Votes · Scrutin n° 6341 · 5 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 122 de M. Lachaud à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par M. Lachaud et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe La France insoumise vise à rappeler que la lutte contre les VSS doit être une des priorités des armées.
Lors de l’examen du texte en commission, il a été déclaré qu’un plan d’excellence comportementale avait été mis en place dans les lycées de la défense en octobre 2025 avec une forte dimension sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, et qu’un plan analogue devait être mis en place avant l’été 2026 pour les officiers et sous-officiers.
Malgré ces discours volontaristes et rassurants, les actes suivent peu. Ainsi, concernant les lycées militaires, un rapport de la Cour des comptes publié en février 2026 est accablant à leur égard : les VSS et le bizutage sont encore présents: près de 10 ans après le lancement du plan d’excellence comportementale dans les lycées (en 2018), « les objectifs fixés ne sont pas atteints ». Ce constat contredit celui du président du comité de suivi du programme de lutte contre les violences sexuelles et sexistes au sein des armées qui, interpellé par notre groupe sur cette question lors d’une audition parlementaire, parlait d’une action « systématique et exemplaire » contre les VSS au sein des armées.
Plutôt que des nouveaux plans d’excellence comportementale, la priorité doit d’abord être d’appliquer les mesures préconisées dans les précédents ; or, selon la Cour des comptes, « leur mise en œuvre est encore insuffisante au vu de la persistance de certains comportements graves constatés par les tutelles des établissements à l’occasion d’inspections régulières. »
La question des VSS dans les armées et de l’égalité professionnelle ne se limitant pas aux lycées, les députés du groupe La France insoumise souhaitent qu’elle soit pleinement incluse dans cette actualisation.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 12, insérer l’alinéa suivant :
« L’actualisation de la loi de programmation militaire fait de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles une priorité, dans les unités comme dans les établissements d’enseignement et de formation relevant du ministère des armées. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 52
- Contre
- 43
- Abstention
- 60
- Non-votant
- 2
- Votants
- 155
- Exprimés
- 95
- Majorité requise
- 48
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Abstention | 0 | 1 | 46 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 2 | 10 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 6 | 0 | 1 | 1 | |
| HOR 35 membres | Pour | 7 | 2 | 4 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 7 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 47 dans le décompte
Contre (1) : Stéphane Rambaud
Abstention (46) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Cyril Tribuiani, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Frank Giletti (ancien député), Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Aurélien Dutremble, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Contre (28) : Constance Le Grip, Brigitte Klinkert, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Jean-Marie Fiévet, Thomas Gassilloud, Christophe Marion, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (15) : Bastien Lachaud, Mathilde Panot, Murielle Lepvraud, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Jérôme Legavre, Farida Amrani, Paul Vannier, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Pierre-Yves Cadalen, Arnaud Saint-Martin, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Pour (11) : Guillaume Garot, Marie Récalde, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (2) : Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Alix Fruchon
Contre (10) : Philippe Gosselin, Xavier Breton, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Jérôme End, Anne-Laure Blin, Justine Gruet, Antoine Vermorel
Abstention (1) : Thibault Bazin
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Dominique Voynet, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Damien Girard, Steevy Gustave
Les Démocrates 8 dans le décompte
Pour (6) : Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Delphine Lingemann, Louise Morel, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Romain Daubié
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Pour (7) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Charlotte Parmentier-Lecocq, Michel Criaud, Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Contre (2) : Véronique Ludmann, Philippe Fait
Abstention (4) : Lise Magnier, Vincent Thiébaut, Christophe Plassard (ancien député), Anne-Cécile Violland
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Paul Molac
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Abstention (7) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (2) : Sophie Errante, Lionel Vuibert
Abstention (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin