Votes · Scrutin n° 6726 · 18 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 68 de Mme Pic et l'amendement identique suivant de suppression de l'article 29 du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (première lecture).
Dossier : Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense · Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 29
Amendement déposé par Mme Pic et 66 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer cet article qui supprime la référence au code du travail pour renvoyer exclusivement à un décret en Conseil d’État pour définir de manière exhaustive et limitative l’assiette de calcul de l’allocation chômage servie aux anciens militaires involontairement privés d’emploi et les modalités d’application du dispositif.
S’il était adopté, cet article autoriserait le ministère des Armées à déterminer l’allocation de chômage sur la base de la rémunération perçue par le militaire au titre de la solde de base, de l’indemnité de résidence au taux de métropole et, le cas échéant, du supplément familial de solde au taux de métropole, à l’exclusion de toute autre prime ou indemnité accessoire et des prestations familiales. Et ce, à la différence de la réglementation applicable aujourd’hui aux agents publics civils, et en contradiction du code du travail.
En moyenne, 11 500 militaires bénéficient chaque mois d’une indemnisation au titre de l’assurance chômage, pour un coût annuel d’environ 122 millions d’euros.
Selon l’article L. 4123‑7 du code de la défense : « Les militaires qui quittent le service et qui sont involontairement privés d’emploi ont droit à un revenu de remplacement, sous forme d’allocation de chômage attribuée dans les conditions fixées par le code du travail. Un décret en Conseil d’État détermine les modalités d’application du présent article. » Dans sa version actuelle, cet article fait donc explicitement référence au code du travail.
Pourtant l’article R. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement de Sébastien Lecornu, présenté par Catherine Vautrin, ministre des armées, déposé le 8 avril 2026 en procédure accélérée (n° 2630). Il actualise la loi de programmation militaire de 2023. D’après le texte définitif et la décision du Conseil constitutionnel, la loi :
- porte les crédits de la mission « Défense » à 436 milliards d’euros sur 2024-2030, dont 36 milliards de ressources nouvelles sur 2026-2030 (article 3) ;
- renforce les pouvoirs de l’État sur l’industrie : stocks stratégiques obligatoires, commandes prioritaires (mesures du projet initial décrites au § 174 de la décision) ;
- crée un « état d’alerte de sécurité nationale », déclaré par décret en conseil des ministres en cas de menace grave et actuelle, qui permet de déroger à certaines règles (article 35) ;
- étend la surveillance algorithmique des services de renseignement à la criminalité organisée et impose aux agents de renseignement une déclaration avant de publier une œuvre sur leur activité (articles 31 et 32) ;
- transforme la journée défense et citoyenneté en « journée de mobilisation » et crée un service national militaire fondé sur le volontariat (articles 38 et 40).
Ce que ça change
Selon la loi, les crédits annuels passent de 57,1 milliards d’euros en 2026 à 75,7 milliards en 2030, contre 67,4 milliards prévus pour 2030 dans la trajectoire de 2023. L’exposé des motifs indique que cette hausse doit permettre de « doubler l’effort de défense en 2027 par rapport à celui de 2017 » et maintenir la cible de 275 000 emplois en 2030. Pour les jeunes, la journée obligatoire change de nom et de contenu ; un volontariat militaire est ouvert. Les opérateurs d’importance vitale peuvent neutraliser des drones près de leurs sites (article 25).
Ce qui est contesté
Le texte de la commission mixte paritaire (députés et sénateurs réunis pour un texte commun) a été adopté le 1er juillet 2026 par 375 voix contre 113 (scrutin n° 7905). Contre : LFI-NFP (62), écologistes (36 contre, 1 pour), GDR (14 contre, 1 abstention). Pour : RN (97), EPR (86), socialistes (46 pour, 1 contre), Droite républicaine (44), Horizons (35), Démocrates (26), LIOT (19), UDR (14). En première lecture, le 19 mai, le vote était de 440 contre 122 (scrutin n° 6736).
- Pour LFI-NFP, Aurélien Saintoul voit dans la journée de mobilisation et le service volontaire « un signal d’embrigadement de la jeunesse ».
- Pour les écologistes, Catherine Hervieu estime que l’état d’alerte, « aux contours flous », porterait atteinte au droit du travail, de la commande publique et de l’environnement.
- Pour GDR, Édouard Bénard dénonce « un basculement latent, mais assumé, vers une économie de guerre ».
- Pour les socialistes, Anna Pic indique : « nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique ». Pour le RN, Frank Giletti vote pour « sans se faire d’illusions ni donner un blanc-seing au gouvernement ».
- Selon nos données, le rapport annexé a fait l’objet de 155 scrutins publics, l’article 1er de 22.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI-NFP, écologistes et GDR (saisine), le Conseil a rendu la décision n° 2026-907 DC le 6 août 2026. Aucune disposition n’est censurée et aucune réserve n’est émise.
- Neutralisation de drones par des agents d’opérateurs privés, déclaration préalable des agents de renseignement, surveillance algorithmique, contrôle des activités pour une entité étrangère : conformes (§ 16, 30, 38, 61 et 78).
- État d’alerte de sécurité nationale : les types de menaces sont « précisément définis » et doivent être établies par des éléments matériels ; le décret peut être contesté devant le Conseil d’État (§ 84 à 88).
- Transfert à l’État de missions de Santé publique France : les requérants y voyaient un cavalier législatif (ajout par amendement sans lien avec le texte initial). Le Conseil juge qu’il existe un lien, même indirect, avec l’article sur la réserve sanitaire (§ 180).
Où en est le texte
Promulguée : loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030. Selon le baromètre de l’Assemblée, certaines mesures ont déjà leurs textes d’application, d’autres les attendent.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (dont baromètre) (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2630 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Texte définitif adopté (T.A. n° 325) (01/07/2026)
- Scrutin n° 6736 (première lecture) (19/05/2026)
- Scrutin n° 7905 (texte de la commission mixte paritaire) (01/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 19 mai 2026 (explications de vote) (19/05/2026)
- Saisine du Conseil constitutionnel par des députés (06/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-907 DC (06/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 24
- Contre
- 76
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 1
- Votants
- 101
- Exprimés
- 100
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 1 | 34 | 1 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 36 dans le décompte
Pour (1) : Marine Hamelet
Contre (34) : Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, José Gonzalez, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Loubet, Laurent Jacobelli, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Patrice Martin, Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière, Anne Sicard
Abstention (1) : Kévin Pfeffer
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Contre (16) : Sébastien Huyghe, Élisabeth Borne, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Jean-Michel Jacques, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Thomas Gassilloud, Agnès Pannier-Runacher, Charles Sitzenstuhl, Sandrine Lalanne, Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Pour (11) : Bastien Lachaud, Sarah Legrain, Sylvain Carrière, Marianne Maximi, Gabriel Amard (ancien député), Clémence Guetté, Farida Amrani, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 6 dans le décompte
Pour (6) : Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Anna Pic, Valérie Rossi, Pierre Pribetich, Sébastien Saint-Pasteur
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Contre (9) : Marie-Christine Dalloz, Patrick Hetzel, Jean-Louis Thiériot, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Josiane Corneloup, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Hubert Brigand, Thierry Liger, Lionel Duparay
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (5) : Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Catherine Hervieu, Damien Girard
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (8) : Erwan Balanant, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Emmanuel Mandon, Louise Morel, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Loïc Kervran (ancien député), Lise Magnier, Isabelle Rauch, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Didier Lemaire
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Christelle D'Intorni, Matthieu Bloch
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Édouard Bénard
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Sophie Errante
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Marine Hamelet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin