Votes · Scrutin n° 641 · 27 janvier 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 33 de Mme Batho après l'article 3 de la proposition de loi contre toutes les fraudes aux aides publiques (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Contre toutes les fraudes aux aides publiques Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Batho (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Dans le prolongement des débats lors de l'examen en commission, le présent présent amendement :
– étend aux aides à la pierre le mécanisme d'habilitation et d’encadrement de l’activité des mandataires financiers, qui n’existe aujourd'hui que pour la prime de transition énergétique mais qui n'existe pas pour les aides à la pierre définies à l'article L. 301-2 du code de la construction et de l'habitation. Ces dernières financent des rénovations globales atteignant des montants élevés et sujettes à des comportements frauduleux. Il prévoit un régime de sanction pécuniaire, identique à celui qui s'applique déjà aux mandataires financiers pour la prime de transition énergétique (I).
– créé un régime de publicité des sanctions prononcées vis-à-vis des mandataires financiers qu’il s’agisse de la prime de transition écologique ou des aides à la pierre (I et II) ;
– créé un régime de publicité des sanctions prononcées à l’encontre des assistances à maîtrise d’ouvrage « MonAccompagnateurRénov’» (III)
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – L’article L. 321‑2 du code de la construction et de l’habitation est ainsi rédigé :
« Art. L. 321‑2. – I. – L’Agence nationale de l’habitat habilite les mandataires proposant aux bénéficiaires des aides un accès simplifié à celles-ci. L’exercice de l’activité de mandataire est subordonné à des engagements, notamment de restitution des aides indûment perçues pour le compte du mandant, de déclarations préalables auprès de l’Agence nationale de l’habitat, ou relatifs aux conditions d’exercice de l’activité. L’Agence nationale de l’habitat peut refuser à une personne physique ou morale l’habilitation à exercer un mandat si celle-ci ne présente pas suffisamment de garanties, notamment financières, de compétence, de probité et de moyens appropriés. Ces engagements et garanties sont précisés par décret.
« II. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi donne aux administrations de nouveaux outils contre les fraudes aux aides publiques (aides à la rénovation énergétique, formation professionnelle, certificats d’économies d’énergie…) et encadre le démarchage téléphonique. C’est une proposition de loi déposée le 15 octobre 2024 par Thomas Cazenave et des députés du groupe Ensemble pour la République. D’après la décision du Conseil constitutionnel et le rapporteur en séance, elle prévoit notamment :
- la suspension, pendant trois mois renouvelables une fois, d’une aide publique en cas d’« indices sérieux » de fraude (paragraphes 6 et 7) ;
- davantage d’échanges d’informations entre administrations et un droit d’accès élargi pour l’inspection générale de l’administration (paragraphe 15) ;
- le contrôle des compteurs d’électricité et de gaz par des agents des gestionnaires de réseau (paragraphe 39) ;
- des sanctions plus lourdes et la publication des sanctions visant certaines entreprises ;
- l’interdiction du démarchage téléphonique sans consentement explicite.
Ce que ça change
Selon le rapporteur Thomas Cazenave, les fraudes aux aides publiques représentent « un montant estimé à environ 1,6 milliard d’euros chaque année ». Il indique que l’escroquerie en bande organisée aux finances publiques pourra devenir un crime puni de quinze ans de prison (compte rendu du 14 mai 2025). Pour les particuliers, Delphine Batho résume la nouvelle règle : nul ne peut être démarché par téléphone « s’il n’a pas donné un consentement explicite ». La suspension d’une aide ne vise pas les prestations sociales versées par les caisses de sécurité sociale ou le RSA, qui ont leurs propres règles (paragraphe 9 de la décision).
Ce qui est contesté
Aucun groupe n’a voté contre. En première lecture, le 27 janvier 2025, le texte a été adopté par 131 voix contre 0, La France insoumise s’abstenant (17 abstentions). Le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) a été adopté le 14 mai 2025 sans scrutin public. En première lecture, les articles 3 et 4 de la proposition ont concentré le plus de scrutins publics (10 et 6).
Claire Lejeune (LFI) annonce une nouvelle abstention. Elle voit dans le texte « un risque d’extension de l’arbitraire » de l’administration, « à rebours » de la présomption d’innocence, et regrette qu’il ne traite pas de la fraude aux crédits d’impôt et aux exonérations fiscales. Marie-Noëlle Battistel (Socialistes) vote pour mais regrette « les renoncements au sujet du démarchage téléphonique ». Emmanuel Maurel juge le texte « déséquilibré et incomplet » tout en le votant.
Côté partisans, Paul Midy (Ensemble pour la République) affirme que « la fraude sociale et fiscale, c’est du vol ». Sophie Mette (Démocrates) estime que ce phénomène « demeurait un angle mort ». La ministre Amélie de Montchalin soutient le texte au nom du Gouvernement.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 26 mai 2025 par des députés LFI, le Conseil a rendu sa décision le 26 juin 2025.
- Censurés comme « cavaliers législatifs » (ajouts sans lien avec le texte initial) : la fin de tout effacement, en cas de surendettement, des dettes nées d’aides sociales versées à tort (article 3) ; l’obligation de répondre par voie électronique au fisc et aux douanes (article 6) ; les techniques d’enquête de la criminalité organisée pour l’escroquerie en bande organisée (article 12) ; de nouveaux motifs de refus d’enregistrement des organismes de formation (article 20) (paragraphes 36 à 38 et 59 à 66).
- Validée : la suspension d’une aide pendant trois mois, qui n’est pas une « punition » mais une mesure conservatoire et laisse ouverts les recours (paragraphes 12 et 13).
- Validés aussi : l’accès de l’inspection générale de l’administration aux données (paragraphe 27) et le contrôle des compteurs, qui ne permet pas d’entrer dans un domicile « hors la présence et sans l’assentiment de son occupant » (paragraphe 56).
Où en est le texte
La loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 a été publiée au Journal officiel du 1er juillet 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (30/06/2025)
- Proposition de loi n° 447 (15/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 14 mai 2025 (lecture du texte de la CMP) (14/05/2025)
- Scrutin n° 653 sur l’ensemble en première lecture (27/01/2025)
- Décision n° 2025-887 DC du Conseil constitutionnel (26/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 96
- Contre
- 0
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 99
- Exprimés
- 96
- Majorité requise
- 49
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Pour | 31 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 95 membres | Pour | 31 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 2 | 0 | 1 | 1 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 2 | 0 | 2 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 31 dans le décompte
Pour (31) : Hervé de Lépinau, Nicolas Meizonnet, Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Bryan Masson (ancien député), Timothée Houssin, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Michel Guiniot, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Frédéric Boccaletti, Pascal Markowsky, Sylvie Josserand (ancien député), Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Arnaud Sanvert (ancien député), Julien Limongi
Ensemble pour la République 32 dans le décompte
Pour (31) : Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Lionel Causse, Anne Genetet, Roland Lescure (ancien député), Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Marie Lebec, Natalia Pouzyreff, Jean-Luc Fugit, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Paul Midy, Bastien Marchive, Prisca Thevenot, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 8 dans le décompte
Pour (8) : Mathilde Panot, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Jean-François Coulomme, Pierre-Yves Cadalen, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 1 dans le décompte
Pour (1) : Chantal Jourdan
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Pour (2) : Jean-Pierre Vigier, Nicolas Ray
Abstention (1) : Virginie Duby-Muller
Non-votant (1) : Xavier Breton
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Delphine Batho, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Emmanuel Duplessy
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (5) : Sophie Mette, Romain Daubié, Mickaël Cosson, Hubert Ott, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Pour (3) : Thierry Benoit, Félicie Gérard, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (5) : Christophe Naegelen, Laurent Panifous (ancien député), David Taupiac, Stéphane Lenormand, Martine Froger
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean-Paul Lecoq
UDR 4 dans le décompte
Pour (2) : Bartolomé Lenoir, Éric Michoux
Abstention (2) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin