Votes · Scrutin n° 6633 · 13 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 144 de Mme Pochon après l'article 7 bis de la proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine (première lecture).
Dossier : Pour une montagne vivante et souveraine · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 7 bis
- Texte
- Pour une montagne vivante et souveraine Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pochon et 35 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’objet de cet amendement est de définir les abattoirs paysans, pour pouvoir par la suite y adosser des politiques volontaristes afin de les développer.
La France compte environ 230 abattoirs d’animaux de boucherie, soit 18 fois moins qu’en Allemagne, 13 fois moins qu’en Autriche ou encore 7 fois moins qu’en Italie. Il existe ainsi un abattoir pour 70 000 unités gros bétail élevées en France, contre un abattoir pour 1 000 à 10 000 unités de gros bétail élevées en Allemagne, en Autriche ou en Italie.
Face au manque de solutions d’abattage, de nombreux éleveurs et éleveuses se sont mobilisés pour maintenir en place des abattoirs ou en créer de nouveaux. Il peut s’agir de la reprise d’abattoirs fixes menacés de faillite ou en faillite (ex : Le Vigan dans le Gard, Guillestre dans les Hautes-Alpes, Rostrenen dans les Côtes d’Armor), de la création de nouveaux abattoirs fixes (ex : Saint-Auban l’Ouvèze dans la Drôme), ou encore de la création d’outils d’abattage mobile ou semi-mobiles – qui est à l’étude dans une vingtaine de territoires depuis l’expérimentation sur les abattoirs mobiles instaurée par la loi du 30 octobre 2018 pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, dite « loi EGALIM 1 ».
La participation des éleveurs et éleveuses à la gouvernance, voire au fonctionnement des abattoirs, permet une meilleure adéquation de l’offre d’abattage avec les besoins exprimés sur le territoire (en particulier pour l’approvisionnement des filières territorialisées et des circuits courts) et une réappropriation par les éleveurs et éleveuses de cette phase ultime de l’élevage qu’est la mise à mort des animaux. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 654‑3‑2 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un article L. 654‑3‑3 ainsi rédigé :
« Art. L. 654‑3‑3 – Un abattoir paysan, fixe ou mobile, est un abattoir dont la gouvernance garantit une place décisionnelle majoritaire et directe aux agriculteurs du territoire, exerçant une activité d’élevage, qui en sont utilisateurs. Il s’approvisionne en animaux issus du bassin d’élevage dans lequel il est situé.
« Les animaux qui y sont abattus :
« 1° sont acheminés directement depuis des exploitations agricoles, sauf exceptions précisées par décret concernant les structures collectives de regroupement ou d’acheminement des animaux, dont le périmètre d’activité ne dépasse pas le bassin d’élevage ;
« 2° ou sont abattus directement dans les exploitations agricoles.
« Les viandes issues d’un abattoir paysan sont exclusivement destinées aux circuits courts. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi de Jean-Pierre Vigier (Droite républicaine) et plusieurs de ses collègues, déposée le 27 mars 2026 à l’Assemblée. Douze articles au départ, vingt à l’arrivée (décision du Conseil constitutionnel, § 38). Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- école : concertation avec les communes avant d’ouvrir ou fermer des classes ; en montagne, seuils adaptés à l’isolement et aux temps de transport ;
- santé : le projet régional de santé doit garantir l’accès aux soins (urgences, maternité…) « dans des délais raisonnables », par voie aérienne dans les zones très enclavées ;
- eau : l’État favorise une politique de « stockage » de l’eau, pour des usages listés sans ordre de priorité (eau potable, irrigation, bétail, industrie, électricité, neige de loisirs…), sans pompage dans les nappes inertielles ;
- urbanisme : règle de construction en continuité de l’existant assouplie, chalets d’alpage en ruine reconstructibles pour le pastoralisme, dérogations à la loi « littoral » autour des grands lacs ;
- intercommunalités : une commission montagne consultée avant les décisions qui touchent ces communes.
Ce que ça change
Les mesures visent les communes classées en zone de montagne : leurs élus (classes, intercommunalités), leurs habitants (soins), les porteurs de projets (urbanisme). Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, un décret reste attendu, avec une publication envisagée en juin 2027 sur les ouvrages de protection contre les inondations. Le report de 2027 à 2030 d’une interdiction d’étendre l’urbanisation vise les communes de Corse sans document d’urbanisme (§ 41 de la décision).
Ce qui est contesté
Première lecture, le 13 mai 2026 : 42 voix pour, 11 contre (scrutin n° 6645). Texte final, le 20 juillet 2026 : 376 voix pour, 92 contre (scrutin n° 8421). Ont voté contre La France insoumise (63 voix) et les Écologistes (29 contre, 1 abstention). Les autres groupes ont voté pour, dont les Socialistes (42 pour, 1 abstention).
- Pour LFI, Sylvie Ferrer reproche au texte d’assouplir l’urbanisme et de permettre le stockage de l’eau « au principal bénéfice des acteurs économiques » : « Ce texte obéit à une logique de dérégulation ».
- Pour les Écologistes, Marie Pochon critique l’absence de hiérarchie entre les usages de l’eau, les dérogations à la loi « littoral » et le manque de moyens : « une ambition sans moyens n’est qu’une belle intention ».
- Le rapporteur Jean-Pierre Vigier défend une démarche menée avec l’Association nationale des élus de la montagne : « Ce texte n’a pas de couleur politique, parce que la montagne n’en a pas. »
- Pour Horizons, Xavier Roseren met en avant les classes et l’accès aux soins. Pour le RN, Alexis Jolly juge le texte insuffisant mais le vote : « Nous refusons cette écologie du refus permanent. »
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 4 sur le stockage de l’eau (14 scrutins), devant l’article 6 sur la continuité de l’urbanisation (10 scrutins).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 23 juillet 2026 par des députés LFI et écologistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-912 DC le 14 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve d’interprétation (lecture imposée par le Conseil) ne figure dans le dispositif.
- Stockage de l’eau (article 5 de la loi) : objectif « programmatique », « pas manifestement inadéquat » au droit à un environnement équilibré (§ 7 et 8).
- Continuité de l’urbanisation (article 7) : motif d’intérêt général ; seules des constructions séparées de l’existant par une « coupure physique de faible importance » sont permises (§ 16 à 21).
- Dérogations à la loi « littoral » (article 8) : limitées à certains secteurs, hors de la bande des cent mètres (§ 28 à 33).
- Report en Corse (article 10) : pas un « cavalier législatif » (mesure sans lien avec le texte initial), car lié à la continuité de l’urbanisation (§ 41 à 43).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-797 du 18 août 2026 pour une montagne vivante et souveraine, publiée au Journal officiel du 19 août 2026.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 2595 (27/03/2026)
- Texte adopté n° 336 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 6645 (première lecture) (13/05/2026)
- Scrutin n° 8421 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (20/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-912 DC (14/08/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 34
- Contre
- 12
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 1
- Votants
- 47
- Exprimés
- 46
- Majorité requise
- 24
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 8 | 1 | 1 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 1 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 9 dans le décompte
Pour (9) : Frédéric Falcon, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Matthieu Marchio, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil
Ensemble pour la République 4 dans le décompte
Contre (3) : Olivia Grégoire, Françoise Buffet, Danièle Carteron
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 7 dans le décompte
Pour (7) : Hadrien Clouet, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Damien Maudet, Aurélien Saintoul
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (8) : Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Iñaki Echaniz, Dorine Bregman, Marie-José Allemand, Denis Fégné, Romain Eskenazi
Contre (1) : Sophie Pantel
Abstention (1) : Gérard Leseul
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Pour (1) : François-Xavier Ceccoli
Contre (5) : Vincent Descoeur, Jean-Pierre Vigier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Hubert Brigand
Écologiste et Social 4 dans le décompte
Pour (4) : Jean-Claude Raux, Nicolas Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (3) : Michel Criaud, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Pour (4) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Julien Brugerolles
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin