Votes · Scrutin n° 6352 · 6 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 154 de M. Saintoul à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par M. Saintoul et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe La France insoumise souhaite mettre en avant la question de la dépendance au pétrole et inscrire dans la présente programmation l’objectif de construire une armée de « l’après-pétrole ».
Comme le souligne le rapport sur les dépendances militaires de la France vis-à-vis de l’étranger des députés Aurélien Saintoul et François Cormier-Bouligeon : « La dépendance énergétique des armées françaises découle des énergies fossiles (pétrole et gaz), pour lesquelles la France ne dispose quasiment pas de production domestique et dépend du marché global et de ses réserves. La consommation liée aux mobilités pour l’ensemble des activités de l’État est dominée par le ministère des Armées, qui concentre 95 % des carburants du fait de systèmes d’armes terre-air-mer très énergivores. » Cette vulnérabilité doit être interrogée.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 25, insérer l’alinéa suivant :
« La dépendance au pétrole sera questionnée et considérablement réduite, et les bases d’une armée de l’après-pétrole seront posées. Cette dépendance, qui concerne la quasi-totalité des matériels militaires constitue en effet l’une des principales vulnérabilités de notre défense, dans un contexte de raréfaction de la ressource et de forte volatilité des prix. S’en extraire exigera des investissements conséquents et impliquera des transformations profondes de la chaîne d’approvisionnement ainsi que des technologies employées. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 26
- Contre
- 77
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 103
- Exprimés
- 103
- Majorité requise
- 52
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 11 | 1 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 2 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 35 dans le décompte
Contre (35) : Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Julien Rancoule, José Gonzalez, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, Thierry Perez, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Constance Le Grip, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Brigitte Liso, Patricia Lemoine, Natalia Pouzyreff, Jean-Marie Fiévet, Thomas Gassilloud, Agnès Pannier-Runacher, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Yannick Chenevard, Danièle Carteron, Alim Latrèche
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 5 dans le décompte
Pour (5) : Bastien Lachaud, Emmanuel Fernandes, Jérôme Legavre, Paul Vannier, Aurélien Saintoul
Socialistes et apparentés 6 dans le décompte
Pour (6) : Guillaume Garot, Anna Pic, Valérie Rossi, Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Céline Hervieu
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (11) : Pouria Amirshahi, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Karim Ben Cheikh, Benjamin Lucas-Lundy, Catherine Hervieu, Damien Girard, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave
Contre (1) : Delphine Batho
Les Démocrates 7 dans le décompte
Pour (2) : Geneviève Darrieussecq, Pascal Lecamp
Contre (5) : Christophe Blanchet, Sabine Thillaye, Josy Poueyto, Delphine Lingemann, Louise Morel
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (6) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Béatrice Bellamy (ancien député)
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Stéphane Viry, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Julien Brugerolles, Mereana Reid Arbelot
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin