Votes · Scrutin n° 6426 · 7 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 529 de M. Limongi à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par M. Limongi et 120 cosignataires (RN) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à assouplir la rédaction relative aux modalités de coopération envisagées dans le cadre du développement du segment de frappe dans la profondeur.
S’il est pertinent d’envisager des coopérations internationales, il apparaît inadapté de privilégier dès à présent des partenariats spécifiques dans un domaine aussi structurant, au risque de restreindre la liberté d’appréciation de la France.
À cet égard, les programmes menés en coopération avec l’Allemagne ont été marqués par des échecs répétés, causés par des divergences d’ambition, des difficultés de gouvernance et des retards significatifs, que nous dénonçons depuis longtemps.
À l’inverse, la relation de défense avec le Royaume-Uni s’est illustrée par des coopérations opérationnelles exigeantes et efficaces, fondées sur une convergence stratégique et un haut niveau d’engagement.
Dans ce contexte, il apparaît préférable de conserver une rédaction ouverte, permettant d’envisager des coopérations adaptées aux intérêts nationaux, tout en préservant la pleine autonomie de décision de la France dans la conduite de ses programmes.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rédiger ainsi la seconde phrase de l'alinéa 56 :
« Des coopérations pourront être engagées avec nos partenaires, notamment le Royaume-Uni, dans le respect des intérêts stratégiques et de l’autonomie de décision de la France. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 41
- Contre
- 18
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 61
- Exprimés
- 59
- Majorité requise
- 30
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 14 | 3 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 3 | 0 | 2 | 1 | |
| HOR 35 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 17 dans le décompte
Pour (17) : Emmanuel Blairy, José Gonzalez, Edwige Diaz (ancien député), Christophe Bentz, Alexandre Sabatou, Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Frank Giletti (ancien député), Édouard Jordan, Romain Tonussi, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, Julien Limongi, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Pour (14) : François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Corinne Vignon, Jean-Michel Jacques, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien
Contre (3) : Olga Givernet, Anne Genetet, Charles Sitzenstuhl
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 6 dans le décompte
Contre (6) : Bastien Lachaud, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 4 dans le décompte
Contre (4) : Guillaume Garot, Anna Pic, Sébastien Saint-Pasteur, Florence Herouin-Léautey
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Corentin Le Fur
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Contre (5) : Delphine Batho, Charles Fournier, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Damien Girard
Les Démocrates 6 dans le décompte
Pour (3) : Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Pascal Lecamp
Abstention (2) : Sabine Thillaye, Romain Daubié
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Pour (4) : Lise Magnier, Michel Criaud, Véronique Ludmann, Béatrice Bellamy (ancien député)
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin