Votes · Scrutin n° 6681 · 18 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 523 de M. Limongi après l'article 14 du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 14
Amendement déposé par M. Limongi et 120 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La protection des dépôts et des infrastructures sensibles constitue un enjeu essentiel pour la sécurité des capacités militaires et la continuité de l’action des forces armées. Si une large majorité de ces installations est située au sein d’emprises militaires bénéficiant de dispositifs de sécurité renforcés, une part significative demeure isolée, avec des modalités de surveillance qui reposent encore largement sur des dispositifs externalisés.
Dans le cadre des travaux de la mission d’information sur la mobilité stratégique, il apparaît que si la majorité des dépôts est implantée sur des bases aériennes ou au sein d’emprises militaires structurées, une fraction limitée demeure implantée dans des sites isolés, exposant des vulnérabilités spécifiques en matière de surveillance.
Dans un contexte marqué par l’évolution rapide des menaces, notamment l’usage croissant de drones à des fins de reconnaissance ou d’action malveillante, ces dispositifs apparaissent, dans certains cas, insuffisamment adaptés. Par ailleurs, les contraintes budgétaires et opérationnelles ne permettent pas d’envisager une réinternalisation systématique des missions de surveillance, ce qui impose de privilégier une approche équilibrée, combinant moyens humains, technologiques et organisationnels.
Le présent amendement vise donc à introduire dans le code de la défense un principe clair de sécurisation adaptée des installations sensibles, en tenant compte de la diversité des situations, notamment pour les sites isolés, et de l’évolution des menaces.
Il permet ainsi de renforcer la cohérence et la résilience du dispositif de protection des infrastructures militaires, tout en laissant au pouvoir réglementaire la souplesse nécessaire pour en définir les modalités concrètes.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 1332-1 du code de la défense, il est inséré un article L. 1332-1-1 ainsi rédigé :
« Art. L. 1332-1-1. – Les installations, dépôts et emprises relevant du ministère des armées et présentant un caractère sensible au regard des enjeux de défense nationale font l’objet de mesures de protection adaptées à la nature des menaces auxquelles ils sont exposés. Ces mesures tiennent compte notamment des risques d’intrusion, de sabotage et des menaces émergentes, incluant l’usage de drones.
Lorsque ces installations sont situées hors des emprises militaires principales, des dispositifs spécifiques de surveillance et de protection sont mis en œuvre afin de garantir un niveau de sécurité équivalent. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 14
- Contre
- 51
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 65
- Exprimés
- 65
- Majorité requise
- 33
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 14 dans le décompte
Pour (14) : Jocelyn Dessigny, Caroline Colombier, Matthieu Marchio, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Frank Giletti (ancien député), Romain Tonussi, Nadine Lechon, Pascal Jenft, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Contre (19) : Élisabeth Borne, Olga Givernet, François Cormier-Bouligeon, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Nicole Dubré-Chirat, Jean-Michel Jacques, Guillaume Gouffier Valente, Patricia Lemoine, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Thomas Gassilloud, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 5 dans le décompte
Contre (5) : Bastien Lachaud, François Piquemal, Jérôme Legavre, Aurélien Saintoul, Arnaud Saint-Martin
Socialistes et apparentés 4 dans le décompte
Contre (4) : Christine Pirès Beaune, Isabelle Santiago, Anna Pic, Sébastien Saint-Pasteur
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Patrick Hetzel, Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Hubert Brigand, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (7) : Dominique Voynet, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Catherine Hervieu, Damien Girard
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Josy Poueyto, Carole Guillerm, Emmanuel Mandon, Didier Padey
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (2) : Lise Magnier, Christophe Plassard (ancien député)
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Édouard Bénard
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin