Votes · Scrutin n° 6601 · 13 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 25 de M. Jolly à l'article 5 de la proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine (première lecture).
Dossier : Pour une montagne vivante et souveraine · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Pour une montagne vivante et souveraine Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Jolly (RN) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à adapter le déploiement des infrastructures de recharge électrique aux usages spécifiques des territoires de montagne.
Dans ces territoires, les véhicules sont généralement stationnés sur des durées longues, notamment dans les stations touristiques, les hébergements ou les parkings de départ d’activités. Les besoins portent donc davantage sur un maillage dense et accessible de bornes de recharge que sur le déploiement prioritaire d’infrastructures de recharge rapide.
Par ailleurs, les bornes rapides présentent des coûts d’installation et de raccordement élevés, qui ne correspondent pas toujours aux besoins réels des territoires de montagne.
Le présent amendement propose ainsi de privilégier une approche pragmatique, fondée sur l’accessibilité et l’adaptation aux usages, afin de favoriser le développement des mobilités électriques dans ces territoires.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la fin de l’article 5, substituer aux mots :
« privilégie les infrastructures de recharges électriques rapides prioritairement dans les territoires comprenant des zones de montagne au sens de l’article 3 de la loi n° 85‑30 du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne »
les mots :
« veille à assurer un maillage équilibré et accessible des infrastructures de recharge électrique dans les territoires comprenant des zones de montagne, en tenant compte des spécificités géographiques, climatiques et touristiques de ces territoires, notamment en favorisant les solutions de recharge adaptées aux durées de stationnement prolongées. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 5 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de Jean-Pierre Vigier (Droite républicaine) et plusieurs de ses collègues, déposée le 27 mars 2026 à l’Assemblée. Douze articles au départ, vingt à l’arrivée (décision du Conseil constitutionnel, § 38). Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- école : concertation avec les communes avant d’ouvrir ou fermer des classes ; en montagne, seuils adaptés à l’isolement et aux temps de transport ;
- santé : le projet régional de santé doit garantir l’accès aux soins (urgences, maternité…) « dans des délais raisonnables », par voie aérienne dans les zones très enclavées ;
- eau : l’État favorise une politique de « stockage » de l’eau, pour des usages listés sans ordre de priorité (eau potable, irrigation, bétail, industrie, électricité, neige de loisirs…), sans pompage dans les nappes inertielles ;
- urbanisme : règle de construction en continuité de l’existant assouplie, chalets d’alpage en ruine reconstructibles pour le pastoralisme, dérogations à la loi « littoral » autour des grands lacs ;
- intercommunalités : une commission montagne consultée avant les décisions qui touchent ces communes.
Ce que ça change
Les mesures visent les communes classées en zone de montagne : leurs élus (classes, intercommunalités), leurs habitants (soins), les porteurs de projets (urbanisme). Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, un décret reste attendu, avec une publication envisagée en juin 2027 sur les ouvrages de protection contre les inondations. Le report de 2027 à 2030 d’une interdiction d’étendre l’urbanisation vise les communes de Corse sans document d’urbanisme (§ 41 de la décision).
Ce qui est contesté
Première lecture, le 13 mai 2026 : 42 voix pour, 11 contre (scrutin n° 6645). Texte final, le 20 juillet 2026 : 376 voix pour, 92 contre (scrutin n° 8421). Ont voté contre La France insoumise (63 voix) et les Écologistes (29 contre, 1 abstention). Les autres groupes ont voté pour, dont les Socialistes (42 pour, 1 abstention).
- Pour LFI, Sylvie Ferrer reproche au texte d’assouplir l’urbanisme et de permettre le stockage de l’eau « au principal bénéfice des acteurs économiques » : « Ce texte obéit à une logique de dérégulation ».
- Pour les Écologistes, Marie Pochon critique l’absence de hiérarchie entre les usages de l’eau, les dérogations à la loi « littoral » et le manque de moyens : « une ambition sans moyens n’est qu’une belle intention ».
- Le rapporteur Jean-Pierre Vigier défend une démarche menée avec l’Association nationale des élus de la montagne : « Ce texte n’a pas de couleur politique, parce que la montagne n’en a pas. »
- Pour Horizons, Xavier Roseren met en avant les classes et l’accès aux soins. Pour le RN, Alexis Jolly juge le texte insuffisant mais le vote : « Nous refusons cette écologie du refus permanent. »
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 4 sur le stockage de l’eau (14 scrutins), devant l’article 6 sur la continuité de l’urbanisation (10 scrutins).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juillet 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-912 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) ne figure dans le dispositif.
- Stockage de l’eau (article 5 de la loi) : objectif « programmatique », « pas manifestement inadéquat » au droit à un environnement équilibré (§ 7 et 8).
- Continuité de l’urbanisation (article 7) : motif d’intérêt général ; seules des constructions séparées de l’existant par une « coupure physique de faible importance » sont permises (§ 16 à 21).
- Dérogations à la loi « littoral » (article 8) : limitées à certains secteurs, hors de la bande des cent mètres (§ 28 à 33).
- Report en Corse (article 10) : pas un « cavalier législatif » (mesure sans lien avec le texte initial), car lié à la continuité de l’urbanisation (§ 41 à 43).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-797 du 18 août 2026 pour une montagne vivante et souveraine, publiée au Journal officiel du 19 août 2026.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 2595 (27/03/2026)
- Texte adopté n° 336 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 6645 (première lecture) (13/05/2026)
- Scrutin n° 8421 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (20/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-912 DC (14/08/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 30
- Contre
- 15
- Abstention
- 7
- Non-votant
- 2
- Votants
- 52
- Exprimés
- 45
- Majorité requise
- 23
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 1 | |
| SOC 68 membres | Contre | 1 | 9 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 4 | 3 | 0 | |
| DEM 37 membres | Abstention | 1 | 0 | 2 | 0 | |
| HOR 35 membres | Abstention | 1 | 0 | 2 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 13 dans le décompte
Pour (13) : Frédéric Falcon, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Matthieu Marchio, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Bruno Clavet, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Tiffany Joncour
Ensemble pour la République 4 dans le décompte
Pour (3) : Olivia Grégoire, Françoise Buffet, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 1 dans le décompte
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (1) : Sophie Pantel
Contre (9) : Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Iñaki Echaniz, Dorine Bregman, Marie-José Allemand, Denis Fégné, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Pour (6) : Vincent Descoeur, Jean-Pierre Vigier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Hubert Brigand, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (4) : Marie Pochon, Jean-Claude Raux, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave
Abstention (3) : Sandra Regol, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Pour (1) : Didier Padey
Abstention (2) : Carole Guillerm, Cyrille Isaac-Sibille
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Pour (1) : Benoît Blanchard
Abstention (2) : Michel Criaud, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Julien Brugerolles
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin