnements énergétiques, protection de nos infrastructures critiques et liberté de circulation dans l’Atlantique Nord.
Elle expose également notre pays à un déclassement progressif dans une zone où se joue déjà une part de l’équilibre stratégique euro-atlantique.
Dans un contexte de retour des logiques de puissance, ne pas penser le Grand Nord, c’est accepter de le subir.
Le présent amendement vise donc à mettre fin à cette incohérence stratégique en inscrivant clairement dans la programmation militaire l’élaboration d’une stratégie française dédiée, seule à même de garantir notre autonomie d’appréciation, notre crédibilité opérationnelle et notre capacité d’influence dans cette région décisive.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 10, insérer les deux alinéas suivants :
« Elle permet le lancement d’une stratégie de défense et de sécurité pour le Grand Nord, afin de garantir la liberté d’action de ses forces, de protéger ses intérêts stratégiques et de contribuer à la stabilité de cette région.
« Cette stratégie s’inscrit dans un cadre national, européen et allié, et intègre les évolutions capacitaires nécessaires à l’action dans les environnements de haute latitude. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 54
- Contre
- 93
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 150
- Exprimés
- 147
- Majorité requise
- 74
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 45 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 7 | 3 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 45 dans le décompte
Pour (45) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Cyril Tribuiani, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Christine Loir, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Gabriel Tomatis, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Aurélien Dutremble, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 31 dans le décompte
Contre (30) : Constance Le Grip, Brigitte Klinkert, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Jean-Michel Jacques, Guillaume Gouffier Valente, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Jean-Marie Fiévet, Thomas Gassilloud, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Contre (10) : Bastien Lachaud, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Alma Dufour, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Contre (10) : Guillaume Garot, Marie Récalde, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Denis Fégné
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (7) : Virginie Duby-Muller, Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Élisabeth de Maistre
Abstention (3) : Philippe Gosselin, Patrick Hetzel, Thibault Bazin
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Damien Girard
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (8) : Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Louise Morel, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (13) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Charlotte Parmentier-Lecocq, Pierre Henriet, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Yannick Favennec-Bécot, Paul Molac
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Paul Lecoq, Nicolas Sansu, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (8) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Contre (2) : Sophie Errante, Lionel Vuibert
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Steevy Gustave, Catherine Hervieu
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin