Votes · Scrutin n° 6382 · 6 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 608 de M. Jacobelli à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par M. Jacobelli et 12 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Dans un contexte de dégradation rapide de l’environnement stratégique en Indo-Pacifique, la France ne peut différer le renforcement de ses capacités dans cette zone où elle dispose d’intérêts souverains majeurs. La situation en Nouvelle-Calédonie, marquée à la fois par des tensions internes récentes et par l’intensification des rivalités de puissance dans son environnement régional, impose une réponse rapide, ciblée et opérationnelle.
Le présent dispositif vise ainsi à traiter, sans délai, les urgences capacitaires identifiées sur le territoire. Il répond à une logique d’efficacité immédiate, en concentrant les moyens sur des investissements directement utiles à la présence, à la surveillance et à la projection des forces. Le renforcement des infrastructures de Chaleix et de La Tontouta, le développement de capacités de drones maritimes, l’acquisition de moyens navals supplémentaires ainsi que la montée en puissance des capacités amphibies participent d’un objectif clair : garantir la crédibilité opérationnelle de la France dans la zone.
Par ailleurs, la création éventuelle d’un point d’appui ou d’un centre de coordination à Singapour s’inscrit dans une logique d’influence et de présence au cœur des dynamiques stratégiques régionales, en lien avec nos partenaires. Elle permettrait à la France de mieux structurer son réseau dans l’Indo-Pacifique et d’y affirmer sa place.
Cet effort, volontairement ciblé et calibré, constitue une première étape indispensable. Il traduit une volonté politique claire : ne pas subir les évolutions du monde, mais s’y adapter rapidement pour défendre nos intérêts, préserver notre rang et assurer la stabilité de nos territoires.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 32, insérer les deux alinéas suivants :
« OUTRE-MER
« La présente actualisation prévoit un fonds de 500 millions d’euros afin de traiter les urgences à court terme en Nouvelle-Calédonie. Cette enveloppe vise à renforcer les capacités d’accueil de la base navale de Chaleix à hauteur de 150 millions d’euros, à créer une base de drones maritimes à hauteur de 100 millions d’euros, à renforcer la base aérienne de La Tontouta à hauteur de 120 millions d’euros, à mettre en place des moyens amphibies spécifiques à hauteur de 50 millions d’euros et à prévoir l’acquisition d’un patrouilleur outre-mer supplémentaire à hauteur de 50 millions d’euros. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 43
- Contre
- 75
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 119
- Exprimés
- 118
- Majorité requise
- 60
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 36 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 27 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 36 dans le décompte
Pour (36) : Marie-France Lorho, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Frank Giletti (ancien député), Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Julien Gabarron, Thierry Perez, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Contre (27) : Constance Le Grip, Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Didier Le Gac, Corinne Vignon, Nicole Dubré-Chirat, Jean-Michel Jacques, Anne Genetet, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Jean-Marie Fiévet, Christophe Marion, Anthony Brosse, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Abstention (1) : Thomas Gassilloud
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Contre (11) : Bastien Lachaud, Sylvain Carrière, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Maxime Laisney, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Mathilde Feld, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Contre (9) : Guillaume Garot, Marie Récalde, Isabelle Santiago, Anna Pic, Dorine Bregman, Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Louis Thiériot, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Lionel Duparay
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Delphine Batho, Pouria Amirshahi, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Damien Girard, Steevy Gustave
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (8) : Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Géraldine Bannier, Romain Daubié, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Didier Padey, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Véronique Ludmann, Philippe Fait
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Édouard Bénard
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin