Votes · Scrutin n° 6391 · 6 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 173 de M. Lachaud à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par M. Lachaud et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe LFI entend rappeler que la création d’une filière nationale de production de munitions de petit calibre constitue une nécessité identifiée de longue date.
Depuis plusieurs années, de nombreuses alertes ont été formulées quant à la dépendance de la France en matière de munitions de petit calibre, notamment s’agissant du calibre 5,56 mm utilisé par les forces armées. Cette dépendance expose notre pays à des risques majeurs en matière de continuité des approvisionnements, en particulier dans un contexte de tensions internationales et de hausse de la demande.
Or, malgré ces alertes répétées, l’État n’a pas engagé, jusqu’à une période récente, les actions nécessaires pour structurer une filière nationale. Les annonces récentes du Gouvernement, évoquant le lancement d’un appel d’offres impliquant plusieurs entreprises européennes, témoignent d’une prise de conscience tardive de cet enjeu.
Dans ce contexte, il apparaît indispensable que la solution retenue garantisse pleinement la souveraineté nationale. Cela implique de privilégier une implantation industrielle sur le territoire français, afin d’assurer la sécurité des approvisionnements, la maîtrise des capacités de production et l’autonomie stratégique des armées.
Cet amendement vise ainsi à réaffirmer l’exigence de souveraineté industrielle dans un domaine critique pour la défense nationale, en cohérence avec les objectifs affichés par la loi de programmation militaire.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin de la première phrase de l'alinéa 38, supprimer les mots :
« grâce à un co-financement des capacités de production prioritaires ».
II. – En conséquence, après la même première phrase du même premier alinéa, insérer la phrase suivante :
« Cet effort porte notamment sur la création d’une filière nationale de production de munitions de petit calibre, qui constitue une nécessité identifiée de longue date et dont l’absence expose notre pays à des risques majeurs en matière de continuité des approvisionnements, en particulier dans un contexte de tensions internationales et de hausse de la demande. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 12
- Contre
- 106
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 119
- Exprimés
- 118
- Majorité requise
- 60
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 31 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 2 | 9 | 1 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 31 dans le décompte
Contre (31) : Frédéric Falcon, Julien Rancoule, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Edwige Diaz (ancien député), Hélène Laporte, Alexandre Sabatou, Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Édouard Jordan, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Julien Gabarron, Thierry Perez, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 29 dans le décompte
Contre (28) : Constance Le Grip, Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Hervé Berville (ancien député), Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Jean-Michel Jacques, Anne Genetet, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Thomas Gassilloud, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Violette Spillebout, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Pour (9) : Bastien Lachaud, Sylvain Carrière, Matthias Tavel, Idir Boumertit, Maxime Laisney, Aurélien Saintoul, Mathilde Feld, Abdelkader Lahmar, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Contre (7) : Guillaume Garot, Anna Pic, Dorine Bregman, Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Lionel Duparay
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (2) : Cyrielle Chatelain, Steevy Gustave
Contre (9) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Damien Girard, Julie Ozenne
Abstention (1) : Boris Tavernier
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (8) : Geneviève Darrieussecq, Géraldine Bannier, Josy Poueyto, Nicolas Turquois, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Didier Padey, Pascal Lecamp
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Contre (11) : Thierry Benoit, Loïc Kervran (ancien député), Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Michel Criaud, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Béatrice Bellamy (ancien député), Benoît Blanchard
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (6) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Édouard Bénard
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Catherine Ibled
Voulait voter Non-votant : Joséphine Missoffe
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin