Votes · Scrutin n° 6590 · 13 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 118 de Mme Pochon à l'article 4 de la proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine (première lecture).
Dossier : Pour une montagne vivante et souveraine · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Pour une montagne vivante et souveraine Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pochon et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement de repli du groupe Écologiste et social vise à établir un ordre de priorité de l’utilisation de la ressource en eau à travers les retenues collinaires multi-usages.
Les territoires de montagne se situent aujourd'hui en première ligne du dérèglement climatique, qui y produit des effets plus rapides et plus intenses qu’ailleurs. Les conséquences de ce réchauffement sont profondes et cumulatives : la fonte des glaciers et le dégel du pergélisol fragilisent la stabilité des massifs, le cycle de l’eau est profondément perturbé, la biodiversité est fortement affectée, les activités humaines sont aussi directement touchées. Le modèle touristique, pilier économique des territoires de montagne, est lui aussi fragilisé, en particulier en raison de sa dépendance à l’enneigement.
Dans ce contexte, la ressource en eau devient un enjeu central et de plus en plus conflictuel. Sollicitée pour des usages multiples (eau potable, agriculture, hydroélectricité, tourisme), elle se raréfie et impose des arbitrages croissants, en particulier entre besoins vitaux et usages liés au modèle touristique. Il est donc nécessaire de hiérarchiser les usages de l’eau, en priorisant les usages essentiels tout en assurant le bon état écologique des milieux.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À la fin de la première phrase de l’alinéa 2, substituer aux mots :
« pour l’accès à l’eau potable, la sécurité civile, la préservation de la biodiversité et des milieux naturels, l’irrigation des sols et l’abreuvement du bétail, l’industrie, la production d’électricité et les loisirs de neige, en excluant le pompage dans les nappes inertielles »,
les mots :
« , en excluant le pompage dans les nappes inertielles, adossée à une hiérarchisation stricte des usages donnant la priorité à l’accès à l’eau potable, à la sécurité civile, aux besoins agricoles essentiels, à l’industrie et la production d’électricité et en assurant la préservation du bon état des milieux aquatiques ».
II. – En conséquence, supprimer la seconde phrase du même alinéa 2.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 14 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de Jean-Pierre Vigier (Droite républicaine) et plusieurs de ses collègues, déposée le 27 mars 2026 à l’Assemblée. Douze articles au départ, vingt à l’arrivée (décision du Conseil constitutionnel, § 38). Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- école : concertation avec les communes avant d’ouvrir ou fermer des classes ; en montagne, seuils adaptés à l’isolement et aux temps de transport ;
- santé : le projet régional de santé doit garantir l’accès aux soins (urgences, maternité…) « dans des délais raisonnables », par voie aérienne dans les zones très enclavées ;
- eau : l’État favorise une politique de « stockage » de l’eau, pour des usages listés sans ordre de priorité (eau potable, irrigation, bétail, industrie, électricité, neige de loisirs…), sans pompage dans les nappes inertielles ;
- urbanisme : règle de construction en continuité de l’existant assouplie, chalets d’alpage en ruine reconstructibles pour le pastoralisme, dérogations à la loi « littoral » autour des grands lacs ;
- intercommunalités : une commission montagne consultée avant les décisions qui touchent ces communes.
Ce que ça change
Les mesures visent les communes classées en zone de montagne : leurs élus (classes, intercommunalités), leurs habitants (soins), les porteurs de projets (urbanisme). Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, un décret reste attendu, avec une publication envisagée en juin 2027 sur les ouvrages de protection contre les inondations. Le report de 2027 à 2030 d’une interdiction d’étendre l’urbanisation vise les communes de Corse sans document d’urbanisme (§ 41 de la décision).
Ce qui est contesté
Première lecture, le 13 mai 2026 : 42 voix pour, 11 contre (scrutin n° 6645). Texte final, le 20 juillet 2026 : 376 voix pour, 92 contre (scrutin n° 8421). Ont voté contre La France insoumise (63 voix) et les Écologistes (29 contre, 1 abstention). Les autres groupes ont voté pour, dont les Socialistes (42 pour, 1 abstention).
- Pour LFI, Sylvie Ferrer reproche au texte d’assouplir l’urbanisme et de permettre le stockage de l’eau « au principal bénéfice des acteurs économiques » : « Ce texte obéit à une logique de dérégulation ».
- Pour les Écologistes, Marie Pochon critique l’absence de hiérarchie entre les usages de l’eau, les dérogations à la loi « littoral » et le manque de moyens : « une ambition sans moyens n’est qu’une belle intention ».
- Le rapporteur Jean-Pierre Vigier défend une démarche menée avec l’Association nationale des élus de la montagne : « Ce texte n’a pas de couleur politique, parce que la montagne n’en a pas. »
- Pour Horizons, Xavier Roseren met en avant les classes et l’accès aux soins. Pour le RN, Alexis Jolly juge le texte insuffisant mais le vote : « Nous refusons cette écologie du refus permanent. »
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 4 sur le stockage de l’eau (14 scrutins), devant l’article 6 sur la continuité de l’urbanisation (10 scrutins).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juillet 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-912 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) ne figure dans le dispositif.
- Stockage de l’eau (article 5 de la loi) : objectif « programmatique », « pas manifestement inadéquat » au droit à un environnement équilibré (§ 7 et 8).
- Continuité de l’urbanisation (article 7) : motif d’intérêt général ; seules des constructions séparées de l’existant par une « coupure physique de faible importance » sont permises (§ 16 à 21).
- Dérogations à la loi « littoral » (article 8) : limitées à certains secteurs, hors de la bande des cent mètres (§ 28 à 33).
- Report en Corse (article 10) : pas un « cavalier législatif » (mesure sans lien avec le texte initial), car lié à la continuité de l’urbanisation (§ 41 à 43).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-797 du 18 août 2026 pour une montagne vivante et souveraine, publiée au Journal officiel du 19 août 2026.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 2595 (27/03/2026)
- Texte adopté n° 336 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 6645 (première lecture) (13/05/2026)
- Scrutin n° 8421 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (20/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-912 DC (14/08/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 12
- Contre
- 27
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 39
- Exprimés
- 39
- Majorité requise
- 20
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 3 | 1 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 10 dans le décompte
Contre (10) : Frédéric Falcon, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Matthieu Marchio, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Bruno Clavet, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil
Ensemble pour la République 4 dans le décompte
Contre (3) : Olivia Grégoire, Françoise Buffet, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 3 dans le décompte
Pour (3) : François Piquemal, Sylvie Ferrer, Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 4 dans le décompte
Pour (3) : Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Romain Eskenazi
Contre (1) : Sophie Pantel
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Descoeur, Jean-Pierre Vigier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Hubert Brigand, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Marie Pochon, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Julie Ozenne
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (4) : Laurent Marcangeli, Michel Criaud, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Laurent Mazaury
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Christelle D'Intorni, Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin