Votes · Scrutin n° 6336 · 5 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 97 de Mme Martinez à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par Mme Martinez et 12 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La mobilité fait partie de la vie d'un militaire et reste un défi pour sa famille. L'explosion des coûts du logement constitue une difficulté supplémentaire. En Île-de-France ou dans des régions attractives, la solde ne suffit souvent pas à couvrir les coûts pour se loger. Des officiers aux militaires du rang, tous les grades sont confrontés à cette difficulté.
La situation est d'autant plus préoccupante qu'un raison de la mobilité, les conjoints de militaires sont souvent sans emploi : la solde devient alors la seule ressource pour faire face à tous les coûts du quotidien, dont le logement.
Le Ministère des Armées n'est pas resté inerte face à ce phénomène et les efforts du Secrétariat Général pour l'Administration doivent être salués. Mais le plan Ambition Logement accuse des retards et des difficultés. Par ailleurs, de trop nombreux logements restent insalubres.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 12 par l’alinéa suivant :
« L’amélioration des conditions de logement des militaires et de leur famille constitue à cet effet un levier majeur d’attractivité et de fidélisation. Malgré des efforts et un plan ambitieux de rénovation, l’offre reste sous-dimensionnée et de trop nombreux logements sont encore vétustes. Les objectifs de construction du plan « Ambition logement » sont maintenus pour développer l’offre. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 59
- Contre
- 86
- Abstention
- 17
- Non-votant
- 2
- Votants
- 162
- Exprimés
- 145
- Majorité requise
- 73
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 50 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 16 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 7 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 50 dans le décompte
Pour (50) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Cyril Tribuiani, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Christine Loir, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Frank Giletti (ancien député), Gabriel Tomatis, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Théo Bernhardt, Aurélien Dutremble, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 32 dans le décompte
Contre (31) : Constance Le Grip, Brigitte Klinkert, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Jean-Michel Jacques, Guillaume Gouffier Valente, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Jean-Marie Fiévet, Thomas Gassilloud, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 16 dans le décompte
Abstention (16) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Jérôme Legavre, Farida Amrani, Paul Vannier, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Pierre-Yves Cadalen, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Contre (11) : Guillaume Garot, Marie Récalde, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (7) : Virginie Duby-Muller, Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Yannick Neuder
Abstention (1) : Thibault Bazin
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Contre (10) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Damien Girard, Steevy Gustave
Les Démocrates 10 dans le décompte
Contre (9) : Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Josy Poueyto, Romain Daubié, Sabine Gervais, Delphine Lingemann, Louise Morel, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (13) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Charlotte Parmentier-Lecocq, Vincent Thiébaut, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Yannick Favennec-Bécot, Paul Molac
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (8) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Nicolas Sansu
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Contre (2) : Sophie Errante, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin