Votes · Scrutin n° 6339 · 5 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 117 de M. Saintoul à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par M. Saintoul et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement de repli du groupe La France insoumise vise à inscrire parmi les priorités de l’actualisation de la loi de programmation militaire l’amélioration de la condition militaire, notamment par une politique de rénovation des infrastructures d’hébergement du ministère des armées.
La vétusté de nombreuses infrastructures d’hébergement, héritées pour certaines de plusieurs décennies, constitue enfin un facteur majeur de dégradation de la condition militaire. Le Haut Comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM), dans son rapport 2025, alerte sur cette situation en soulignant que « le service rendu en matière de soutien commun et d’infrastructures – qu’il s’agisse des locaux de service ou des lieux d’hébergement – n’est toujours pas à la hauteur des exigences de réactivité et de disponibilité qui pèsent sur les militaires ». Si l’ampleur exacte des rénovations nécessaires n’est pas chiffrée, l’actualisation de la loi de programmation militaire doit en faire une priorité.
La gestion du parc locatif du ministère des armées par le prestataire privé Nové est également insatisfaisante à plusieurs égards : les bénéficiaires du dispositif signent en effet une « convention d’occupation précaire » (COP), et non pas un bail d’habitation classique, les excluant de fait de nombreux dispositifs, notamment les aides personnelles au logement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 12 par la phrase suivante :
« Elle se concrétise par le lancement d’une ambitieuse politique de rénovation de logements et de construction d’hébergements afin de permettre des conditions d’hébergement dignes aux personnels du ministère et leurs familles, sans déléguer la gestion de ces hébergements à des acteurs privés ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 37
- Contre
- 68
- Abstention
- 51
- Non-votant
- 2
- Votants
- 156
- Exprimés
- 105
- Majorité requise
- 53
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Abstention | 0 | 0 | 45 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 32 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 13 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Abstention | 0 | 1 | 4 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 45 dans le décompte
Abstention (45) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Cyril Tribuiani, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Stéphane Rambaud, Frank Giletti (ancien député), Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Aurélien Dutremble, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 33 dans le décompte
Contre (32) : Constance Le Grip, Brigitte Klinkert, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Jean-Michel Jacques, Guillaume Gouffier Valente, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Jean-Marie Fiévet, Thomas Gassilloud, Christophe Marion, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 16 dans le décompte
Pour (16) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Jérôme Legavre, Farida Amrani, Paul Vannier, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Pierre-Yves Cadalen, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Pour (11) : Guillaume Garot, Marie Récalde, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné
Droite Républicaine 14 dans le décompte
Contre (13) : Philippe Gosselin, Xavier Breton, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Jean-Louis Thiériot, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Jérôme End, Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Yannick Neuder, Justine Gruet
Abstention (1) : Thibault Bazin
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Dominique Voynet, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Damien Girard, Steevy Gustave
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (8) : Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Romain Daubié, Sabine Gervais, Delphine Lingemann, Louise Morel, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (10) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Anne-Cécile Violland, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Yannick Favennec-Bécot, Paul Molac
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Ricourt Vaginay
Abstention (4) : Christelle D'Intorni, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Édouard Bénard
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (2) : Sophie Errante, Lionel Vuibert
Abstention (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin