Votes · Scrutin n° 6429 · 7 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 544 de M. Limongi à l'article premier et rapport annexé du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Président du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · RAPPORT ANNEXÉ
Amendement déposé par M. Limongi et 120 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à souligner l’importance stratégique des capacités de transit maritime dans la chaîne logistique des armées.
Les travaux conduits dans le cadre de la mission d’information sur les mobilités stratégiques ont mis en évidence le rôle central des capacités nationales de projection et de manutention stratégique. À cet égard, certaines capacités spécifiques, telles que celles mises en œuvre par le 519e régiment du train et son parc de levage, constituent un atout rare au niveau européen.
Près des deux tiers du fret militaire transitent chaque année par ses plateformes de projection, confirmant le caractère essentiel de ces moyens pour la continuité des opérations et la projection des forces.
Dans un contexte de haute intensité et de tension accrue sur les chaînes logistiques, le renforcement des capacités de transit maritime apparaît indispensable pour garantir la résilience et la réactivité du modèle d’armée.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l'alinéa 57 par la phrase suivante :
« Les capacités de transit maritime sont renforcées, afin de garantir la continuité et la robustesse des flux opérationnels entre le territoire national, les théâtres d’engagement et les espaces d’intérêt stratégique, notamment en situation de crise ou d’engagement de haute intensité. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte RAPPORT ANNEXÉ : 155 scrutins publics, dont 13 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 17
- Contre
- 44
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 1
- Votants
- 63
- Exprimés
- 61
- Majorité requise
- 31
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 2 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 15 dans le décompte
Pour (15) : Marine Le Pen, José Gonzalez, Philippe Ballard, Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Édouard Jordan, Romain Tonussi, Thibaut Monnier, Anthony Boulogne, Julien Limongi, Catherine Rimbert
Ensemble pour la République 23 dans le décompte
Contre (22) : Constance Le Grip, Sylvain Maillard, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Jean-Michel Jacques, Jean Terlier, Patricia Lemoine, Natalia Pouzyreff, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Karl Olive, Yannick Chenevard, Prisca Thevenot
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 2 dans le décompte
Abstention (2) : Bastien Lachaud, Laurent Alexandre
Socialistes et apparentés 2 dans le décompte
Contre (2) : Sébastien Saint-Pasteur, Céline Hervieu
Droite Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député)
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Contre (4) : Delphine Batho, Charles Fournier, Catherine Hervieu, Damien Girard
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Christophe Blanchet, Geneviève Darrieussecq, Cyrille Isaac-Sibille, Éric Martineau, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Lise Magnier, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Béatrice Bellamy (ancien député), Thomas Lam
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Édouard Bénard
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Pour (2) : Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin