Votes · Scrutin n° 6616 · 13 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 131 de Mme Pochon après l'article 6 de la proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine (première lecture).
Dossier : Pour une montagne vivante et souveraine · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 6
- Texte
- Pour une montagne vivante et souveraine Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pochon et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La proposition de loi fonde son diagnostic sur un constat juste : les montagnes sont en première ligne du changement climatique. Son exposé des motifs s’ouvre d’ailleurs sur le recul des glaciers, l’effondrement des roches et la raréfaction de la neige, en rappelant que les territoires de montagne se réchauffent plus vite que le reste du territoire national.
Pourtant, le texte ne prévoit aucune mesure spécifique de protection des glaciers. Cette absence est d’autant plus problématique que les glaciers constituent des écosystèmes riches, fragiles et essentiels. Ils jouent un rôle fondamental pour le climat, le cycle de l’eau et la biodiversité. Ils constituent des réserves d’eau douce qui alimentent les grands fleuves, les villes, les activités agricoles et certains systèmes énergétiques. Leur disparition modifiera profondément les ressources en eau disponibles, leur saisonnalité et leur coût d’accès. Les glaciers ne peuvent donc pas être considérés comme de simples supports paysagers ou touristiques. Ils sont à la fois des indicateurs du dérèglement climatique, des victimes de ce dérèglement et des composantes essentielles des équilibres écologiques de haute montagne. Le cadre juridique actuel demeure lacunaire : les glaciers ne font l’objet d’aucune protection spécifique, ni dans le code de l’environnement, ni dans la loi Montagne de 2026.
Cette situation contraste avec les engagements pris par la France, notamment dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité, qui prévoit la mise en protection forte des glaciers à horizon 2030. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 122‑12 du code de l’urbanisme, il est inséré un article L. 122‑12‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 122‑12‑1. – Dans les communes classées en zone de montagne, les glaciers, les milieux périglaciaires et les écosystèmes post-glaciaires sont protégés au titre de leur rôle écologique, hydrologique, climatique, paysager, culturel et scientifique.
« Dans ces espaces, les travaux, installations, constructions, aménagements ou équipements nouveaux sont interdits, sauf dérogation strictement encadrée dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État.
« Ces dérogations ne peuvent être accordées que pour des motifs d’intérêt public majeur, notamment liés à la sécurité des personnes, à la prévention des risques naturels, à la recherche scientifique, au suivi environnemental ou à la restauration écologique, et sous réserve de l’absence de solution alternative satisfaisante. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de Jean-Pierre Vigier (Droite républicaine) et plusieurs de ses collègues, déposée le 27 mars 2026 à l’Assemblée. Douze articles au départ, vingt à l’arrivée (décision du Conseil constitutionnel, § 38). Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- école : concertation avec les communes avant d’ouvrir ou fermer des classes ; en montagne, seuils adaptés à l’isolement et aux temps de transport ;
- santé : le projet régional de santé doit garantir l’accès aux soins (urgences, maternité…) « dans des délais raisonnables », par voie aérienne dans les zones très enclavées ;
- eau : l’État favorise une politique de « stockage » de l’eau, pour des usages listés sans ordre de priorité (eau potable, irrigation, bétail, industrie, électricité, neige de loisirs…), sans pompage dans les nappes inertielles ;
- urbanisme : règle de construction en continuité de l’existant assouplie, chalets d’alpage en ruine reconstructibles pour le pastoralisme, dérogations à la loi « littoral » autour des grands lacs ;
- intercommunalités : une commission montagne consultée avant les décisions qui touchent ces communes.
Ce que ça change
Les mesures visent les communes classées en zone de montagne : leurs élus (classes, intercommunalités), leurs habitants (soins), les porteurs de projets (urbanisme). Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, un décret reste attendu, avec une publication envisagée en juin 2027 sur les ouvrages de protection contre les inondations. Le report de 2027 à 2030 d’une interdiction d’étendre l’urbanisation vise les communes de Corse sans document d’urbanisme (§ 41 de la décision).
Ce qui est contesté
Première lecture, le 13 mai 2026 : 42 voix pour, 11 contre (scrutin n° 6645). Texte final, le 20 juillet 2026 : 376 voix pour, 92 contre (scrutin n° 8421). Ont voté contre La France insoumise (63 voix) et les Écologistes (29 contre, 1 abstention). Les autres groupes ont voté pour, dont les Socialistes (42 pour, 1 abstention).
- Pour LFI, Sylvie Ferrer reproche au texte d’assouplir l’urbanisme et de permettre le stockage de l’eau « au principal bénéfice des acteurs économiques » : « Ce texte obéit à une logique de dérégulation ».
- Pour les Écologistes, Marie Pochon critique l’absence de hiérarchie entre les usages de l’eau, les dérogations à la loi « littoral » et le manque de moyens : « une ambition sans moyens n’est qu’une belle intention ».
- Le rapporteur Jean-Pierre Vigier défend une démarche menée avec l’Association nationale des élus de la montagne : « Ce texte n’a pas de couleur politique, parce que la montagne n’en a pas. »
- Pour Horizons, Xavier Roseren met en avant les classes et l’accès aux soins. Pour le RN, Alexis Jolly juge le texte insuffisant mais le vote : « Nous refusons cette écologie du refus permanent. »
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 4 sur le stockage de l’eau (14 scrutins), devant l’article 6 sur la continuité de l’urbanisation (10 scrutins).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juillet 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-912 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) ne figure dans le dispositif.
- Stockage de l’eau (article 5 de la loi) : objectif « programmatique », « pas manifestement inadéquat » au droit à un environnement équilibré (§ 7 et 8).
- Continuité de l’urbanisation (article 7) : motif d’intérêt général ; seules des constructions séparées de l’existant par une « coupure physique de faible importance » sont permises (§ 16 à 21).
- Dérogations à la loi « littoral » (article 8) : limitées à certains secteurs, hors de la bande des cent mètres (§ 28 à 33).
- Report en Corse (article 10) : pas un « cavalier législatif » (mesure sans lien avec le texte initial), car lié à la continuité de l’urbanisation (§ 41 à 43).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-797 du 18 août 2026 pour une montagne vivante et souveraine, publiée au Journal officiel du 19 août 2026.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 2595 (27/03/2026)
- Texte adopté n° 336 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 6645 (première lecture) (13/05/2026)
- Scrutin n° 8421 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (20/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-912 DC (14/08/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 23
- Contre
- 37
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 60
- Exprimés
- 60
- Majorité requise
- 31
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 6 | 1 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 14 dans le décompte
Contre (14) : Frédéric Falcon, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Matthieu Marchio, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Gabriel Tomatis, Bruno Clavet, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, Tiffany Joncour
Ensemble pour la République 4 dans le décompte
Contre (3) : Olivia Grégoire, Françoise Buffet, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Pour (9) : Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Damien Maudet, Aurélien Saintoul
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (6) : Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Dorine Bregman, Marie-José Allemand, Romain Eskenazi
Contre (1) : Sophie Pantel
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Descoeur, Jean-Pierre Vigier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Hubert Brigand, François-Xavier Ceccoli
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Marie Pochon, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Contre (3) : Carole Guillerm, Cyrille Isaac-Sibille, Didier Padey
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Laurent Marcangeli, Vincent Thiébaut, Michel Criaud, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Laurent Mazaury
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicolas Sansu, Julien Brugerolles
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin