Votes · Scrutin n° 6370 · 6 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 593 de M. Jacobelli à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par M. Jacobelli et 12 cosignataires (RN) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 a prévu, dans son rapport annexé, l’attribution d’une allocation forfaitaire exceptionnelle de 4 195 euros au bénéfice des anciens supplétifs de statut civil de droit commun ayant déposé ou renouvelé une demande d’allocation de reconnaissance entre le 5 février 2011 et le 19 décembre 2013.
Cette mesure visait à répondre à une situation particulière : celle de personnes qui, bien qu’ayant accompli les démarches requises dans les délais impartis, n’ont pu bénéficier des dispositifs existants faute d’avoir engagé un recours contentieux à la suite d’une décision de rejet. À ce jour, cette disposition est demeurée sans traduction concrète, laissant subsister une inégalité de traitement entre des situations pourtant comparables.
Le groupe Rassemblement national a souhaité, en commission, conférer à cette mesure une portée normative en l’insérant dans le code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre. Cette initiative s’est toutefois heurtée à l’irrecevabilité financière prévue à l’article 40 de la Constitution.
Le présent amendement vise dès lors à appeler le Gouvernement à agir dans les meilleurs délais afin d’assurer la mise en œuvre effective de cet engagement et de mettre un terme à une situation manifestement inéquitable.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l'alinéa 29 par les mots :
« dans les plus brefs délais ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
En bref
Cette loi ajoute 36 milliards d’euros au budget des armées d’ici à 2030 et révise leurs priorités : munitions, drones, défense aérienne. Elle crée aussi un « état d’alerte de sécurité nationale » qui permet de déroger à certaines règles en cas de menace grave, transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et ouvre un service militaire volontaire. Le texte final a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113. Le Conseil constitutionnel l’a validé et la loi a été promulguée le 16 août 2026.
Pourquoi ce texte
C’est un projet de loi du Gouvernement, présenté par la ministre des armées Catherine Vautrin et déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée) (dossier de l’Assemblée). Il met à jour la loi de programmation militaire de 2023, qui fixe les moyens des armées jusqu’en 2030. Selon l’exposé des motifs, la hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 ».
Devant la commission, la ministre a justifié l’actualisation par la guerre en Ukraine et « les enseignements des quarante jours de conflit au Proche et au Moyen-Orient » : « Nous devons aller plus vite et frapper plus fort », rapporte franceinfo (franceinfo).
Ce qui est voté
D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel :
- budget : les crédits de la mission « Défense » atteignent 436 milliards d’euros sur 2024-2030 ; ils passent de 57,1 milliards en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus en 2023 pour 2030 (article 3) ;
- état d’alerte de sécurité nationale : déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, il permet de déroger à des règles, notamment de construction, d’expropriation ou d’environnement selon franceinfo (article 35, § 84 et 85) ;
- drones : des agents d’opérateurs d’importance vitale (dont les aéroports, selon franceinfo) peuvent neutraliser des drones aux abords de leur site (article 25, § 2 et 3) ;
- renseignement : la surveillance algorithmique des connexions est étendue à la criminalité organisée, et certains agents ou anciens agents doivent déclarer une œuvre avant de la publier (articles 31 et 32, § 17 et 39) ;
- jeunesse : la journée défense et citoyenneté devient « journée de mobilisation » et un service national militaire fondé sur le volontariat est créé (articles 38 et 40).
Ce que ça change pour vous
- Jeunes : la journée obligatoire change de nom et sert aussi à repérer « les aptitudes et les motivations » pour un engagement (article 38) ; son décret est envisagé en décembre 2026.
- Volontaires : un jeune peut servir comme militaire volontaire ; selon franceinfo, ce service rémunéré de dix mois vise surtout les 18-19 ans (franceinfo). Deux décrets du 28 août 2026 l’appliquent déjà (baromètre).
- Contribuables : la trajectoire doit encore être votée chaque année dans le budget, selon franceinfo.
- Riverains de sites de défense : en cas d’état d’alerte, certains projets peuvent être autorisés avec une étude d’incidence environnementale dont le contenu est « adapté aux nécessités de l’urgence » (baromètre ; décret envisagé en décembre 2026).
Ce qui est contesté
L’état d’alerte. Pour Édouard Bénard (GDR), ce régime permet au gouvernement « de s’affranchir davantage du contrôle parlementaire » (compte rendu). Selon franceinfo, la gauche redoutait des critères d’activation « trop flous » (franceinfo). Lise Magnier (Horizons) le défend pour adapter « nos règles du jeu aux guerres hybrides » (compte rendu). Le Conseil constitutionnel juge que les types de menaces visés sont « précisément définis » (§ 84 de la décision).
L’argent et le financement. Selon franceinfo, la socialiste Anna Pic déplore ne rien savoir « des mesures envisagées » pour trouver les 36 milliards (franceinfo). Pour Julien Limongi (RN), la loi de 2023 reposait sur une « trajectoire budgétaire insincère » ; Aurélien Saintoul (LFI) voit dans la hausse « un aveu d’impréparation ou d’insincérité » (compte rendu).
Les points les plus débattus. Le rapport annexé, qui détaille les équipements, a donné lieu à 155 scrutins publics à l’Assemblée, l’article 1er à 22 (données ouvertes de l’Assemblée).
Qui a voté quoi, et pourquoi
Vote sur le texte de la commission mixte paritaire (sept députés et sept sénateurs chargés d’un texte commun), le 1er juillet 2026 (scrutin n° 7905) ; raisons données par chaque groupe en discussion générale (compte rendu) :
- Rassemblement national : pour (97). Julien Limongi : « chaque euro supplémentaire consacré à nos armées est préférable à l’immobilisme » (compte rendu).
- Ensemble pour la République : pour (86). François Cormier-Bouligeon : le texte prépare « sans attendre la guerre de demain » (compte rendu).
- La France insoumise : contre (62). Aurélien Saintoul cite les difficultés du groupe industriel Europlasma comme exemple d’« absence de vision » (compte rendu).
- Socialistes et apparentés : pour (46, 1 contre). Anna Pic juge ces crédits « nécessaires à l’adaptation de notre outil de défense » (compte rendu).
- Droite républicaine : pour (44). Jean-Louis Thiériot : « le vote de cette actualisation est une évidence » (compte rendu).
- Écologiste et social : contre (36, 1 pour, 1 abstention). Damien Girard soutient l’effort mais estime que le texte « méritait un véritable débat parlementaire et non un examen précipité » (compte rendu).
- Les Démocrates : pour (26). Geneviève Darrieussecq : « La France ne peut être ni spectatrice ni dépendante de quelque puissance que ce soit » (compte rendu).
- Horizons & indépendants : pour (35). Lise Magnier : « Ce texte garantit notre crédibilité » (compte rendu).
- Libertés, indépendants, outre-mer et territoires : pour (19). Yannick Favennec-Bécot salue une trajectoire accélérée « pour atteindre près de 70 milliards d’euros dès 2028 » (compte rendu).
- Gauche démocrate et républicaine : contre (14, 1 abstention). Édouard Bénard : « nous entérinerons l’adaptation de notre droit à une logique de guerre » (compte rendu).
- Union des droites pour la République : pour (14). Matthieu Bloch juge les 36 milliards « nécessaires » mais regrette le nombre de frégates (compte rendu).
- Non-inscrits : pour (7).
La majorité va du RN aux socialistes ; seuls LFI, les écologistes et GDR votent contre. En première lecture, le 19 mai 2026, le texte avait obtenu 440 voix contre 122 (scrutin n° 6736).
Ce qu’en disent les médias
- franceinfo (4 mai 2026) rapporte que le service militaire volontaire, d’un coût de 2,3 milliards d’euros sur cinq ans, est jugé inadapté par la gauche, qui y voit une tentative de faire oublier le Service national universel (article).
- franceinfo (1er juillet 2026) indique que le budget militaire annuel doit ainsi atteindre 2,5 % du PIB et que la prochaine présidentielle pourrait conduire à une nouvelle loi de programmation (article).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 6 juillet 2026 par au moins soixante députés, le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités exercées pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte : il faut une « menace grave et actuelle », établie par des éléments matériels, et le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 85 et 86).
- Les requérants voyaient un cavalier législatif (ajout sans lien avec le texte déposé) dans certaines dispositions de l’article 41 ; le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec le texte initial (§ 180).
Où en est le texte
Loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, le service national a déjà ses décrets (28 août 2026) ; ceux sur l’état d’alerte et la journée de mobilisation sont envisagés en décembre 2026.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif et baromètre de l’application des lois (25/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 1er juillet 2026 (01/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
- franceinfo, « Aller plus vite et frapper plus fort » : les députés actualisent la loi de programmation militaire… (04/05/2026)
- franceinfo, « Financement des armées : le Parlement adopte définitivement un budget porté à 436 milliards… » (01/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 25 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 20
- Contre
- 12
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 32
- Exprimés
- 32
- Majorité requise
- 17
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 4 | 2 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 16 dans le décompte
Pour (16) : Marie-France Lorho, José Gonzalez, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Laurent Jacobelli, Frank Giletti (ancien député), Édouard Jordan, Romain Tonussi, Thierry Perez, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Jonathan Gery, Julien Limongi, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 7 dans le décompte
Pour (4) : Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Corinne Vignon, Patricia Lemoine
Contre (2) : Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Yannick Chenevard
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
Socialistes et apparentés 3 dans le décompte
Contre (3) : Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Jean-Louis Thiériot, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Écologiste et Social 2 dans le décompte
Contre (2) : Pouria Amirshahi, Catherine Hervieu
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Contre (1) : Lise Magnier
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin