Votes · Scrutin n° 6723 · 18 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 306 de M. Saintoul à l'article 27 du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 27
Amendement déposé par M. Saintoul et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe La France insoumise vise à supprimer l'article 27.
Le dispositif des emplois dits « réservés » vise à favoriser l’accès aux postes de la fonction publique aux militaires et anciens militaires blessés.
Le dispositif actuel n’est toutefois pas satisfaisant : l’étude d’impact du présent projet de loi rapporte que sur la période 2020-2024, près de 400 militaires se sont inscrits via ce dispositif, et environ 600 civils. Seuls 117 militaires et moins de 100 civils ont été recrutés. Ses dysfonctionnements ne justifient toutefois pas sa suppression pure et simple.
Dans sa version actuelle, ce dispositif produit une inadéquation entre les emplois effectivement proposés et réservés par les administrations d’une part, et les attentes et candidatures des personnes éligibles au dispositif d’autre part.
Pourtant, la modification proposée par cet article vide dans les faits le dispositif de sa substance. Exception faite du changement de nom, certes plus valorisant, le dispositif proposé des « emplois de reconnaissance nationale » ne présente aucune amélioration : l’obligation de réserver un pourcentage des emplois mis au recrutement par les administrations centrales est au contraire supprimée, de même que le processus de sélection spécifique des bénéficiaires. Seul reste l’accompagnement par Défense Mobilité.
Cette évolution n’est pas satisfaisante ; si le dispositif des « emplois réservés » est effectivement lacunaire, sa suppression de facto ne pourra pas améliorer la situation de ses bénéficiaires potentiels.
Le ministère des armées sait par ailleurs se donner les moyens d’accompagner la reconversion dans le civil de ses anciens membres. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 14
- Contre
- 76
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 93
- Exprimés
- 90
- Majorité requise
- 46
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | aucun vote | 2 | 1 | 2 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 34 dans le décompte
Contre (34) : Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, José Gonzalez, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Patrice Martin, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Contre (16) : Sébastien Huyghe, Élisabeth Borne, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Jean-Michel Jacques, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Thomas Gassilloud, Agnès Pannier-Runacher, Charles Sitzenstuhl, Sandrine Lalanne, Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Pour (11) : Bastien Lachaud, Sarah Legrain, Sylvain Carrière, Marianne Maximi, Clémence Guetté, Farida Amrani, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 3 dans le décompte
Pour (1) : Valérie Rossi
Contre (2) : Dominique Potier, Sébastien Saint-Pasteur
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Marie-Christine Dalloz, Patrick Hetzel, Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Hubert Brigand, Thierry Liger, Lionel Duparay
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (2) : Hendrik Davi, Christine Arrighi
Contre (1) : Alexis Corbière
Abstention (2) : Sébastien Peytavie, Catherine Hervieu
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Erwan Balanant, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Emmanuel Mandon, Louise Morel, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Loïc Kervran (ancien député), Lise Magnier, Isabelle Rauch, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Didier Lemaire
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Christelle D'Intorni, Matthieu Bloch
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Édouard Bénard
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Alexis Corbière
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin